vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2107716 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 4 |
| Avocat requérant | SCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 novembre 2021 et le 14 décembre 2023, Mme D A épouse C, représentée par Me Pignier demande au tribunal :
1°) la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019 dans les rôles de la commune de Saint-Hilaire du Rosier ;
2°) la mise à la charge de l'Etat de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration fiscale a augmenté la valeur locative de son bien en 2019 sans respecter le principe général des droits de la défense ;
- la maison doit être classée en catégorie 5 au lieu de 6 et sa valeur locative évaluée par comparaison avec le local-type n° 9 dont la valeur locative est de 3,05 euros/m² ;
- la surface corrigée de sa maison considérée est de 116 m², la surface réelle de 129 m², le correctif d'ensemble de 1 ;
- la surface pondérée totale de sa maison s'élève à 147 m² et les équivalences superficielles de 31m² ;
- la valeur locative 1970 peut ainsi être fixée à 448 euros au lieu de 884 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A épouse C ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté par le directeur départemental des finances publiques de l'Isère enregistré le 15 décembre 2023 n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, le rapport de M. Pfauwadel, magistrat désigné, et les observations de Me Pignier, avocate de Mme A épouse C.
Une note en délibéré présentée par Mme A épouse C a été enregistrée le 29 décembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A épouse C est propriétaire d'une maison située 1445, route de Saint-Lattier à Saint-Hilaire du Rosier. Ayant constaté que sa cotisation de taxe foncière au titre de l'année 2019 avait subi une augmentation supérieure à celle résultant de la revalorisation du coefficient d'actualisation et des taux d'imposition, elle a présenté une réclamation à laquelle l'administration fiscale n'a pas répondu. Elle demande au tribunal de prononcer la réduction de cette taxe en soutenant d'une part que l'administration fiscale a irrégulièrement augmenté la valeur locative de son bien et d'autre part que la valeur locative 1970 est surévaluée.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Lorsqu'une imposition est, telle la taxe foncière sur les propriétés bâties, assise sur la base d'éléments qui doivent être déclarés par le redevable, l'administration fiscale ne peut établir, à la charge de celui-ci, des droits excédant le montant de ceux qui résulteraient des éléments qu'il a déclarés qu'après l'avoir, conformément au principe général des droits de la défense, mis à même de présenter ses observations.
3. La direction départementale des finances publiques de l'Isère soutient qu'elle a procédé en 2019 à une opération de mise à jour des valeurs locatives d'un nombre important de logements, consistant à prendre en compte, au niveau de la valeur locative 1970, des éléments de confort définis à l'article 324 T de l'annexe III au code général des impôts jusqu'alors non pris en compte, et principalement le chauffage central. En l'espèce, l'ajout du chauffage central a modifié la valeur locative 1970. L'administration soutient qu'un courrier d'information, automatisé en raison du nombre important de locaux concernés, a été adressé à chaque propriétaire concerné afin qu'il puisse faire valoir ses observations et que l'envoi à la requérante de ce courrier est établi par la mention de son nom sur le tableau comportant la liste des propriétaires destinataires des courriers d'information. Toutefois, la requérante soutient ne pas avoir reçu de courrier d'information. La seule production par l'administration du modèle type du courrier d'information envoyé de façon automatisée et de l'extrait, concernant la requérante, du tableau comportant la liste des propriétaires destinataires du courrier, ne suffit pas, faute de production d'un accusé réception, à établir qu'elle a été mise à même de présenter ses observations, conformément au principe général des droits de la défense. Par suite, la requérante est fondée à demander la réduction du montant de la taxe foncière 2019 correspondant à la revalorisation de la valeur locative par la prise en compte d'un chauffage central opérée la même année par l'administration fiscale.
Sur la valeur locative de 1970 :
4. Aux termes de l'article 1496 du code général des impôts : " I. La valeur locative des locaux affectés à l'habitation () est déterminée par comparaison avec celle de locaux de référence choisis, dans la commune, pour chaque nature et catégorie de locaux. II. La valeur locative des locaux de référence est déterminée d'après un tarif fixé, par commune ou secteur de commune, pour chaque nature et catégorie de locaux, en fonction du loyer des locaux loués librement à des conditions de prix normales et de manière à assurer l'homogénéité des évaluations dans la commune et de commune à commune ". Aux termes de l'article 324 G de l'annexe III au même code : " I. - La classification communale consiste à rechercher et à définir par nature de construction (maisons individuelles immeubles collectifs dépendances bâties isolées) les diverses catégories de locaux d'habitation existant dans la commune. () ". Aux termes de l'article 324 H de la même annexe : " I. - Pour les maisons individuelles et les locaux situés dans un immeuble collectif, la classification communale est établie à partir d'une nomenclature-type comportant huit catégories, en adaptant aux normes locales de construction les critères généraux mentionnés au tableau ci-après. () III. - Dans les cas deux cas prévus aux I et II, il peut toutefois être procédé à la création de catégories intermédiaires combinant, dans des proportions simples, deux catégories-types. IV. - Les caractéristiques physiques afférentes à chaque nature et catégorie de locaux retenus lors de la classification communale sont inscrites au procès-verbal des opérations de la révision. ". Ces critères sont le caractère architectural de l'immeuble, la qualité de la construction, la distribution du local et sa conception générale, l'équipement du local, l'impression d'ensemble donnant le caractère général de l'habitation.
5. Il ressort de l'extrait du procès-verbal 6670H de la commune de Saint-Hilaire du Rosier précise que les habitations de la catégorie 5 correspondent à des constructions de bonnes apparences construites avec des matériaux de bonne qualité, assurant des conditions d'habitabilité satisfaisantes, avec une salle à manger de bonnes dimensions et les autres pièces plus réduites, comportant un confort moderne avec eau, électricité, WC intérieur, salle d'eau en cabinet de toilette parfois le chauffage central ; les habitations de la catégorie 6 correspondent à des constructions d'aspect ordinaire sans caractère particulier, construites avec des matériaux locaux ordinaires procurant des conditions d'habitabilité assez bonne, ne comportant pas en général de salon mais parfois une salle à manger de bonnes dimensions, incluant un confort tel que eau, électricité, WC intérieurs ou extérieurs sans salle d'eau quelque fois un cabinet de toilette.
6. Mme A épouse C soutient que sa maison, qui a été classée catégorie 6, doit être classée en catégorie 5 et être évalué par référence au local n° 9 correspondant à cette dernière catégorie dont la valeur locative est de 3,05 euros/m². Il ressort de la photographie de la maison versée au dossier par l'administration, la requérante n'en produisant pas, que celle-ci est de bonnes apparences. Si la requérante fait valoir que sa maison a fait l'objet d'une qualité de construction courante et que les pièces d'habitation disposent de surfaces assez réduites, elle ne produit aucune pièce de nature à établir le caractère erroné de la classification en catégorie 6.
7. Pour contester la surface, le correctif d'ensemble et les équivalences superficielles retenues par l'administration fiscale, la requérante ne produit aucun élément suffisamment probant pour établir qu'en ayant retenu une telle superficie, un tel correctif et de telles équivalences superficielles l'administration se serait méprise sur les éléments relatifs au bien imposé.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante est seulement fondée à demander que la réduction du montant de la taxe foncière 2019 correspondant à la revalorisation de la valeur locative par la prise en compte d'un chauffage central opérée la même année par l'administration fiscale.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme A épouse C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La cotisation de taxe foncière à laquelle Mme A épouse C a été assujettie au titre de l'année 2019 est réduite du montant correspondant à la revalorisation de la valeur locative par la prise en compte d'un chauffage central opérée la même année par l'administration fiscale.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A épouse C et à la direction départementale des finances publiques de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.
Le magistrat désigné,
T. PFAUWADELLe greffier,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026
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01/06/2026