Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2201317

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2201317
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique 7

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 mars 2022, M. B A demande au tribunal de prononcer la décharge partielle des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties et de taxe d'habitation auxquelles il a été assujetti au titre des années 2020 et 2021 à raison d'une maison située 3004 Route de la Fretallaz à Fillière (Haute-Savoie).

Il soutient que :

- la valeur locative de son habitation est fondée sur un coefficient d'entretien trop élevé au regard de l'état réel de ce logement et qui devrait être ramené de 120 à 100 ou à défaut à 110 ;

- sa demande est fondée au regard du paragraphe 370 du BOI-IF-TFB-20-10-20-50 publié le 10 décembre 2012 ;

- la décision contestée est entachée d'un vice de forme en ce qu'elle mentionne une disposition du code général des impôts qui n'existe pas.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 août 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. L'Hôte, vice-président, a été entendus au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A est propriétaire d'une maison à usage d'habitation située 3004 route de Frétallaz à Fillière (Haute-Savoie). Il a été assujetti à raison de ce bien à la taxe foncière sur les propriétés bâties et à la taxe d'habitation au titre des années 2020 et 2021. Par une réclamation contentieuse du 17 décembre 2021, il a sollicité le dégrèvement de ces impositions. Le 4 janvier 2022, l'administration fiscale a rejeté sa demande. M. A demande au tribunal d'ordonner la décharge des impositions contestées.

2. Aux termes de l'article 1388 du même code général des impôts : " La taxe foncière sur les propriétés bâties est établie d'après la valeur locative cadastrale de ces propriétés déterminée conformément aux principes définis par les articles 1494 à 1508 et 1516 à 1518 B et sous déduction de 50 % de son montant en considération des frais de gestion, d'assurances, d'amortissement, d'entretien et de réparation ". Aux termes de l'article 1409 du même code, dans sa rédaction applicable en l'espère : " La taxe d'habitation est calculée d'après la valeur locative des habitations et de leurs dépendances, telles que garages, jardins d'agrément, parcs et terrains de jeux. / Cette valeur locative est déterminée selon les règles définies aux articles 1494 à 1508, 1516 à 1518 A ter et 1518 A quinquies ". Aux termes de l'article 1494 de ce code : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la taxe d'habitation ou d'une taxe annexe établie sur les mêmes bases est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte. ". Aux termes de l'article 1495 du code : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation. ".

3. Selon l'article 324 P de l'annexe III au code général des impôts : " La surface pondérée comparative de la partie principale augmentée, le cas échéant, en ce qui concerne la maison, de la surface pondérée brute des éléments visés au b du I de l'article 324 L, est affectée d'un correctif d'ensemble destiné à tenir compte, d'une part, de l'état d'entretien de la partie principale en cause, d'autre part, de sa situation. Ce correctif est égal à la somme algébrique des coefficients définis aux articles 324 Q et 324 R ". En vertu du barème figurant à l'article 324 Q de cette annexe, le coefficient d'entretien de 1,20 correspond à un état d'entretien " Bon -Construction n'ayant besoin d'aucune réparation ", celui de 1,10 correspond à un état " Assez bon - construction n'ayant besoin que de petites réparations " et celui de 1 à un état " Passable - Construction présentant, malgré un entretien régulier, des défauts permanents dus à la vétusté, sans que ceux-ci compromettent les conditions élémentaires d'habitabilité ". Enfin, en application de l'article 1415 du même code, la taxe foncière sur les propriétés bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition.

4. En premier lieu, les vices qui affectent la décision de rejet de la réclamation préalable du contribuable sont sans incidence sur la régularité de la procédure d'imposition et sur le bien-fondé de l'imposition. Par suite, M. A ne peut utilement faire valoir que la décision du 4 janvier 2012 ayant rejeté sa réclamation viserait par erreur l'article 1324 Q du code général des impôts, alors en outre que la même décision mentionne antérieurement l'article 324 Q de l'annexe III.

5. En second lieu, pour contester le coefficient d'entretien de 1,2 attribué à son habitation, M. A invoque la vétusté de son bien construit en 1999, notamment le mauvais état des portes et fenêtres, des planchers, des plafonds ou encore des balcons et poutres extérieurs affectés par les aléas climatiques. Toutefois, il ne produit aucun élément à l'appui de ses allégations et ne démontre pas, ainsi, que l'état réel de sa maison était de nature à justifier une réduction du coefficient d'entretien. Il ne peut utilement se prévaloir à cet égard du paragraphe 370 du BOI-IF-TFB-20-10-20-50 publié le 10 décembre 2012 qui ne comporte pas d'interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il est fait application.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

V. L'HÔTELa greffière,

L. ROUYER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.