Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2107160

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2107160
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSCP CDMF - AVOCATS AFFAIRES PUBLIQUES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a été saisi par la SAS Mial d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté du maire de Grenoble du 16 avril 2021 refusant un permis de construire un immeuble de sept logements, ainsi que contre la décision implicite de rejet du préfet de région sur l’avis défavorable de l’architecte des bâtiments de France (ABF). Le tribunal a rejeté la requête, considérant que l’avis conforme défavorable de l’ABF, fondé sur l’article L. 621-32 du code du patrimoine, n’était pas entaché d’erreur manifeste d’appréciation quant à l’insertion du projet dans le champ de visibilité d’un monument historique. Il a également jugé que les autres moyens tirés d’une erreur de droit ou d’appréciation au regard du plan local d’urbanisme intercommunal et de l’orientation d’aménagement et de programmation (OAP) n’étaient pas fondés. Enfin, l’intervention volontaire de Mme A, voisine du projet, a été déclarée irrecevable faute de motivation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 octobre 2021 et 14 mai 2024, la SAS Mial, représentée par Me Winckel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Grenoble a refusé de délivrer un permis de construire un immeuble collectif de sept logements, ensemble la décision implicite de rejet du préfet de Région statuant sur l'avis de l'architecte des bâtiments de France du 22 août 2021 ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Grenoble de délivrer le permis de construire sollicité ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Grenoble une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'avis de l'architecte des bâtiments de France est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le dossier de permis de construire contenait les éléments de contrôle de la surface végétalisée ou perméable au regard de l'article 6.2 UBa du règlement ; le projet prévoit 161,9 m2 de surface végétalisée ou perméable pour 158 m2 exigée ; la surface de la pointe Sud est indiquée à tort en " béton balayé " alors que la notice PC 4 fait état d'un simple gravier ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit et d'appréciation quant aux respects de l'orientation 4 de l'ambiance FAUBOURG de l'OAP.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 décembre 2021, le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire en intervention du 25 août 2023, Mme B A conclut au rejet de la requête.

Elle indique être voisine immédiate du projet.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 avril 2024, la commune de Grenoble, représentée par Me Poncin conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le recours du 21 octobre 2021 en tant qu'il est dirigé contre les motifs de refus qui fondent le permis de construire au regard des dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal de la Métropole est tardif ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par un courrier du 14 novembre 2024, le tribunal a informé les parties qu'il est susceptible, de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité de la demande d'intervention de Mme A, qui n'est pas motivée et est dépourvue de conclusion.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code du patrimoine ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Barriol ;

- les conclusions de Mme C ;

- et les observations de Me Wincket pour la SAS Mial et, de Me Sansiquet pour la commune de Grenoble.

Considérant ce qui suit :

1. Le 16 décembre 2020, la société par actions simplifiées (SAS) Mial a déposé une demande de permis de construire un immeuble de sept logements, d'une surface de plancher de 519 m2 sur un terrain cadastré section AX n°454 d'une superficie de 396 m2 située quai Jongkind à Grenoble. Le projet étant situé dans le champ de visibilité d'un monument historique, l'architecte des bâtiments de France a émis un avis conforme défavorable le 9 mars 2021. Par un arrêté du 16 avril 2021, le maire de Grenoble a refusé le permis de construire sollicité. Le 17 juin 2021, la SAS Mial a introduit un recours gracieux auprès du préfet de Région pour contester l'avis de l'architecte des bâtiments de France. La SAS Mial demande l'annulation de l'arrêté du 16 avril 2021, ensemble la décision de refus du préfet de Région rejetant son recours contre l'avis défavorable de l'architecte des bâtiments de France.

Sur l'intervention volontaire :

2. Mme A, voisine immédiate du projet, justifie d'un intérêt suffisant. Toutefois, son intervention, qui tend au rejet de la requête, n'est pas motivée. Par suite, celle-ci n'est pas recevable.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'avis de l'architecte des bâtiments de France :

3. Aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " Les immeubles ou ensembles d'immeubles qui forment avec un monument historique un ensemble cohérent ou qui sont susceptibles de contribuer à sa conservation ou à sa mise en valeur sont protégés au titre des abords () II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques () ".

4. Aux termes de l'article L. 621-32 du code du patrimoine : " I. -Le permis de construire, le permis de démolir, le permis d'aménager, l'absence d'opposition à déclaration préalable ou l'autorisation prévue au titre des sites classés en application de l'article L. 341-10 du code de l'environnement tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 632-1 du présent code si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées. A ce titre, il s'assure du respect de l'intérêt public attaché au patrimoine, à l'architecture, au paysage naturel ou urbain, à la qualité des constructions et à leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant. Il s'assure, le cas échéant, du respect des règles du plan de sauvegarde et de mise en valeur ou du plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine. En cas de silence de l'architecte des Bâtiments de France, cet accord est réputé donné. L'autorisation délivrée énonce, le cas échéant, les prescriptions motivées auxquelles le demandeur doit se conformer. () ".

5. Aux termes du I de l'article L. 632-2 du même code : " L'autorisation prévue à l'article L. 632-1 est, sous réserve de l'article L. 632-2-1, subordonnée à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France, le cas échéant assorti de prescriptions motivées. A ce titre, ce dernier s'assure du respect de l'intérêt public attaché au patrimoine, à l'architecture, au paysage naturel ou urbain, à la qualité des constructions et à leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant. Il s'assure, le cas échéant, du respect des règles du plan de sauvegarde et de mise en valeur ou du plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine. Il tient compte des objectifs nationaux de développement de l'exploitation des énergies renouvelables et de rénovation énergétique des bâtiments définis à l'article L. 100-4 du code de l'énergie. Tout avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France rendu dans le cadre de la procédure prévue au présent alinéa comporte une mention informative sur les possibilités de recours à son encontre et sur les modalités de ce recours ".

6. Pour s'opposer au permis de construire déposé par la SAS Mial, le maire de Grenoble s'est conformé à l'avis du 3 mars 2021 émis par l'architecte des bâtiments de France. Sur le fondement des dispositions précitées, l'architecte des bâtiments de France estime que le projet est de nature à porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur du monument historique des ouvrages militaires de la Bastille ou à ses abords dès lors que " le projet de par sa volumétrie trop importante, son implantation systématique le long des voies, son absence de rythme en façade et le manque de qualité des raccords au bâti existant ne peut être accepté en l'état ".

7. Il est constant que le terrain d'assiette du projet de la SAS Mial est situé dans le périmètre de protection des abords des fortifications de " La Bastille ", monument historique. Le projet consiste en l'édification d'un immeuble en R+4 dans le quartier de l'île verte en bordure de l'Isère. Le projet s'adosse au pignon aveugle du bâtiment voisin en R+3+C dont il ne dépasse pas la hauteur. En outre, il ressort notamment de la photographie aérienne que les bâtiments environnants sont de gabarits très variés allant du R+2 au R+8 et que l'immeuble en projet comporte un gabarit et un linéaire plus réduits que des immeubles environnants dont certains sont très imposants. Ainsi, l'environnement proche comporte des constructions très hétérogènes de taille et d'aspect très différents à l'égard desquels le projet ne contraste pas notablement. Il ne ressort ainsi pas des pièces du dossier qu'il est de nature à porter atteinte aux abords du monument protégé. Dès lors, contrairement à ce qu'a indiqué l'architecte des bâtiments de France dans son avis du 9 mars 2021, le projet de la SAS Mial en R+4 ne saurait être qualifié de trop volumineux.

8. Si l'avis de l'architecte des bâtiments de France mentionne une implantation systématique le long des voies, il ressort de la notice que le projet s'implante sur un tènement d'une surface de 396 m2 à l'angle de la rue Lachmann et du quai Jongkind. Il est également indiqué que la composition architecturale du projet compose avec la forme atypique de la parcelle, des différentes contraintes de prospect et les demandes formulées dans le projet d'aménagement et de développement Paysage et Biodiversité. Les façades du projet s'alignent sur les limites parcellaires donnant sur les voies publiques et sur les façades de la copropriété voisine et celle qui s'érige au Nord-Est dans l'angle entre le quai Jongkind et la rue Lachmann est à trois mètres de l'arbre existant. Enfin l'orientation d'aménagement et de programmation Paysage et biodiversité pour les faubourgs indique que l'implantation à l'alignement en continu sur la rue est envisageable si le linéaire formé ne dépasse pas une trentaine de mètres et que les gabarits de l'ordre de R+3 à R+5 seront privilégiés côté rue afin de permettre un adressage à l'alignement. Ainsi, le projet qui comporte le long du quai Jongkind un espace végétalisé et un retrait de façade à l'angle Nord-Est de ce quai et de la rue Lackmann n'est pas implanté systématiquement le long des voies.

9. Quant à l'absence de rythme de façades et les raccords au bâti existant, il ressort de la notice que le projet se divise en deux entités distinctes liées par une circulation commune. Une première partie s'adosse à l'immeuble existant et une seconde partie côté quai Jongkind occupe la partie Nord de la façade tout en s'affinant dans les étages. Un retrait de façade est prévu entre les deux volumes. Dès lors, il ne peut être considéré que les façades du projet ne seraient pas rythmées. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment du document d'insertion paysagère que le raccord du projet avec la copropriété voisine n'est pas harmonieux.

10. Eu égard à ce qui vient d'être dit, la décision implicite du préfet de la région Auvergne Rhône-Alpes, qui s'est substituée à l'avis défavorable du 9 mars 2021 de l'architecte des bâtiments de France, est entachée d'erreur d'appréciation. Dans ces conditions, le maire de la commune de Grenoble, ne pouvait se fonder sur cet avis défavorable de l'architecte des bâtiments de France, auquel s'est substituée la décision implicite du préfet de la région Auvergne Rhône-Alpes, qui est entachée d'illégalité, pour refuser le permis de construire contesté.

En ce qui concerne les espaces végétalisées et ou perméables :

11. L'article 6.2 des règles générales du plan local d'urbanisme intercommunale de Grenoble Alpes Métropole dispose que : " Règles générales Les règles de végétalisation s'appliquent au terrain ou à l'unité foncière () Pleine terre : Les espaces de pleine terre doivent être réalisés majoritairement d'un seul tenant et avoir des proportions permettant un usage d'agrément et de faire des plantations, selon les caractéristiques du terrain et de son environnement. Afin d'éviter les plantes invasives, les espaces de pleine terre doivent être plantés et il est interdit de laisser le sol nu, non végétalisé. Pour tout espace de pleine terre d'une surface supérieure ou égale à 100m², un arbre au moins sera planté par tranche de 100m² de pleine terre, en se référant aux modalités de plantation et au choix des essences présentées dans l'OAP Paysage et Biodiversité. Cette disposition ne s'applique pas dans les zones A, AL, N et NL. Sont pris en compte pour la quantification des espaces de pleine terre : - Les espaces libres non couverts, non bâtis ni en surface ni en sous-sol, permettant la libre infiltration des eaux pluviales et aménagés en espaces verts (pelouses, plantations) ; - Les espaces situés au-dessus des canalisations et des bassins de rétention. Ne sont pas comptabilisés en espaces de pleine terre : - Les surfaces situées au pied des arbres isolés, imposés sur les aires de stationnement et inférieures aux diamètres de fosses de plantation décrits dans l'OAP Paysage et Biodiversité, diamètres qui varient selon la taille des arbres et de l'ambiance. Espaces végétalisés ou perméables Les espaces végétalisés ou perméables comprennent : - les espaces de pleine terre précédemment mentionnés (le pourcentage de pleine terre peut donc être inclus dans le pourcentage d'espace végétalisé), - les espaces végétalisés situés sur les dalles de couverture, - les toitures végétalisées, - les surfaces des façades végétalisées, - les espaces végétalisés structurants des aires de stationnement ; leur coefficient de pondération sera choisi selon les modalités de réalisation : pleine terre ou sur dalle ; - les espaces extérieurs réalisés en matériaux partiellement perméables : cheminements piétons, circulations, aires de jeux, stationnements. Les espaces végétalisés ou perméables ne comprennent pas : - Les surfaces extérieures avec revêtement non perméables - Les jardinières. Coefficient de pondération Le coefficient de pondération est appliqué comme indiqué (cf. le tableau ci-dessous) ".

12. Ce tableau indique que les surfaces de pleine terre bénéficient d'un coefficient de pondération de 1 et que les espaces végétalisés se voient appliquer, selon le type d'espace concerné, un coefficient de pondération variant de 0,2 à 0,7. A cet égard, le rapport de présentation précise en page 249 du tome 4 s'agissant de l'interprétation de l'article 6.2 que " Les pondérations ont été attribuées par famille de substrat ou support : Les espaces de pleine terre tels que définis dans le règlement sont les seuls habilités à recevoir la pondération de 1, les autres supports devant leur être inférieurs () ". Ce rapport de présentation indique également page 149 que sont considérés comme surfaces végétalisées perméables : " la végétation mise en place sur les parties communes (hors parties privatives telles que balcons, terrasses des logements ".

13. Enfin, l'article 6.2 du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme intercommunal dispose que lorsque l'unité foncière est inférieure à 500 m², au moins 20 % de sa superficie doivent être traités en pleine terre et 40 % en espaces végétalisés ou perméables.

14. La notice PC4 du dossier de permis de construire indique que la superficie totale du terrain d'assiette est de 396 m2, que l'emprise au sol de la construction est de 232,9 m2 et que 95,3 m2 soit 24 % de la surface de la parcelle est traitée en espaces de pleine terre. Si la surface de pleine terre respecte l'article 6.2 du règlement, la notice du projet ne comporte aucun élément sur les surfaces végétalisées et perméables du projet alors qu'elles doivent être au moins égales à 40% soit 158 m2. La société pétitionnaire fait valoir que le dossier comportait les éléments de contrôle sur ce point. Toutefois, si le projet comporte des toitures végétalisées, l'épaisseur qui conditionne le coefficient de pondération applicable n'est pas précisée et ne peut pas être déduite des seuls plans du projet. En outre, l'article 6.2 du règlement énumère strictement les espaces pouvant être comptabilisés : les cheminements piétons, circulations, aires de jeux, stationnements et qu'il ressort sans ambiguïté du rapport de présentation du plan local d'urbanisme intercommunal que les espaces privatifs de type balcon, terrasse sont exclus. Dès lors, les terrasses en bois ne peuvent être comptabilisées comme espaces végétalisés extérieurs réalisés en matériaux partiellement perméables. Enfin, si la pointe Sud du projet d'une surface de 23,5 m2 est en gravier et devait ainsi être prise en compte comme espaces perméables, cette circonstance est insuffisante pour que le projet respecte le pourcentage d'espaces végétalisés ou perméables. Il suit de là, qu'en opposant que le dossier ne comporte aucun élément sur les espaces végétalisés ou perméables autres que la pleine terre et que le respect des dispositions de l'article 6.2 du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme intercommunal de Grenoble ne peut être vérifié, le maire de Grenoble n'a pas commis d'illégalité.

En ce qui concerne la compatibilité avec l'OAP Paysage :

15. L'orientation d'aménagement et de programmation 4 " Développer la végétation sur rue " prévoit " d) en cas d'alignement du bâti sur rue " : " sous condition d'autorisation de la collectivité gestionnaire de l'occupation du domaine public, le pétitionnaire recherchera un accompagnement végétal avec des plantes grimpantes ou une bande herbacée, sur la longueur du linéaire bâti ou ponctuellement. / A défaut de la possibilité de planter en pied de façade sur rue, l'accompagnement végétal pourra âtre obtenu par la plantation de grimpantes dans l'espace de retrait latéral, le cas échéant à proximité de l'espace public ".

16. L'arrêté contesté reproche sur le fondement de l'orientation 4 des faubourgs " développer la végétation sur rue " de l'orientation d'aménagement et de programmation Paysages du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal que la construction projetée s'implante à l'alignement de la rue Lachmann et du quai Jongkind, ne permettant ainsi aucune plantation sur rue, et qu'un espace libre sur la rue Lachmann présente en grande partie une imperméabilisation du sol en raison du choix d'un revêtement en béton balayé et d'une terrasse bois.

17. Si l'orientation 4 prévoit que l'implantation en retrait permettra de réserver un espace de pleine terre, elle prévoit également l'hypothèse d'un bâtiment en alignement sur rue. Or, le projet litigieux s'implante à l'alignement de la rue Lachmann et du quai Jongkind. En partie Sud, deux arbres sont plantés au droit de la rue Lachmann dans un espace gravillonné et non bétonné. La façade qui s'érige face à l'arbre existant au Nord-Ouest est reculée à trois mètres pour le préserver. Le projet prévoit l'implantation d'un jardin au Nord-Ouest au droit du quai Jongkind où deux grands arbres sont conservés et d'autres plantés. Enfin, la notice précise également que la gestion de l'angle des loggias avec des plantes grimpantes apporte une première ponctuation végétale, qu'un retrait de façade entre les deux volumes est prévu pour le hall d'entrée et que l'installation d'une jardinière plantée d'espèces grimpantes tendra à rendre cette faille végétalisée. Ainsi, le projet est compatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation 4 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal. Ce motif de refus est donc illégal et le moyen doit être accueilli.

18. Il résulte de ce qui précède que le maire pouvait refuser par l'arrêté du 16 avril 2021 le permis de construire demandé au motif de l'imprécision du dossier au regard de l'article 6.2 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal. Ainsi, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin d'annulation, de la SAS Mial doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

19. Les conclusions à fin d'annulation de la SAS Mial devant être rejetées, la présente décision n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

20. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser à chacune des parties les frais exposés et non compris dans les dépens et de rejeter leurs conclusions relatives à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er: L'intervention de Mme A n'est pas admise.

Article 2 : La requête de la SAS Mial est rejetée.

Article 3 : Les conclusions de la commune de Grenoble relatives à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Mial, à la commune de Grenoble, au préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes et à Mme B A.

Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Thierry, président,

Mme Barriol, première conseillère,

Mme Galtier, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

La rapporteure,

E. Barriol

Le président,

P. ThierryLa greffière,

A. Zanon

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2107160