mercredi 28 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2107584 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MATHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 novembre 2021, M. B A, représentée par Me Mathis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 juillet 2021 par laquelle le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de le rétablir dans le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de 48 heures sous astreinte journalière de 100 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- aucun entretien de vulnérabilité n'a été réalisé avant la décision attaquée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 26 juin 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
Par ordonnance du 14 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 janvier 2024, en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridique totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 14 janvier 2022.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique du 28 juin 2024, Mme Letellier a lu son rapport. Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant nigérian âgé de 29 ans, déclare être entré en France le 30 juillet 2020. Il a déposé, le 18 août 2020, une demande d'asile enregistrée en procédure dite " Dublin " et a accepté le même jour l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. La consultation du fichier " Eurodac " ayant révélé que l'examen de sa demande d'asile relevait, en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, de la responsabilité des autorités italiennes, les autorités françaises ont demandé aux autorités de ce pays la reprise en charge du requérant. L'autorité préfectorale a décidé, par un arrêté du 17 décembre 2020, de remettre l'intéressé aux autorités italiennes. Dans la mesure où celui-ci ne s'est pas présenté à la convocation du 18 janvier 2021 et du 17 février 2021 dans le cadre de l'organisation de son transfert vers l'Italie, il a été déclaré en fuite, avec une date prorogée pour procéder à son transfert jusqu'en juillet 2022. Le 6 juillet 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a informé M. A de son intention de mettre totalement fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait. Par une décision du 28 juillet 2021, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis totalement fin aux conditions matérielles d'accueil.
2. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. (). ". Selon l'article D. 551-18 de ce code : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Cette décision prend effet à compter de sa signature. () ".
3. En premier lieu, la décision attaquée a été prise sur le fondement de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif que le requérant a été classé en fuite pour n'avoir pas respecté ses obligations de présentation au Pôle régional Dublin et énonce sa situation personnelle et familiale. Par suite, la décision est suffisamment motivée au sens des dispositions précitées. Le moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'Office français de l'immigration et de l'intégration fait valoir, sans être contredit par le requérant, qu'il lui a notifié le 6 juillet 2021 son intention de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil. Il ressort des pièces du dossier que le pli transmis par lettre recommandée, dont M. A a été avisé le 7 juillet 2021, n'a pas été réclamé. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il n'a pas été mis à même de pouvoir formuler ses observations sur sa situation personnelle et familiale avant que l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne prenne la décision de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté comme non fondé.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la vulnérabilité de M. A a été évaluée le 19 août 2020 ; cette évaluation n'a pas mis en évidence une situation de vulnérabilité particulière de l'intéressé. Si la situation familiale du requérant a ensuite évolué, notamment par la naissance d'un enfant le 17 juin 2021, il ne ressort d'aucune pièce au dossier que M. A a porté à la connaissance de l'office français de l'immigration et de l'intégration le changement de sa situation. Il n'a en outre pas réclamé le pli l'informant de l'intention de l'OFII de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil et n'a, ainsi, pas saisi l'opportunité qui lui était donnée de faire valoir les vulnérabilités auxquelles il estimait être confronté. Par ailleurs, aucune pièce au dossier ne permet de corroborer les allégations du requérant selon lesquelles il serait privé de tout hébergement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
6. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'aurait pas procédé à un examen particulier de la demande de M. A et qu'il aurait entaché sa décision d'une erreur de fait, aucune information n'ayant été portée à la connaissance de cette autorité sur le déroulement de la grossesse de sa compagne.
7. En dernier lieu, M. A ne conteste pas ne pas avoir satisfait à toutes ses obligations lors de l'instruction de sa demande d'asile mais expose avoir été empêché de s'y rendre du fait des difficultés de la grossesse de sa compagne. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressé s'est présenté en dernier lieu au pôle régional Dublin le 17 février 2021. M. A produit un certificat médical selon lequel l'état de santé de sa compagne nécessitait, entre le 15 janvier 2021 et le 25 février 2021, sa présence auprès d'elle. Cette attestation, d'ailleurs établie postérieurement à la décision attaquée, et la circonstance que sa compagne a été hospitalisée plusieurs jours lors de son accouchement le 16 juin 2021 ne suffisent pas pour justifier le manquement de M. A à ses obligations de présentation en préfecture. Dans ces conditions, l'office français de l'immigration et de l'intégration pouvait sans méconnaître les dispositions du 3° de l'article L.551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée. Dès lors les conclusions en annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions en injonction sous astreinte et les conclusions de son conseil tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. A est rejetée.
Article 2 :les conclusions de Me Mathis tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sont rejetées.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Mathis et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme Letellier, première conseillère,
- Mme Aubert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 août 2024.
La rapporteure,
C. Letellier
Le président,
M. Sauveplane
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026