Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2107479

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2107479
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation4ème Chambre
Avocat requérantADALTYS AFFAIRES PUBLIQUES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. B contestant l'arrêté municipal du 6 septembre 2021 limitant la vitesse à 30 km/h et instaurant un sens unique sur la route de Combe et Pré à Bilieu. Le tribunal a jugé que les incohérences de signalisation invoquées sont extérieures à l'arrêté et n'affectent pas sa légalité. Il a également écarté les moyens tirés du défaut de motivation, du caractère discriminatoire et de l'absence de nécessité de la mesure. La décision s'appuie notamment sur le code général des collectivités territoriales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 novembre 2021 et des mémoires enregistrés le 20 janvier 2022, le 30 mars 2022, le 24 mai 2022 et le 8 mars 2024, M. C B demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté n°2021/19 du 6 septembre 2021 portant limitation de vitesse à 30 km/h et mise en place d'une circulation avec sens interdit sauf riverains sur la voie communale n°9a dite " route de Combe et Pré " située dans le hameau du Petit Bilieu - Haut ainsi que " les arrêtés successifs " ;

2°) d'enjoindre à la commune de mettre fin aux contradictions affectant la signalétique concernant la réglementation de la vitesse dans ce hameau ;

3°) de mettre la commune de Bilieu sous tutelle concernant la gestion de la voirie ou, subsidiairement, d'enjoindre au préfet de se substituer au maire dans l'exercice de ses pouvoirs de police ;

4°) d'enjoindre au maire de Bilieu de prendre un nouvel arrêté ;

5°) de mettre à la charge de la commune de Bilieu une somme minimale d'1 euro au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à une association de la commune.

Il soutient que :

- les panneaux de signalisation concernant la vitesse maximale autorisée dans le hameau du petit Bilieu ne sont pas réglementaires et présentent des incohérences ne permettant pas de déterminer la vitesse applicable dans ce hameau ;

- le maire a méconnu ses pouvoirs de police en faisant installer un panneau de limitation de vitesse à 30 km/h sur la RD 50d ;

- la limitation à 30km/h sur la totalité de la route de Combe et Pré est inutile dans la mesure où cette limitation de vitesse existe déjà ;

- l'arrêté en litige aurait dû comporter des indications explicites quant aux restrictions d'accès des véhicules de plus de 3.5 tonnes ;

- le changement de dénomination du hameau est dépourvu d'intérêt public local ;

- l'arrêté en litige, en tant qu'il porte interdiction de double sens cyclable, n'est pas motivé ;

- l'instauration d'un sens unique de circulation dans cette voie est discriminatoire en tant que cette interdiction ne s'applique pas aux riverains ;

- la limitation de vitesse à 30 km/h dans le hameau n'est pas nécessaire.

La commune de Bilieu, représentée par Me Rey, a présenté deux mémoires enregistrés le 14 février 2022 et le 6 septembre 2022 par lesquels elle conclut au rejet de la requête et demande une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivité territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Permingeat, premier conseiller ;

- et les conclusions de Mme Coutarel, rapporteur public désignée en application de l'article R. 222-24 du code de justice administrative ;

- et les observations de Me Achard pour la commune de Bilieu.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir de l'arrêté n°2021/19 du 6 septembre 2021 :

1. Les circonstances que, d'une part, les panneaux de signalisation de limitation de vitesse apposés par la commune dans le hameau du Petit Bilieu Haut ne soient pas réglementaires et que, d'autre part, leur pose incohérente affecte leur caractère compréhensible pour les usagers de la voie publique, à les supposer même établies, sont extérieures aux motifs de l'arrêté en litige qui se borne à limiter la vitesse des véhicules à 30 km/h sur la voie communale n°9a et à y instaurer une circulation à sens unique. Par suite, elles ne sont pas de nature à entacher d'illégalité l'arrêté en litige.

2. Pour le même motif, le moyen invoqué par le requérant tiré de la prétendue illégalité affectant la décision portant changement de dénomination du hameau du Petit Bilieu doit être écarté comme inopérant.

3. Le moyen tiré de la méconnaissance, par le maire de Bilieu, de ses pouvoirs de police n'est pas assorti de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.

4. A supposer même que l'arrêté en litige soit superfétatoire, cette circonstance ne l'entache pas d'illégalité. Le moyen correspondant doit donc être écarté.

5. Aucune dispositions législative ou réglementaire n'imposait au maire de régler, dans l'arrêté en litige, la question des restrictions d'accès aux véhicules de plus de 3.5 tonnes.

6. Il résulte de la lecture combinée des motifs et du dispositif de l'arrêté en litige qu'il ne concerne que la circulation des véhicules à moteur. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il instaurerait une circulation à sens unique pour les vélos qui ne serait pas motivée. Le moyen correspondant doit donc être écarté.

7. Les riverains et autres usagers de la route de Combe et Pré n'étant pas placés dans des situations identiques, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la possibilité pour les riverains d'emprunter cette voie dans les deux sens est discriminatoire.

8. Le moyen tiré de l'absence de nécessité d'une limitation de la vitesse maximale autorisée à 30 km/h sur la route de Combe et Pré n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir de l'arrêté n°2021/29 du 6 septembre 2021 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir " des arrêtés successifs " présentées dans l'instance n°2107479 :

10. Les conclusions que le requérant présente dans ses dernières écritures tendant à ce que le tribunal annule " les arrêtés successifs qui sont illégaux au regard du code de la route " ne sont pas assorties de moyens suffisamment précis pour en apprécier le bien-fondé. Elles doivent donc être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

11. Le rejet des conclusions à fin d'annulation présentées par M. B n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

12. Les conclusions présentées par M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées eu égard à sa qualité de partie perdante dans l'instance. Dans les circonstances de l'espèce, M. B versera à la commune de Bilieu la somme de 500 euros au titre de cette même disposition.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : M. B versera à la commune de Bilieu la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune de Bilieu.

Délibéré après l'audience du 23 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Pfauwadel, président,

Mme Permingeat, premier conseiller,

M. Alexandre Derollepot, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.

Le rapporteur,

F. Permingeat

Le président,

T. Pfauwadel

Le greffier,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2107479