vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2106474 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 4 |
| Avocat requérant | SCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 septembre 2021 et le 30 octobre 2023, M. A D, représenté par Me Pignier demande au tribunal :
1°) la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2019 dans les rôles de la commune de Varces Allières et Risset ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration fiscale a augmenté la valeur locative de son bien en 2019 sans respecter le principe général des droits de la défense ;
- la maison située 5912 Giraudière doit être classée en catégorie 5M au lieu de 5 et sa valeur locative évaluée par comparaison avec le local-type n° 5 dont la valeur locative est de 4,88 euros/m² ;
- le coefficient d'entretien doit être fixé à 1 au lieu de 1,20 ;
- le correctif d'ensemble doit être fixé à 1 ;
- la surface corrigée de la maison est de 132 m², la surface réelle est de 140 m², la surface pondérée est de 197 m², les équivalences superficielles de 42 m² et la surface pondérée du garage et de la cave de 23m² ;
- la valeur locative 1970 peut ainsi être fixée à 961 euros au lieu de 1217 euros.
- la maison située 13 lot La Colinière composée d'un bâtiment A et d'un bâtiment B doit être classée en catégorie 5 au lieu de 4M pour le bâtiment A et la valeur locative évaluée par comparaison avec le local-type n° 4 dont la valeur locative est de 5,34 euros/m², et en catégorie 5M au lieu de 5 et pour le bâtiment B et la valeur locative évaluée par comparaison avec le local-type n° 5 dont la valeur locative est de 4,88 euros/m² ;
- le coefficient d'entretien du bâtiment A doit être fixé à 1 au lieu de 1,20 ;
- la surface corrigée est de 130 m², la surface réelle est de 137 m², la surface pondérée totale est de 182 m2, les équivalences superficielles de 52m² ;
- la valeur locative 1970 du bâtiment A peut être fixée à 972 euros au lieu de 1279 euros.
- le coefficient d'entretien du bâtiment B doit être fixé à 1 au lieu de 1,20 ;
- la surface corrigée est de 73 m², la surface réelle est de 69 m², la surface pondérée de 114m², les équivalences superficielles de 32 m² ;
- la valeur locative 1970 du bâtiment B peut être fixée à 556 euros au lieu de 689 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 mars 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté par le directeur départemental des finances publiques de l'Isère enregistré le 9 novembre 2023 n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, le rapport de M. Pfauwadel, magistrat désigné, et les observations de Me Pignier, avocate de M. B.
Une note en délibéré présentée par M. B a été enregistrée le 29 décembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. D est propriétaire de deux maisons situées 5912 Giraudière et 13 lot La Colinière (bâtiment A et bâtiment B) à Varces-Allières-et-Risset. Ayant constaté que sa cotisation de taxe foncière au titre de l'année 2019 avait subi une augmentation supérieure à celle résultant de la revalorisation du coefficient d'actualisation et des taux d'imposition, il a présenté une réclamation qui a été rejetée par l'administration fiscale. Il demande au tribunal de prononcer la réduction de cette taxe en soutenant d'une part que l'administration fiscale a irrégulièrement augmenté la valeur locative de son bien et d'autre part que la valeur locative 1970 est surévaluée.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Lorsqu'une imposition est, telle la taxe foncière sur les propriétés bâties, assise sur la base d'éléments qui doivent être déclarés par le redevable, l'administration fiscale ne peut établir, à la charge de celui-ci, des droits excédant le montant de ceux qui résulteraient des éléments qu'il a déclarés qu'après l'avoir, conformément au principe général des droits de la défense, mis à même de présenter ses observations.
3. La direction départementale des finances publiques de l'Isère soutient qu'elle a procédé en 2019 à une opération de mise à jour des valeurs locatives d'un nombre important de logements, consistant à prendre en compte, au niveau de la valeur locative 1970, des éléments de confort définis à l'article 324 T de l'annexe III au code général des impôts jusqu'alors non pris en compte, et principalement le chauffage central. En l'espèce, l'ajout d'un lavabo a fait passer la valeur locative 1970 de l'habitation située 13 lot La Colinière bâtiment B de 672 euros à 689 euros. L'administration soutient qu'un courrier d'information, automatisé en raison du nombre important de locaux concernés, a été adressé à chaque propriétaire concerné afin qu'il puisse faire valoir ses observations et que l'envoi au requérant de ce courrier est établi par la mention de son nom sur le tableau comportant la liste des propriétaires destinataires des courriers d'information. Toutefois, le requérant soutient ne pas avoir reçu de courrier d'information. La seule production par l'administration du modèle type du courrier d'information envoyé de façon automatisée et de l'extrait, concernant le requérant, du tableau comportant la liste des propriétaires destinataires du courrier, ne suffit pas, faute de production d'un accusé réception, à établir qu'il a été mis à même de présenter ses observations, conformément au principe général des droits de la défense. Par suite, le requérant est fondé à demander la réduction du montant de la taxe foncière 2019 correspondant à la revalorisation de la valeur locative opérée la même année par l'administration fiscale.
Sur la valeur locative de 1970 :
En ce qui concerne la maison située 5912 Giraudière :
S'agissant du classement du bien :
4. Aux termes de l'article 1496 du code général des impôts : " I. La valeur locative des locaux affectés à l'habitation () est déterminée par comparaison avec celle de locaux de référence choisis, dans la commune, pour chaque nature et catégorie de locaux. II. La valeur locative des locaux de référence est déterminée d'après un tarif fixé, par commune ou secteur de commune, pour chaque nature et catégorie de locaux, en fonction du loyer des locaux loués librement à des conditions de prix normales et de manière à assurer l'homogénéité des évaluations dans la commune et de commune à commune ". Aux termes de l'article 324 G de l'annexe III au même code : " I. - La classification communale consiste à rechercher et à définir par nature de construction (maisons individuelles immeubles collectifs dépendances bâties isolées) les diverses catégories de locaux d'habitation existant dans la commune. () ". Aux termes de l'article 324 H de la même annexe : " I. - Pour les maisons individuelles et les locaux situés dans un immeuble collectif, la classification communale est établie à partir d'une nomenclature-type comportant huit catégories, en adaptant aux normes locales de construction les critères généraux mentionnés au tableau ci-après. ()III. - Dans les cas deux cas prévus aux I et II, il peut toutefois être procédé à la création de catégories intermédiaires combinant, dans des proportions simples, deux catégories-types. IV. - Les caractéristiques physiques afférentes à chaque nature et catégorie de locaux retenus lors de la classification communale sont inscrites au procès-verbal des opérations de la révision. ". Ces critères sont le caractère architectural de l'immeuble, la qualité de la construction, la distribution du local et sa conception générale, l'équipement du local, l'impression d'ensemble donnant le caractère général de l'habitation.
5. Il ressort de l'extrait du procès-verbal 6670H de la commune de Varces-Allières-et- Risset que les habitations de la catégorie 5 correspondent à des constructions de bonnes apparences, construites avec des matériaux de bonne qualité assurant une habitabilité normale, les locaux sont de conception simple mais confortable, avec l'existence d'une salle de séjour, la présence minimum d'une salle de bains ou d'un cabinet de toilette, d'un WC intérieur obligatoire et présence fréquente dans les locaux modernes du chauffage central ; les habitations de la catégorie 5M correspondent à des constructions d'apparence très simple, construites avec des matériaux d'assez bonne qualité assurant des conditions d'habitabilité normales, les locaux sont de conception simple mais rationnelle avec l'existence d'une salle de séjour en général, la présence minimum d'un cabinet de toilette et d'un WC intérieur.
6. M. D soutient que sa maison, qui a été classée catégorie 5, doit être classée en catégorie 5M et être évalué par référence au local n° 5 correspondant à cette dernière catégorie dont la valeur locative est de 4,88 euros/m². Toutefois, le requérant ne produit aucune pièce qui serait de nature à établir le caractère erroné de la classification en catégorie 5.
S'agissant du coefficient d'entretien :
7. Aux termes de l'article 324 P de l'annexe III au code général des impôts : " La surface pondérée comparative de la partie principale augmentée, le cas échéant, en ce qui concerne la maison, de la surface pondérée brute des éléments visés au b du I de l'article 324 L, est affectée d'un correctif d'ensemble destiné à tenir compte, d'une part, de l'état d'entretien de la partie principale en cause, d'autre part, de sa situation. Ce correctif est égal à la somme algébrique des coefficients définis aux articles 324 Q et 324 R. La surface pondérée nette ainsi obtenue est arrondie au mètre carré inférieur. " Aux termes de l'article 324 Q de l'annexe III à ce même code : " Le coefficient d'entretien est déterminé conformément au barème suivant : Bon - Construction n'ayant besoin d'aucune réparation 1,20. Assez bon - Construction n'ayant besoin que de petites réparations 1,10. Passable - Construction présentant, malgré un entretien régulier, des défauts permanents dus à la vétusté, sans que ceux-ci compromettent les conditions élémentaires d'habitabilité 1. Médiocre - Construction ayant besoin de réparations d'une certaine importance, encore que localisées 0,90. Mauvais - Construction ayant besoin de grosses réparations dans toutes ses parties 0,80 ". Pour l'appréciation du coefficient d'entretien d'un immeuble à la date de l'imposition, doivent notamment être pris en compte les travaux envisagés dont la nécessité est attestée, dès lors que leur nature et leur montant révèlent le besoin de réparation de la construction.
8. La maison de M. D a été affecté du coefficient d'entretien de 1,20, qui n'est pas contredit par la photographie de sa façade produite par l'administration fiscale. En se bornant à indiquer la période de construction du bien litigieux et que malgré un entretien régulier, la maison présenterait des défauts permanents dus à la vétusté, le requérant n'apporte aucun élément justifiant l'application d'un coefficient d'entretien de 1 correspondant à un état d'entretien passable de la maison.
9. Pour contester la surface ainsi que les équivalences superficielles retenues par l'administration fiscale, le requérant ne produit aucun élément de nature à remettre en cause le calcul de l'administration fiscale. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le bâtiment A de la maison située 13 lot de La Colinière :
S'agissant du classement du bien :
10. M. D soutient que le bâtiment A, composant de sa maison située 13 lot de La Colinière, qui a été classé catégorie 4M, doit être classé en catégorie 5 et être évalué par référence au local n° 4 correspondant à cette dernière catégorie dont la valeur locative est de 5,34 euros/m².
Toutefois, le requérant ne produit aucune pièce qui serait de nature à établir le caractère erroné de la classification en catégorie 4M.
S'agissant du coefficient d'entretien :
11. En se bornant à indiquer la période de construction du bien litigieux, le requérant n'établit pas, contrairement à ce qu'il soutient dans ses écritures, que le bien imposé présenterait des défauts permanents dus à la vétusté, justifiant ainsi l'application d'un coefficient d'entretien de 1 au lieu de celui de 1,20 qui a été appliqué par l'administration fiscale. Par suite, l'état d'entretien passable n'étant ainsi pas caractérisé, le coefficient d'entretien retenu par l'administration ne peut être regardé comme étant erroné.
12. Pour contester la surface ainsi que les équivalences superficielles retenues par l'administration fiscale, le requérant ne produit aucun élément de nature à remettre en cause le calcul de l'administration fiscale. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le bâtiment B de la maison située 13 lot de La Colinière :
S'agissant du classement du bien :
13. M. D soutient que le bâtiment B de sa maison située 13 lot de La Colinière, qui a été classé catégorie 5, doit être classé en catégorie 5M et être évalué par référence au local n° 5 correspondant à cette dernière catégorie dont la valeur locative est de 4,88 euros/m². Toutefois, le requérant n'apporte aucun élément qui serait de nature à établir le caractère erroné de la classification faite par l'administration.
S'agissant du coefficient d'entretien :
14. En se bornant à indiquer la période de construction du bien litigieux, le requérant n'établit pas, contrairement à ce qu'il soutient dans ses écritures, que le bien imposé présenterait des défauts permanents dus à la vétusté, justifiant ainsi l'application d'un coefficient d'entretien de 1 au lieu de celui de 1,20 qui a été appliqué par l'administration fiscale. Par suite, l'état d'entretien passable n'étant ainsi pas caractérisé, le coefficient d'entretien retenu par l'administration ne peut être regardé comme étant erroné.
15. Pour contester la surface ainsi que les équivalences superficielles retenues par l'administration fiscale, le requérant ne produit aucun élément de nature à remettre en cause le calcul de l'administration fiscale. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant est seulement fondé à demander que la valeur locative 1970 de la maison 13 lot La Colinière bâtiment B soit fixée à 672 euros pour la détermination du montant de la taxe foncière 2019 et à obtenir la décharge du montant de sa cotisation correspondant à la revalorisation opérée la même année par l'administration.
Sur les frais liés au litige :
17. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La valeur locative 1970 de la maison 13 lot La Colinière bâtiment B pour la détermination du montant de la taxe foncière au titre de l'année 2019 est fixée à 672 euros.
Article 2 : M. D est déchargé de la différence entre le montant de la cotisation de taxe foncière 2019 à laquelle il a été assujetti et celui résultant de l'article 1er.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D et à la direction départementale des finances publiques de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.
Le magistrat désigné,
T. PFAUWADELLe greffier,
M. PALMER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026