mardi 13 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2201313 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET LEGAL PERFORMANCES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 3 mars 2022, le 3 août 2023, le 1er décembre 2023, le 29 avril 2024 et le 18 juillet 2024 (mémoire non communiqué), Mme D C et Mme D G, représentées par la société d'avocats DPA, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 janvier 2022 par lequel la maire de la commune de Megève a accordé à la SA des remontées mécaniques de Megève un permis de construire tenant lieu d'autorisation d'exécution des travaux portant sur la réalisation d'une remontée mécanique et d'aménagement des pistes de ski alpin ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Megève et la société des remontées mécaniques de Megève une somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les requérantes soutiennent que :
- elles ont intérêt à agir contre l'arrêté attaqué qui accorde un permis de construire sur leurs parcelles ;
- la procédure de l'enquête publique est entachée d'irrégularité ;
- l'information et la participation du public, qui ne peuvent pas se résumer à l'enquête publique, ont été insuffisantes, en méconnaissance de l'article 7 de la charte de l'environnement et du 4° de l'article 6 de la convention d'Aarhus (CE, 15 novembre 2021, n° 434742) ;
- l'étude d'impact réalisée en 2018 aurait dû être mise à jour, en application du III de l'article 30 décret n° 2021-837 du 29 juin 2021 ayant modifié l'article R. 122-5 du code de l'environnement (alors applicable) ;
- elle aurait dû être complétée pour tenir compte de la modification n° 4 du plan local d'urbanisme intervenue pour rendre celui-ci compatible avec la déclaration de projet ;
- les dispositions de l'article L. 122-1 du code de l'environnement qui imposent une évaluation de la globalité en cas de pluralité de projets, ont été méconnues en l'espèce, le réaménagement du secteur de la Cry en 2020 n'ayant pas été joint à la présente délibération ;
- l'étude d'impact méconnait les dispositions du 8° de l'article R. 122-5 du code de l'environnement ;
- l'étude d'impact ne répond pas aux dispositions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de permis de construire est incomplet, en particulier le plan de situation, la notice de présentation du projet et du plan de masse, ne répondent pas aux prescriptions des articles R. 431-7 à 9 du code de l'urbanisme ;
- les dispositions de l'article L. 411-1 du code de l'environnement ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article L. 425-14 du code de l'urbanisme et de l'article L. 214-1 et suivants du code de l'environnement ont été méconnues dès lors que rien ne permet de dire que la pétitionnaire a obtenu les autorisations nécessaires au titre de la loi sur l'eau ;
- les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ont été méconnues du fait qu'une partie de la construction se situe en zone rouge du PPRN ;
- les dispositions de l'article L. 111-11 et L. 332-15 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article L. 424-4 du code de l'urbanisme et R. 122-14 du code de l'environnement ont été méconnues ;
- le permis de construire méconnait les dispositions de l'article 2 du plan local d'urbanisme ;
- le permis de construire méconnait les dispositions de l'article 4 du plan local d'urbanisme ;
- le permis de construire méconnait les dispositions de l'article 13 du plan local d'urbanisme.
Par des mémoires enregistrés le 30 septembre 2022, la 10 janvier 2023 et le 10 novembre 2023, la commune de Megève, représentée par la société d'avocats Legal Performances, conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge des requérantes la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Megève soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 19 octobre 2023, la société anonyme des remontées mécaniques de Megève, représentée par la société d'avocats Ballaloud, conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge des requérantes la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 juillet 2024 en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Charte de l'environnement ;
- la convention d'Aarhus du 25 juin 1998 sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Megève ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 mars 2025 :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- les observations de Me Giraudon, pour les requérantes, les observations de Me Antoine, pour la commune de Megève, et les observations de Me Planchet, pour la SA des remontées mécaniques de Megève.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 janvier 2022, la maire de la commune de Megève a accordé à la SA des remontées mécaniques de Megève un permis de construire tenant lieu d'autorisation d'exécution des travaux (DAET) portant sur la réalisation d'une remontée mécanique et l'aménagement des pistes de ski alpin. Les consorts G sont propriétaires de plusieurs parcelles à Megève, dont la parcelle cadastrée à la section E n° 1804 qui se situe au lieudit " La Fley " qui fait partie du terrain d'assiette du projet de construction.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le dossier de l'enquête publique :
2. Aux termes du second alinéa de l'article L. 123-12 du code de l'environnement : " Si le projet, plan ou programme a fait l'objet d'une procédure de débat public organisée dans les conditions définies () aux articles L. 121-16 et L. 121-16-1, ou de toute autre procédure prévue par les textes en vigueur permettant au public de participer effectivement au processus de décision, le dossier comporte le bilan de cette procédure ainsi que la synthèse des observations et propositions formulées par le public. Lorsqu'aucune concertation préalable n'a eu lieu, le dossier le mentionne ". Aux termes de l'article R. 123-8 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction alors applicable " Le dossier soumis à l'enquête publique comprend les pièces et avis exigés par les législations et réglementations applicables au projet, plan ou programme. / Le dossier comprend au moins : / () 5° Le bilan () de la concertation définie à l'article L. 121-16, ou de toute autre procédure prévue par les textes en vigueur permettant au public de participer effectivement au processus de décision. Lorsqu'aucune concertation préalable n'a eu lieu, le dossier le mentionne () ".
3. Les inexactitudes, omissions ou insuffisances affectant le dossier soumis à enquête publique ne sont susceptibles de vicier la procédure et donc d'entraîner l'illégalité de la décision prise au vu de cette enquête, que si elles ont eu pour effet de nuire à l'information complète de la population ou, si elles ont été de nature à exercer une influence sur les résultats de l'enquête et, par suite, sur la décision de l'autorité administrative.
4. Il est constant que le rapport d'enquête publique, qui énumère en page 7 le contenu du dossier soumis à enquête publique, ne mentionne pas le bilan de la concertation préalable qui a eu lieu du 19 octobre 2018 au 5 décembre 2018. Toutefois en l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que son absence aurait eu pour effet de nuire à l'information du public ou qu'elle aurait été de nature à exercer une influence sur les résultats de l'enquête publique et, par suite, sur la décision de l'autorité administrative. Ainsi, l'absence au dossier d'enquête du bilan de la concertation, en méconnaissance de l'article R. 123-8 du code de l'environnement, n'a pas eu pour effet de vicier la légalité de l'arrêté attaqué.
En ce qui concerne l'information et la participation du public :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de la convention d'Aarhus sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement : " 1. Chaque Partie : a) Applique les dispositions du présent article lorsqu'il s'agit de décider d'autoriser ou non des activités proposées du type de celles énumérées à l'annexe I ; b) Applique aussi les dispositions du présent article, conformément à son droit interne, lorsqu'il s'agit de prendre une décision au sujet d'activités proposées non énumérées à l'annexe I qui peuvent avoir un effet important sur l'environnement. Les Parties déterminent dans chaque cas si l'activité proposée tombe sous le coup de ces dispositions ; () 2. Lorsqu'un processus décisionnel touchant l'environnement est engagé, le public concerné est informé comme il convient, de manière efficace et en temps voulu, par un avis au public ou individuellement, selon le cas, au début du processus () / 3. Pour les différentes étapes de la procédure de participation du public, il est prévu des délais raisonnables laissant assez de temps pour informer le public conformément au paragraphe 2 ci-dessus et pour que le public se prépare et participe effectivement aux travaux tout au long du processus décisionnel en matière d'environnement. / 4. Chaque Partie prend des dispositions pour que la participation du public commence au début de la procédure, c'est-à-dire lorsque toutes les options et solutions sont encore possibles et que le public peut exercer une réelle influence ".Si les stipulations énoncées par le point a) du paragraphe 1er de l'article 6 de la convention d'Aarhus du 25 juin 1998, combinées avec celles de l'annexe I sont d'effet direct, il n'en va pas de même de celles figurant au point b) du même paragraphe, qui nécessitent des actes complémentaires pour produire des effets à l'égard des particuliers.
6. Si les requérantes prétendent que l'autorisation d'exécution des travaux a été délivrée en méconnaissance des stipulations de l'article 6 de cette convention, celles-ci ne produisent d'effet direct en droit interne, s'agissant de la participation du public au processus décisionnel en matière d'environnement que pour les activités mentionnées à l'annexe I de la convention. Or il est constant que les remontées mécaniques ne sont pas au nombre des activités particulières mentionnées par cette annexe. En tout état de cause, le public a été informé et associé au projet de restructuration de Rochebrune dès l'année 2016 par des publications, de la concertation et des réunions publiques.
7. En second lieu, aux termes de l'article 7 de la Charte de l'environnement : " Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d'accéder aux informations relatives à l'environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l'élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l'environnement ". Le respect du principe de participation du public ainsi défini s'apprécie au regard des dispositions législatives prises afin de préciser, pour ce type de décisions, les conditions et les limites d'applicabilité de ce principe. Dès lors, les requérantes, qui n'invoquent la méconnaissance d'aucune disposition législative, ne sauraient utilement soutenir que l'autorisation en litige méconnaît les dispositions de l'article 7 de la Charte de l'environnement.
En ce qui concerne l'étude d'impact :
8. Aux termes de l'article L. 122-1 du code de l'environnement, dans sa version applicable : " () Lorsqu'un projet est constitué de plusieurs travaux, installations, ouvrages ou autres interventions dans le milieu naturel ou le paysage, il doit être appréhendé dans son ensemble, y compris en cas de fractionnement dans le temps et dans l'espace et en cas de multiplicité de maîtres d'ouvrage, afin que ses incidences sur l'environnement soient évaluées dans leur globalité. (). "
9. En premier lieu, les requérantes ne précisent pas en quoi l'étude d'impact réalisée le 18 septembre 2019 ne répondrait pas aux dispositions de l'article R. 122-5 du code de l'environnement tel que modifié par ce décret. Par suite, le moyen doit être écarté comme non assorti des précisions suffisantes.
10. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le projet, tel qu'expliqué dans la notice de la modification simplifiée n° 4 du plan local d'urbanisme communal, qui implique en réalité une extension de 1,43 ha du domaine skiable sur le règlement graphique, n'est pas situé en site vierge au sens du tableau annexé à l'article R. 122-2 du code de l'environnement. La MRAe a, dans son avis du 21 septembre 2020, sur la modification simplifiée n° 4 du plan local d'urbanisme, a relevé que les ajustements sont mineurs et que l'ensemble des modifications graphiques ne sont pas de nature à générer des conséquences négatives significatives supplémentaires sur l'environnement. Ainsi, les requérantes ne sont pas fondées à soutenir que l'étude d'impact aurait dû être complétée postérieurement à la modification n° 4 du plan local d'urbanisme.
11. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que les projets de réaménagement du secteur de Rochebrune et du secteur du Cry se situent sur deux secteurs distincts de la commune de Megève. Ils sont indépendants l'un de l'autre et ne présentent pas de lien fonctionnel, le réaménagement du secteur du Cry consistant à mieux desservir le Mont d'Arbois en y créant un téléski et une piste associée. Par suite, ces projets ne constituent pas un projet global au sens de l'article L. 122-1 du code de l'environnement. Dès lors, l'étude d'impact n'avait pas à être complétée pour intégrer le réaménagement du secteur du Cry et le moyen doit être écarté.
12. En dernier lieu, la circonstance que le coût de 2 des 40 mesures environnementales n'a pas été chiffré dans son point 7.7 parce que non défini au jour où l'étude d'impact a été réalisée, n'est pas suffisante pour retenir que celle-ci serait incomplète. Il résulte de tout ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de l'irrégularité de l'étude d'impact doit être écarté dans toutes ses branches.
En ce qui concerne la complétude du dossier d'autorisation d'exécution des travaux :
13. Aux termes de l'article L. 472-1 du code de l'urbanisme : " Les travaux de construction ou de modification substantielle des remontées mécaniques définies à l'article L. 342-7 du code du tourisme sont soumis à autorisation, d'une part, avant l'exécution des travaux et, d'autre part, avant la mise en exploitation. / L'autorisation d'exécution des travaux portant sur la réalisation des remontées mécaniques tient lieu du permis de construire prévu à l'article L. 421-1 en ce qui concerne les travaux soumis à ce permis. ". Selon l'article L. 473-1 du même code : " L'aménagement de pistes de ski alpin est soumis à l'autorisation délivrée par l'autorité compétente en matière de permis de construire ".
14. Aux termes de l'article R. 472-3 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande est composé des pièces ci-après : 1° Un mémoire descriptif de l'installation indiquant notamment les caractéristiques principales et la capacité de transport de l'installation, la nature des ouvrages ou des modifications substantielles projetées et leur emplacement, l'identité et la qualité du maître d'œuvre et celles des spécialistes dont il s'entoure pour l'assister dans sa mission, ainsi que la répartition entre eux des fonctions et des tâches techniques et, le cas échéant, l'identité et la qualité de l'organisme qualifié () ; 2° Une note sur les mesures de préservation et de réhabilitation du milieu naturel prévues ; 3° L'échéancier prévu pour la construction ou la modification substantielle de l'installation ; 4° Un plan de situation à une échelle comprise entre 1/5 000 et 1/25 000 comportant le tracé du projet ; 5° Un profil en long comportant en particulier la représentation de tous les obstacles traversés ou survolés par l'installation, l'indication des pentes transversales importantes ainsi que la figuration du profil des câbles et de la trajectoire des véhicules à vide et en charge prévus ; 6° La note de calcul correspondant au profil en long de l'installation ; 7° La liste des éventuelles dérogations à la réglementation technique et de sécurité demandées et, s'il y a lieu, le programme des essais à effectuer en vue de corroborer les hypothèses retenues et de vérifier les calculs ; 8° Une note sur les dispositions de principe envisagées pour l'évacuation des usagers de la remontée mécanique ; 9° Une note sur les risques naturels et technologiques prévisibles et les dispositions principales prévues pour y faire face ; 10° L'étude d'impact définie à l'article R. 122-5 du code de l'environnement, lorsque celle-ci est requise en application des articles R. 122-2 et R. 122-3-1 du même code. ". Aux termes de l'article R. 472-5 du même code : " " Lorsque les travaux auraient nécessité un permis de construire ou une déclaration préalable, le dossier est complété par :1° Le plan de masse prévu par l'article R. 431-9 ; 2° Le cas échéant, la surface de plancher des constructions. ".
15. D'une part, les autorisations d'exécution des travaux de remontées mécaniques accordées en application des dispositions rappelées ci-dessus sont délivrées, sur avis conforme du préfet, dès lors que les pièces et informations mentionnées aux articles R. 472-2 et suivants du code de l'urbanisme ont été fournies et qu'elles satisfont aux exigences de ces dispositions. Ainsi, le moyen tiré de ce que le dossier de permis de construire ne serait pas complet au regard des dispositions des articles R. 431-7, R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-16 du code de l'urbanisme ou ne répondrait pas à ces dispositions, doit être écarté comme inopérant.
16. D'autre part et en tout état de cause, il ressort des pièces du dossier de demande d'autorisation d'exécution des travaux portant sur la réalisation des remontées mécaniques tenant lieu de permis de construire, numérotées de a à n, qu'elles comportent notamment un mémoire descriptif, une note sur les mesures de préservation, des plans de masse de chaque construction et des plans de situation, ainsi qu'une étude d'impact telle que réalisée en 2019, qui répondent aux exigences des articles R. 472-3 et R. 472-5 du code de l'urbanisme ci-dessus rappelés. En revanche, il ne résulte pas de ces mêmes dispositions qu'une étude géotechnique, le bilan de la concertation préalable, une attestation de prise en compte des règles parasismiques et paracycloniques et une attestation de service d'assainissement devaient être produites. Dans ces conditions, le moyen ne peut être qu'écarté.
En ce qui concerne l'autorisation au titre de la loi sur l'eau :
17. Aux termes de l'article L. 425-14 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice du deuxième alinéa de l'article L. 181-30 du code de l'environnement, lorsque le projet est soumis à autorisation environnementale, en application du chapitre unique du titre VIII du livre Ier du même code, ou à déclaration, en application de la section 1 du chapitre IV du titre Ier du livre II dudit code, le permis ou la décision de non-opposition à déclaration préalable ne peut pas être mis en œuvre : 1° Avant la délivrance de l'autorisation environnementale mentionnée à l'article L. 181-1 du même code, sauf décision spéciale prévue à l'article L. 181-30 du même code ; 2° Avant la décision d'acceptation, pour les installations, ouvrages, travaux et activités soumis à déclaration en application du II de l'article L. 214-3 du même code. ".
18. Les requérantes soutiennent que l'arrêté attaqué mentionne que la pétitionnaire peut démarrer les travaux immédiatement alors qu'aucune pièce au dossier de permis de construire ne justifie qu'elle a obtenu une autorisation au titre de la loi sur l'eau. Toutefois, à supposer même qu'une telle autorisation aurait été nécessaire pour réaliser le projet en litige, cette circonstance est sans incidence sur la légalité du permis de construire dès lors que l'absence de l'autorisation au titre de la loi sur l'eau requise en application des dispositions des articles L. 214-1 et suivants du code de l'environnement ne fait pas obstacle à la délivrance du permis de construire mais est seulement susceptible d'empêcher sa mise en œuvre. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne la méconnaissance des articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de l'environnement :
19. Aux termes de l'article L. 425-15 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur des travaux devant faire l'objet d'une dérogation au titre du 4° du I de l'article L. 411-2 du code de l'environnement, le permis ou la décision de non-opposition à déclaration préalable ne peut pas être mis en œuvre avant la délivrance de cette dérogation. ". Aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'environnement : " I. - Lorsqu'un intérêt scientifique :particulier, le rôle essentiel dans l'écosystème ou les nécessités de la préservation du patrimoine naturel justifient la conservation de sites d'intérêt géologique, d'habitats naturels, d'espèces animales non domestiques ou végétales non cultivées et de leurs habitats, sont interdits : / 1° La destruction ou l'enlèvement des oeufs ou des nids, la mutilation, la destruction, la capture ou l'enlèvement, la perturbation intentionnelle, la naturalisation d'animaux de ces espèces ou, qu'ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur détention, leur mise en vente, leur vente ou leur achat ; / 2° La destruction, la coupe, la mutilation, l'arrachage, la cueillette ou l'enlèvement de végétaux de ces espèces, de leurs fructifications ou de toute autre forme prise par ces espèces au cours de leur cycle biologique, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou leur achat, la détention de spécimens prélevés dans le milieu naturel ; / 3° La destruction, l'altération ou la dégradation de ces habitats naturels ou de ces habitats d'espèces ; () ". Toutefois, les dispositions du 4° du I de l'article L. 411-2 du même code permettent de déroger à ces interdictions dans les strictes conditions qu'elles précisent, parmi lesquelles figurent dans tous les cas celles qu'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante et que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle.
20. Les requérantes soutiennent que l'autorisation d'urbanisme est intervenue en méconnaissance des dispositions précitées du code de l'environnement, dès lors qu'elle induit la destruction ou la perturbation d'espèces animales protégées présentes sur le terrain d'assiette du projet, ainsi que la destruction ou la dégradation de leurs habitats. Toutefois, les dispositions précitées de l'article L. 425-15 du code de l'urbanisme ne subordonnent pas la délivrance, mais la seule mise en œuvre d'une autorisation d'urbanisme à l'obtention, si elle est requise, d'une dérogation à l'interdiction de destruction des espèces protégées, laquelle relève d'une législation distincte de celle de l'urbanisme. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté attaqué, la pétitionnaire avait présenté au préfet de la Haute-Savoie depuis le 8 octobre 2019 une demande de dérogation au titre du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement qui a été accordée par un arrêté du 30 mai 2022, postérieurement à l'arrêté attaqué. Par suite, cette circonstance reste sans incidence sur la légalité de l'arrêté en litige. Il en résulte que le moyen, tiré de la méconnaissance des articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de l'environnement doit être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article L. 424-4 du code de l'urbanisme :
21. Aux termes de l'article L. 424-4 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision autorise un projet soumis à évaluation environnementale, elle comprend en annexe un document comportant les éléments mentionnés au I de l'article L. 122-1-1 du code de l'environnement. " Aux termes de l'article L. 122-1-1 du code de l'environnement : " I. L'autorité compétente pour autoriser un projet soumis à évaluation environnementale prend en considération l'étude d'impact, l'avis des autorités mentionnées au V de l'article L. 122-1 ainsi que le résultat de la consultation du public et, le cas échéant, des consultations transfrontières. / La décision de l'autorité compétente est motivée au regard des incidences notables du projet sur l'environnement. Elle précise les prescriptions que devra respecter le maître d'ouvrage ainsi que les mesures et caractéristiques du projet destiné à éviter les incidences négatives notables, réduire celles qui ne peuvent être évitées et compenser celles qui ne peuvent être évitées ni réduites. Elle précise également les modalités du suivi des incidences du projet sur l'environnement ou la santé humaine. () ".
22. Les requérantes prétendent que l'arrêté en litige méconnaît les dispositions précitées faute pour l'arrêté de mentionner les mesures mises à la charge du pétitionnaire destinées à éviter, réduire, voire compenser les effets négatifs notables du projet. Toutefois, il ressort du dossier de DAET qu'il comporte une note sur les mesures de préservation et l'étude d'impact qui mentionne les mesures d'évitement, de réduction et de compensation prises durant les phases de travaux et d'exploitation qui compenseront les atteintes à l'environnement et qui comporte les modalités de suivi de l'impact des travaux. Dans ces conditions et eu égard au moyen tel qu'il a été soulevé par les requérantes, celui-ci doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
23. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
24. Il ressort des pièces du dossier que le projet de construction de la gare aval du télésiège des crêtes se situe en zone rouge du PPRN communal. Le secteur est classé en zone X prescriptions fortes au titre du risque torrentiel et de glissement de terrain, du fait de la proximité du ruisseau du Chon. Toutefois, et d'une part, l'article 1er du règlement X du PPRN interdit toute construction nouvelle et utilisation du sol de quelque nature qu'elle soit dans le secteur. En revanche, l'article 2.4 de ce règlement précise que " les travaux, installations et ouvrages tels que lignes, pylônes et ainsi que les bâtiments (gares) nécessaires au fonctionnement et à usage exclusif des remontées mécaniques " ne font pas l'objet d'interdiction. Ainsi, les dispositions du règlement X du PPRN ne s'opposent pas au projet de construction. Si les requérantes soutiennent que le PPRN est ancien et caduc dans le cadre des conséquences du réchauffement climatique, outre qu'elles n'apportent pas d'élément à l'appui de leurs allégations, cette circonstance, à la supposer établie, reste sans incidence sur la légalité et l'applicabilité du PPRN et donc de l'arrêté attaqué.
25. D'autre part, l'avis de la MRAe du 24 décembre 2019 préconise que les installations, dont le bâti, soient adaptées au contexte de glissement de terrain et torrentiel, sur la base d'études justifiant leur stabilité et préconise également d'étendre l'étude hydraulique à des scénarios de crue avec charriage de lave torrentielle et risque d'érosion. Il est constant que l'avis conforme du préfet de la Haute-Savoie rendu le 22 juin 2021, qui assortit l'autorisation d'exécution des travaux en litige, reprend dans son point 5, ces préconisations sous forme de prescriptions au projet de construction. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
En ce qui concerne le raccordement du projet de construction au réseau d'électricité :
26. Aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. () ". Aux termes de l'article L. 332-6 du même code : " Les bénéficiaires d'autorisations de construire ne peuvent être tenus que des obligations suivantes : () 3° La réalisation des équipements propres mentionnées à l'article L. 332-15 () ". Aux termes de l'article L. 332-15 de ce code : " L'autorité qui délivre l'autorisation de construire, d'aménager, ou de lotir exige, en tant que de besoin, du bénéficiaire de celle-ci la réalisation et le financement de tous travaux nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction, du terrain aménagé ou du lotissement, notamment en ce qui concerne la voirie, l'alimentation en eau, gaz et électricité, les réseaux de télécommunication, l'évacuation et le traitement des eaux et matières usées, l'éclairage, les aires de stationnement, les espaces collectifs, les aires de jeux et les espaces plantés. / Les obligations imposées par l'alinéa ci-dessus s'étendent au branchement des équipements propres à l'opération sur les équipements publics qui existent au droit du terrain sur lequel ils sont implantés et notamment aux opérations réalisées à cet effet en empruntant des voies privées ou en usant de servitudes. () ". Il résulte de ces dispositions que, pour l'alimentation en électricité, relèvent des équipements propres à l'opération ceux qui sont nécessaires à l'alimentation de la construction ou du terrain jusqu'au branchement sur le réseau public d'électricité qui existe au droit du terrain, en empruntant, le cas échéant, des voies privées ou en usant de servitudes, ou, dans les conditions définies au troisième alinéa de l'article L. 332-15, en empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve dans ce dernier cas que le raccordement n'excède pas cent mètres. En revanche, pour l'application de ces dispositions, les autres équipements de raccordement aux réseaux publics d'électricité, notamment les ouvrages d'extension ou de branchement en basse tension, et, le cas échéant, le renforcement des réseaux existants, ont le caractère d'équipements publics.
27. Les requérantes soutiennent que le raccordement au réseau public d'électricité nécessite des travaux d'extension d'une longueur supérieure à 100 m, ce qui leur dénie la qualité d'équipements propres au sens de l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme. Toutefois, il ressort du plan des réseaux annexé à l'avis d'Enedis que le raccordement se fait à l'intérieur du terrain d'assiette du projet de construction. Ainsi, le projet ne nécessite pas des travaux d'extension du réseau d'électricité au-delà de 100 m pour leur raccordement au réseau public et constituent donc des équipements propres à la titulaire de l'autorisation d'exécuter les travaux. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions ci-dessus rappelées doit être écarté comme non fondé.
En ce qui concerne la compatibilité de l'autorisation d'exécuter les travaux avec l'orientation d'aménagement et de programmation patrimoniale :
28. Aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ". Pour apprécier la compatibilité d'un projet autorisé par une autorisation de construire avec une orientation d'aménagement et de programmation (OAP), il convient de rechercher si, au regard des caractéristiques concrètes du projet, des buts et contraintes de l'OAP, ledit projet contrarierait la réalisation des objectifs poursuivis par cette orientation.
29. Les requérantes affirment que le projet de construction implique le défrichement d'une partie de la ripisylve et la réalisation d'un remblai dans la bande des 5 mètres de la berge, ce qui est incompatible avec l'OAP patrimoniale du plan local d'urbanisme. Toutefois, il ressort de cette OAP qu'elle tend à maintenir ou restaurer les berges des cours d'eau qui sont identifiés dans son règlement graphique. Ainsi que les défendeurs le font valoir, les requérantes n'établissent pas que le ruisseau le Chon est identifié dans le règlement graphique de l'OAP patrimoniale qui est pourtant produit dans l'instance. En tout état de cause, il ressort du dossier d'autorisation d'exécution des travaux et notamment du plan de masse de la gare aval G1 que le remblai se situe à plus de 5 m de la berge du ruisseau. Dans ces conditions, le moyen selon lequel le projet de construction serait incompatible avec l'OAP patrimoniale doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance du règlement de la zone N du plan local d'urbanisme :
30. En premier lieu, aux termes de l'article 1 N " Occupations et utilisations du sol interdites " du règlement écrit de la zone N : " Dans l'ensemble de la zone N : Les occupations et utilisations du sol ne répondant pas aux conditions définies à l'article 2 ci-après sont interdites ". Aux termes de l'article 2 N " Occupations et utilisations du sol admises soumises à conditions particulières " : " () 2.9 Dans les secteurs du domaine skiable : - Les constructions, aménagements et installations nécessaires à l'exploitation et au développement des pistes de ski, ainsi que les constructions et installations de production de neige de culture, les installations techniques légères. / - Les ouvrages techniques nécessaires au fonctionnement des services publics ou d'intérêt collectif, sous réserve de prendre toutes les dispositions pour limiter au strict minimum la gêne qui pourrait en découler au regard du fonctionnement du domaine skiable () ".
31. Il ressort des pièces du dossier que le projet de construction est implanté, en application du règlement graphique en zone N " Secteur spécifique pour l'implantation de remontée mécanique de type téléski " du plan local d'urbanisme. Par conséquent, le projet de construction est soumis aux dispositions de l'article 2.9 du règlement écrit de la zone N. Par suite, l'invocation par les requérantes de l'article 2 de la zone N est inopérante et le moyen doit être écarté.
32. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4.2 " Assainissement des eaux usées " du règlement de la zone N : " Toute construction et installation occasionnant des rejets d'eaux usées doit être raccordée au réseau public d'assainissement par un dispositif d'évacuation de type séparatif, conforme aux recommandations techniques prescrites en application des annexes sanitaires du PLU. /- En l'absence de réseau public d'assainissement ou dans l'attente de son extension, toute construction ou installation génératrice d'eaux usées n'est admise que sous réserve des possibilités de mise en œuvre d'un dispositif d'assainissement autonome conforme aux recommandations techniques prescrites en application des annexes sanitaires du PLU. / - Les dispositifs d'assainissement non collectif seront réalisés de manière à pouvoir être mis hors service et permettre le raccordement au réseau public au moment de la création de ce dernier. / - L'évacuation d'eaux usées non traitées dans les rivières, les fossés ou réseaux d'eaux pluviales est interdite. () ".
33. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la notice descriptive PC 4 que la gare de départ comprend un sanitaire autonome réservé au personnel d'exploitation. Cet équipement ne nécessite ni un raccordement au réseau public, ni un dispositif d'assainissement non collectif, ainsi que l'a relevé le service communal de l'eau et de l'assainissement dans son avis sur le projet de construction. Par suite, le projet de construction ne méconnait pas les dispositions précitées. Le moyen doit être écarté.
34. En troisième lieu, aux termes de l'article 4.3 " Evacuation des eaux pluviales et de ruissellement " du règlement de la zone N : " Toute construction, toute installation, toute surface imperméable nouvellement créée (telle que terrasse, toiture, voirie), doit être équipée d'un dispositif d'évacuation des eaux pluviales conforme aux recommandations techniques prescrites en application des annexes sanitaires du PLU et du règlement des eaux pluviales. ".
35. Il ressort du zonage de l'assainissement " volet eaux pluviales - annexes sanitaires - volet eaux pluviales " annexé au plan local d'urbanisme au titre des annexes sanitaires que le secteur d'implantation des constructions ne figure pas parmi les zones dans lesquelles des mesures doivent être prises pour limiter l'imperméabilisation des sols et pour assurer la maitrise du débit et de l'écoulement des eaux pluviales et de ruissellement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4.3 du règlement de la zone N du plan local d'urbanisme doit être écarté comme inopérant.
36. En dernier lieu, aux termes de l'article 13.2 du règlement de la zone N, dans sa version en vigueur : " () Les berges naturelles des cours d'eau doivent être aménagées ou maintenues en espaces verts en pleine terre sur une profondeur minimum de 5 m par rapport au sommet des berges ou de l'axe des cours d'eau identifiés dans l'OAP patrimoniale (pièce n° 5-2), à adapter selon les situations topographiques ".
37. Ainsi qu'il a été dit précédemment, le ruisseau du Chon n'a pas été identifié au titre de l'OAP patrimoniale. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se référer à la distance de 10 m mentionnée dans les schémas figurant à l'article 13.2 du règlement de la zone N, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 13.2 du règlement de la zone N doit être écarté comme inopérant.
38. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C et Mme G ne sont pas fondées à demander l'annulation de l'arrêté du 5 janvier 2022 de la maire de la commune de Megève.
Sur les frais de justice :
39. Les conclusions présentées par Mme C et Mme G, partie perdante dans l'instance, sont rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par la commune de Megève et la société anonyme des remontées mécaniques de Megève en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme C et de Mme G est rejetée.
Article 2 : Les conclusions des parties tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la commune de Megève et à la SA des remontées mécaniques de Megève.
Copie en sera adressée à la préfète de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 25 mars 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Mathieu Sauveplane, président,
- Mme Céline Letellier, première-conseillère,
- Mme B A, première-conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2025.
La rapporteure,
C. E
Le président,
M. F
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne à la préfète de la Haute-Savoie en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026