mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2107839 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | GERMAIN-PHION JACQUEMET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 novembre 2021, M. A B, représenté par Me Jacquemet, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 13 juillet 2021 par laquelle le maire de Charavines lui a infligé un avertissement, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Charavines une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- la notification de la décision attaquée est irrégulière ;
- la décision attaquée est entachée de divers vices de procédure (absence de courrier l'informant de ses droits avant mise en œuvre d'une procédure disciplinaire ; aucun délai raisonnable ne lui a été laissé pour prendre connaissance de son dossier et formuler des observations ; il n'a jamais été reçu en entretien pour s'expliquer sur les faits ; ces éléments caractérisent une méconnaissance des droits de la défense) ;
- les motifs de la décision attaquée sont entachés d'erreur matérielle ;
- les faits tels qu'ils se sont déroulés le 9 juillet 2021 ne sont pas fautifs ;
- la décision attaquée est entachée d'un détournement de pouvoir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 février 2024 :
- le rapport de Mme Frapolli,
- les conclusions de M. C,
- et les observations M. D, maire de Charavines.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, agent de maîtrise titulaire, a été recruté par la commune de Charavines en 2005. Dans la présente instance, il demande au Tribunal d'annuler pour excès de pouvoir la décision susvisée du 13 juillet 2021 par laquelle le maire de la Commune lui a infligé un avertissement, ainsi que la décision implicite de rejet prise sur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sans qu'il soit besoin de se prononcer sur tous les autres moyens de la requête ;
2. En premier lieu, aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée alors en vigueur : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité investie du pouvoir de nomination./(.) Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes et à l'assistance de défenseurs de son choix. L'administration doit informer le fonctionnaire de son droit à communication du dossier ".
3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B ait été informé de l'engagement d'une procédure disciplinaire, et notamment de son droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel, en méconnaissance des dispositions citées au point précédent. M. B est dès lors fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984, alors en vigueur : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes :/ () Premier groupe: / L'avertissement () ".
5. D'une part, il incombe à l'autorité investie du pouvoir disciplinaire d'établir les faits sur le fondement desquels elle inflige une sanction à un agent public. D'autre part, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
6. La décision attaquée rappelle que le 6 mai 2021, M. B a été suspendu de ses fonctions, mesure qui lui interdisait de se rendre " dans les locaux et sur les sites de () [son] activité professionnelle ". Elle poursuit ainsi : " Le vendredi 9 juillet 2021 matin vous avez été vu discutant avec des agents communaux du service technique de Charavines en poste sur leur lieu d'activité. Ces faits contreviennent directement aux termes de l'arrêté de suspension, d'où le présent courrier valant avertissement ".
7. Or si M. B admet avoir rencontré fortuitement deux collègues le 9 juillet 2021, il soutient sans être contesté que la brève discussion qui a suivi s'est tenue sur la voie publique, après qu'il a garé son véhicule sur le parking d'un vétérinaire. Dans ces circonstances, M. B est fondé à soutenir que ce comportement n'est pas fautif au sens du principe énoncé au point 5 et eu égard à la portée de l'interdiction de venir dans les locaux professionnels dont la méconnaissance est le fondement de la mesure attaquée.
8. Il résulte de ce qui précède que la décision susvisée du 13 juillet 2021 doit être annulée, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Charavines une somme de 1 000 euros à verser à M. B.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 13 juillet 2021 par laquelle le maire de Charavines a infligé à M. B un avertissement doit être annulée, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Article 2 : La commune de Charavines versera à M. B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Charavines.
Délibéré après l'audience du 27 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Frapolli, premier conseiller,
Mme Fourcade, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
Le rapporteur,
I. FRAPOLLI
Le président,
C. VIAL-PAILLER
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2107839
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026