vendredi 31 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2201876 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 7 |
| Avocat requérant | COLIN GADY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 mars 2022, le Syndicat national de l'enseignement privé UNSA (SNEP-UNSA), représenté par l'AARPI Colin Gady Puissant avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler le refus implicite de la rectrice de l'académie de Grenoble de lui communiquer la liste des agents bénéficiant d'une réduction de service pour activités syndicales des établissements privés sous contrat des premier et second degrés au 1er octobre 2021, la liste des dotations horaires de tous les collèges et lycées privés sous contrat de l'académie en heures postes, en heures supplémentaires années et en indemnités de missions particulières, la liste des dotations aux directeurs délégués à la formation professionnelle et technique et aux professeurs documentalistes de tous les collèges et lycées privés sous contrat de l'académie pour la rentrée 2021-2022, enfin la copie des tableaux de répartition des moyens horaires validés au 1er octobre 2021 des établissements 0070069M, 0070114L, 0070115M, 0381806G, 0381738H, 0381809K, 0730772T, 0730774V, 0730773U, 0740143D, 0740148J, 0740152N, 0740155S, 0741285V, 0741287X, 0383208F, 0071126L, 0260074P, 0380018N, 0381666E, 0383208F, 0740082M, 0740098E, 0730763H, 0730760E ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Grenoble de lui communiquer les documents sollicités dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 700 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée en violation des articles L. 211-2 et L. 221-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- les documents demandés sont communicables en application des articles L. 311-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration ;
- la communication de la liste des agents titulaires de mandats syndicaux ne méconnaît pas les exigences de protection de la vie privée ;
- la Commission d'accès aux documents administratifs a émis un avis favorable à sa demande.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2023, la rectrice de l'académie de Grenoble conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la requête n'a plus d'objet dès lors qu'elle a donné satisfaction au syndicat requérant.
Par un nouveau mémoire enregistré le 14 avril 2023, le SNEP-UNSA conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens.
Il soutient que les documents qui lui ont été communiqués ne satisfont que partiellement sa demande dès lors que les dotations horaires établissement par établissement n'y figurent pas et qu'aucun des tableaux de répartition des moyens horaires n'a été transmis.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'Hôte, vice-président,
- les conclusions de M. Heintz, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 14 octobre 2021, le Syndicat national de l'enseignement privé UNSA (SNEP-UNSA) a demandé à la rectrice de l'académie de Grenoble de lui communiquer des documents administratifs, à savoir la liste des agents avec une réduction de service pour activités syndicales des premier et second degrés privé sous contrat au 1er octobre 2021, la liste des dotations horaires de tous les collèges et lycées privés sous contrat de l'académie en heures postes, en heures supplémentaires années et en indemnités de missions particulières (IMP), la liste des dotations aux directeurs délégués à la formation professionnelle et technique (DDFPT) et aux professeurs documentalistes de tous les collèges et lycées privés sous contrat de l'académie pour la rentrée 2021-2022, enfin la copie des tableaux de répartition des moyens horaires (TRMd) validés au 1er octobre 2021 des établissements 0070069M, 0070114L, 0070115M, 0381806G, 0381738H, 0381809K, 0730772T, 0730774V, 0730773U, 0740143D, 0740148J, 0740152N, 0740155S, 0741285V, 0741287X, 0383208F, 0071126L, 0260074P, 0380018N, 0381666E, 0383208F, 0740082M, 0740098E, 0730763H, 0730760E. En l'absence de réponse, il a saisi le 19 novembre 2021 la Commission d'accès aux documents administratifs qui a rendu, le 13 janvier 2022, un avis favorable sous réserve pour certains documents qu'ils existent. N'ayant pas obtenu satisfaction à la suite de cet avis, le SNEP-UNSA demande l'annulation de la décision par laquelle la rectrice de l'académie de Grenoble a implicitement confirmé son refus de communiquer les documents demandés.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions. / () ". Aux termes de l'article L. 311-1 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. ".
3. Les dispositions précitées des articles L. 311-1 et L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration n'imposent pas à l'administration d'élaborer un document dont elle ne disposerait pas pour faire droit à une demande de communication. En revanche, constituent des documents administratifs au sens de ces dispositions les documents qui peuvent être établis par extraction des bases de données dont l'administration dispose, si cela ne fait pas peser sur elle une charge de travail déraisonnable.
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la rectrice de l'académie de Grenoble a communiqué en cours d'instance au syndicat requérant la liste des agents ayant bénéficié d'une réduction de service pour activités syndicales. La demande du SNEP-UNSA est dès lors devenue sans objet sur ce point.
5. En deuxième lieu, la rectrice de l'académie de Grenoble a versé à l'instance un extrait du rapport de la réunion de la commission académique de concertation en matière d'enseignement privé qui s'est tenue le 26 février 2021, faisant apparaitre la répartition des moyens des premier et second degrés pour la rentrée scolaire 2021. Toutefois, contrairement à ce qu'elle soutient, cette communication n'est pas de nature à satisfaire la demande du syndicat requérant dès lors que l'extrait produit comporte des données uniquement par département et non pour chaque établissement, ainsi que l'avait demandé le syndicat. De plus, et comme le fait valoir le SNEP-UNSA, la rectrice de l'académie de Grenoble n'a pas produit la copie des tableaux de répartition des moyens horaires pour les établissements visés dans le courrier du 14 octobre 2021. La requête du syndicat n'est dès lors pas dépourvue d'objet concernant ses autres demandes.
6. Dans son mémoire en défense, la rectrice de l'académie de Grenoble relève que la Commission d'accès aux documents administratifs a émis une réserve dans son avis du 13 janvier 2022, tenant à ce que les documents demandés existent et soient finalisés. Toutefois, elle ne soutient pas formellement que tel ne serait pas le cas des documents voulus par le SNEP-UNSA. Elle n'allègue pas, en particulier, que ces documents ne pourraient pas être établis par extraction des bases de données dont l'administration académique dispose, ni qu'une telle opération ferait peser sur ses services une charge de travail déraisonnable. Elle ne fait pas valoir que les documents en cause, qui constituent des documents administratifs au sens de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration, ne seraient pas communicables en vertu de l'article L. 311-5 du même code ou qu'ils comporteraient des informations faisant obstacle à leur communication à des tiers en vertu de l'article L. 311-6 de ce code. Par suite, le SNEP-UNSA est fondé à soutenir que la liste des dotations horaires et la liste des dotations aux directeurs délégués à la formation professionnelle et technique et aux professeurs documentalistes, établie établissement par établissement, ainsi que la copie des tableaux de répartition des moyens horaires pour tous les établissements spécifiquement visés dans le courrier du 14 octobre 2021, constituent des documents administratifs qui lui sont communicables, et que le refus de la rectrice de l'académie de Grenoble de les communiquer est entaché d'illégalité.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur l'autre moyen de la requête, que le SNEP-UNSA est fondé à demander l'annulation de la décision de la rectrice de l'académie de Grenoble uniquement en tant qu'elle refuse de lui communiquer les documents mentionnés au point 6.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. L'exécution du présent jugement implique que la rectrice de l'académie de Grenoble communique au SNEP-UNSA la liste, établie par établissement de l'académie, des dotations horaires et des dotations aux directeurs délégués à la formation professionnelle et technique et aux professeurs documentalistes pour la rentrée 2021, ainsi que la copie des tableaux de répartition des moyens horaires pour tous les établissements spécifiquement visés dans le courrier du 14 octobre 2021 validée au 1er octobre 2021. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin, en l'état de l'instruction, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'annulation du Syndicat national de l'enseignement privé UNSA en tant qu'elle porte sur la liste des agents ayant bénéficié d'une réduction de service pour activités syndicales au 1er octobre 2021.
Article 2 : Le refus de la rectrice de l'académie de Grenoble de communiquer au Syndicat national de l'enseignement privé UNSA les autres documents demandés tels que mentionnés au point 6, est annulé.
Article 3 : Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Grenoble de communiquer les documents mentionnés au point 8 dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera au Syndicat national de l'enseignement privé UNSA la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié au Syndicat national de l'enseignement privé UNSA et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Grenoble.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.
Le magistrat désigné,
V. L'HÔTE
La greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2201876
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026