Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2201713
mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2201713 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 mars 2022, Mme C B demande au tribunal d'annuler la décision du 9 février 2022 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Isère n'a fait que partiellement droit à sa demande de remise gracieuse d'un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 423 euros.
Elle soutient que l'indu est infondé dès lors que celui-ci résulte d'une déclaration tardive auprès des services fiscaux de 3 000 euros de pension alimentaire qu'elle avait déjà déclarés en 2019 aux services de la caisse d'allocations familiales.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 9 janvier 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que l'indu est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience publique.
Ont été entendus au cours de l'audience tenue le 25 septembre 2024 :
- le rapport de M. A,
- et les observations de Mme B.
La clôture d'instruction a été fixée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a bénéficié de l'allocation de logement sociale de novembre 2016 à avril 2021. Le 12 juin 2021 suite à une communication avec les services fiscaux, la caisse d'allocations familiales a retenu que Mme B n'avait pas déclaré 3 722 euros de pensions alimentaires pour l'année 2019 et a généré un indu d'allocation de logement sociale de 423 euros pour la période de janvier à avril 2021. Elle a demandé la remise gracieuse de cette somme. Par une décision du 9 février 2022, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Isère a fait partiellement droit à sa demande et lui a accordé une remise de 317,25 euros de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : () 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement. ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'allocation de logement sociale, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prime d'activité ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
4. Pour demander la remise gracieuse de sa dette, Mme B expose qu'elle a régulièrement déclaré l'ensemble de ses ressources et que la pension alimentaire de 3 000 euros déclarée tardivement auprès des services fiscaux avait été déclarée à temps auprès de la caisse d'allocations familiales. Toutefois, ce moyen se rapporte au bien-fondé de l'indu et ne peut être avancé à l'occasion d'une demande de remise gracieuse qui n'a pas pour objet de remettre en cause l'existence de la dette mais seulement à réduire partiellement ou totalement celle-ci au regard de la situation de précarité du requérant. Par ailleurs, Mme B ne soutient ni même n'allègue qu'elle se trouverait dans une situation financière l'empêchant de rembourser la somme de 105,75 euros restant due, au besoin en demandant un échelonnement des paiements. Par conséquent, elle n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 9 février 2022 ainsi que la remise gracieuse totale de sa dette.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la caisse d'allocations familiales de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
Le président,
J-P. ALa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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