Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2201916
jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2201916 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEGA-CITE |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 mars et 6 décembre 2022, 8 septembre 2023 et 29 janvier 2024 M. et Mme AK, A et Mme AZ et AP G F, A et Mme BB, M. S, M. AU et Mme O, Mme N, M. et Mme U, M. et Mme AI, Mme Y, M. et Mme AG AN, Mme P, M. AE, M. et Mme AR, Mme AT, M. Q AN, M. AQ, M. et Mme AS, M D, M. et Mme AV, M. et Mme H, Mme T et M. AY, Mme AB, M. AA, M. et Mme K, M. M, M. AO, Mme AM, M. et Mme J, M. et Mme AD, Mme AF, M. et Mme AL, M. C AD, M. AJ AN, Mme BA AN, M. V, Mme Z, M. R, M. AX, Mme W, M. E, M. I, Mme B X, M. et Mme AC et BC G F l'association Patrimoine et Environnement et l'association d'Etudes Fouriéristes représentés par Me Millet, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2021 par lequel le maire de la commune de Pontcharra a délivré à la SCCV Le Triptik un permis de construire trois bâtiments de cinquante et un logements, ensemble le rejet de leur recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 octobre 2022 par lequel le maire de la commune de Pontcharra a délivré un permis de construire modificatif à la SCCV Le Triptik ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Pontcharra et de la SCCV Le Triptik une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les avis du service des eaux et de l'assainissement et du syndicat intercommunal SIBRECSA sont irréguliers ;
- le dossier de permis est incomplet au regard de l'article R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme dès lors que la notice et les photographies ne permettent pas d'envisager l'insertion du projet dans son environnement et notamment par rapport au constructions avoisinantes ;
- le projet méconnaît l'article 5. II. 1. 1. du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation par rapport aux voies et emprises publiques ;
- le projet méconnaît l'article 5. II. 1. 2. du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation par rapport aux limites séparatives ;
- le projet méconnaît l'article 5. II. 1. 3. du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions sur une même propriété ;
- le projet méconnaît l'article 5. II. 1. 4. du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme relatif au nombre de niveaux et à la hauteur des constructions ;
- le projet méconnaît l'article 5. II. 2. du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme relatif à l'aspect extérieur des constructions s'agissant, en général, de l'insertion du projet dans l'environnement architectural et s'agissant, en particulier, des attiques projetés qui ne respectent pas un recul minimal de 1,50 mètres par rapport au nu de chaque façade, des couleurs des façades, des toitures plates, des clôtures et du local-poubelles ;
- le sous-dimensionnement des ouvrages de rétention porte atteinte à la sécurité publique en méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le projet méconnaît l'article 5. II. 3. du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme relatif au patrimoine végétal de la commune ;
- le projet méconnaît l'article 5. II. 4. du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme relatif au stationnement des deux roues ;
- le projet méconnaît le plan de prévention des risques naturels, les articles 5. I. 1., 5. I. 2. et 5.II.2.2 du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme relatif aux travaux autorisés dans la zone et l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en ce qui concerne les affouillements ;
- le projet méconnaît l'orientation d'aménagement et de programmation n° 8 et l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme s'agissant du trafic généré par le projet.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 novembre 2022, la commune de Pontcharra, représentée par Me Heinrich conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et demande en toute hypothèse de mettre à la charge des requérants une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 septembre 2022 et le 9 juin 2023, la SCCV Le Triptik, représentée par Me Bornard conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et demande en toute hypothèse de mettre à la charge de chacun des requérants une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- certains requérants ne produisent aucune pièce de nature à établir leur qualité de propriétaire ou d'occupant régulier comme le prévoit l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- la plupart des requérants n'ont pas intérêt à agir à l'encontre du projet, dont ils ne sont pas les voisins immédiats ou qui ne leur créera aucune nuisance ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Barriol,
- les conclusions de Mme Paillet-Augey, rapporteure publique,
- et les observations de Me Poncin, représentant les requérants, de Me Rochat, représentant la commune de Pontcharra et de Me Le Priol, pour la société Le Triptik.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 28 septembre 2021, le maire de Pontcharra a délivré à la SCCV Le Triptik un permis de construire trois immeubles collectifs comportant cinquante et un logements pour une surface de plancher totale de 3 470 m² sur les parcelles cadastrées section AN n° 19, 22 et 624 au 490 rue de la Scie au lieu-dit " Les Sarrées ". M. et Mme AK et autres ont formé un recours gracieux contre cet arrêté par courrier du 29 novembre 2021 reçu par la commune le 2 décembre 2021 et implicitement rejeté deux mois plus tard, le 2 février 2022. Par un arrêté du 7 octobre 2022, le maire de Pontcharra lui a délivré un permis de construire modificatif, portant sur la modification des volumes du projet, la diminution du nombre de logements à quarante-neuf logements, de la surface de plancher et des surfaces de stationnement. Par la présente requête, M. et Mme AK et autres demandent l'annulation de l'arrêté du 28 septembre 2021, de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux et de l'arrêté du 7 octobre 2022.
Sur les désistements :
2. Par des mémoires, enregistrés respectivement le 19 juillet 2023 et le 8 septembre 2023, M. AO ainsi que M. et Mme AI ont déclaré se désister de leur requête. Ces désistements sont purs et simples et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il juge insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
5. D'autre part, aux termes de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l' article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation, du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant ".
6. Il ressort des pièces du dossier que plusieurs des requérants, à savoir M. et Mme AK, M. et Mme G F, M. et Mme L AW, M. et Mme AN, Mme P, M. et Mme AR, M. AE ou encore Mme Y sont voisins immédiats du projet, leurs propriétés jouxtant le terrain d'assiette du projet ou n'en étant séparées que par une voie. Ils justifient tous du caractère régulier de leur occupation. Compte tenu de l'importance du projet, qui porte sur trois immeubles collectifs de quarante-neuf logements, et de sa localisation, à proximité immédiate de la cité ouvrière de la Viscamine, ils disposent tous d'un intérêt à agir contre les décisions attaquées. La requête, contrairement à ce qui est soutenu en défense, est dès lors recevable en tant qu'elle émane de ces requérants.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Il peut, de même, être régularisé par un permis modificatif si la règle relative à l'utilisation du sol qui était méconnue par le permis initial a été entretemps modifiée. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
En ce qui concerne la régularité des avis émis par le service des eaux et de l'assainissement du Grésivaudan et le syndicat intercommunal du Bréda et de la combe de Savoie (SIBRECSA) :
8. Aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ".
9. Le 15 juillet 2021, le service des eaux et de l'assainissement du Grésivaudan a rendu un avis favorable au projet indiquant que le tènement du projet est desservi par le réseau public " rue de la Scie " et a estimé le montant de la participation pour le financement de l'assainissement collectif à un montant de 44 640 euros et le 29 juin 2021, le syndicat intercommunal SIBRECSA en charge de la gestion des déchets a également rendu un avis favorable assorti de recommandations. Si le pétitionnaire a déposé des pièces complémentaires postérieurement à ces deux avis, et notamment une notice VRD (voirie et réseaux divers) et a précisé la couleur de l'abri d'ordures ménagères, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces nouvelles pièces ont pu avoir une incidence sur le sens des deux avis rendus. Le moyen tiré d'un vice de procédure doit donc être écarté.
En ce qui concerne la composition du dossier de demande :
10. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Et aux termes de l'article R. 431-10 : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
11. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits sont insuffisants, imprécis ou comportent des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
12. D'une part, contrairement à ce qu'indiquent les requérants, la notice, bien qu'elle ne mentionne pas expressément la cité ouvrière de la Viscamine et son Phalanstère, précise notamment que " L'environnement immédiat est constitué de maisons individuelles ou de maisons mitoyennes, certaines constituant un ensemble homogène avec l'architecture du lycée tout proche, des petits immeubles collectifs aux toitures terrasses pour certains ou couverts de toitures tuiles pour d'autres, se trouvent également à proximité ". Elle est en outre accompagnée d'un plan de situation permettant de constater la localisation du terrain dans son environnement et d'un document graphique où figurent les constructions avoisinantes. Dans ces conditions, et même si les deux photographies de près et de loin ne montraient pas les maisons situées entre le lycée et le terrain d'assiette du projet, cette insuffisance n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
13. D'autre part, si le document graphique d'insertion initial prolongeait la clôture barreaudée prévue sur l'avenue du Lycée le long de la limite Sud, le document graphique du dossier de permis de construire modificatif a été modifié sur ce point. En outre, le plan de masse indique pour cette partie Sud " clôture nouvelle à créer selon notice paysagère " et cette notice paysagère mentionne en limite avec l'espace public une clôture à barreaudage en lames verticales afin de préserver l'intimité des logements en RDC le long de l'avenue du Lycée. Elle poursuit en indiquant que la limite Sud-Ouest est à créer et qu'est proposée la mise en place d'un grillage simple torsion. Cette notice paysagère comporte également un schéma avec une légende détaillant le type de clôture pour chaque limite séparative. Ainsi, il ressort sans ambiguïté de l'ensemble des documents que la limite Sud comportera une clôture en grillage simple torsion.
14. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de permis de construire doit être écarté.
En ce qui concerne l'implantation par rapport aux voies et emprises publiques :
15. Aux termes de l'article 5.II.1.1. Implantations par rapport aux voies du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme de la commune : " 1. Définitions. Champ d'application : les règles d'implantations mentionnées s'appliquent à l'ensemble des emprises et voies publiques et aux voies privées. L'implantation des constructions est définie par rapport aux limites actuelles ou futures des emprises publiques et à l'alignement des voies existantes ou à créer. / Limite d'application de la règle : / Les règles d'alignement s'appliquent au corps principal de la construction (les balcons soutenus par un ou des poteaux sont considérés comme faisant partie du corps principal du bâtiment), les encorbellements, saillies de toitures, balcons, escaliers extérieurs, pare-soleil, auvents, ou tout autre élément sur les façades vitrées permettant la protection solaire des constructions, n'étant pas pris en compte dans la limite de 1 mètre de dépassement de l'alignement et au-delà d'une hauteur d'au moins +3.50m par rapport à la chaussée (voir croquis ci-contre) et sous réserve de garantir le bon fonctionnement et la sécurité des voies. () Dans les secteurs UB, et dans le secteur UBv, les constructions nouvelles devront s'implanter à 3 m de l'alignement ou de la limite de fait entre le terrain et la voie () / 3. Dispositions particulières / : Il n'est pas fixé de règles d'implantation pour les équipements publics, les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêts collectifs ".
16. En premier lieu, il ressort du plan de masse du dossier de permis de construire modificatif qui matérialise par une ligne en pointillé rouge le retrait de trois mètres à respecter que les balcons situés en façade Ouest au droit de l'avenue du Lycée respectent les règles de recul prévues à l'article 5.II.1.1. du règlement précité. Les balcons situés à droite de la construction au droit de l'avenue du Lycée qui comportent des poteaux et font donc partie du corps du bâtiment selon les dispositions de l'article 5.II.1.1 du règlement et qui doivent donc être pris en compte pour le calcul du recul de la construction respectent la distance de trois mètres. S'agissant des balcons en milieu de façade qui sont dépourvus de poteaux, ledit article du règlement prévoit que les balcons ne sont pas pris en compte dans la limite d'un mètre de l'alignement. Par suite, l'arrêté attaqué ne méconnaît pas les dispositions de l'article 5.II.1.1 du règlement du règlement du plan local d'urbanisme.
17. En second lieu, le local à ordures ménagères du projet est une installation nécessaire aux services publics ou d'intérêts collectifs qui bénéficie des dispositions particulières du règlement précité prévoyant qu'il n'est pas fixé de règles d'implantation. Cette branche du moyen doit être également écarté.
En ce qui concerne l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives :
18. Aux termes de l'article 5.II.1.2 du règlement : " En zones UB et UC, les constructions doivent être implantées en retrait à une distance au moins égale à la moitié de la hauteur de la construction sans être inférieure à 4 mètres par rapport au point le plus proche de la limite séparative. Cette règle ne s'applique pas en cas de constructions groupées, maisons mitoyennes, sur la limite séparative sur laquelle elles sont jointives.
3. Dispositions particulières
Les annexes indépendantes, accolées ou intégrées au bâtiment principal peuvent être implantées sur limites séparatives à condition que leur hauteur sur limite ne dépasse pas 3m, soit en recul sans contraintes de recul à condition également que leur hauteur au plus près des limites ne dépasse pas 3m. () Il n'est pas fixé de règles d'implantation pour les équipements publics, les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêts collectifs ".
19. D'une part, il ressort du plan de façades (PC5.1) du dossier de permis de construire modificatif que le bâtiment C s'implante à plus de la moitié de sa hauteur au regard de la limite séparative, comme l'admettent d'ailleurs les requérants.
20. D'autre part, si le local à ordures ménagères s'établit à moins de 4 mètres de la limite Ouest, il s'agit d'une installation nécessaire aux services publics ou d'intérêts collectifs qui bénéficie des dispositions particulières du règlement précité prévoyant qu'il n'est pas fixé de règles d'implantation.
21. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5.II.1.2 du règlement doit être écarté.
En ce qui concerne l'implantation des constructions sur une même propriété :
22. Aux termes de l'article 5.II.1.3. Implantations les unes par rapport aux autres sur une même propriété de la zone UB du plan local d'urbanisme de la commune : " () En zone UB et UC, il est exigé une distance minimum de 4 m entre deux constructions principales (hors annexes) disjointes implantées sur une même propriété () ". Le glossaire du PLU définit les annexes comme " des bâtiments de petite dimension dont le fonctionnement est lié à la construction principale : garage, remise, abri bois, abri de jardin L'annexe ne peut être directement reliée au bâtiment principal, auquel cas il ne s'agirait plus d'une annexe mais d'une extension. ".
23. D'une part, le projet litigieux consiste, selon la notice, en l'édification de trois bâtiments en R+2+attiques disposés en U autour du jardin. La notice du dossier de permis de construire modificatif indique que ces bâtiments sont totalement séparés et distants les uns des autres de plus de 4 mètres. En outre, le plan de masse du dossier de permis de construire modificatif qui portait notamment sur l'implantation du bâtiment B fait apparaitre que le bâtiment A s'implante à une distance de plus de 4 mètres du bâtiment B en tout point. Ainsi, la distance prévue entre le bâtiment A et le bâtiment B de 4,67 mètres est conforme aux exigences des dispositions de l'article 5.II.1.3 du règlement.
24. D'autre part, il ressort de ce même plan de masse que l'escalier de secours du parking souterrain, qui est directement relié au bâtiment B et ne peut dès lors être qualifié d'annexe, s'implante à moins de 4 mètres du bâtiment C. Toutefois, il s'agit de la sortie de secours du parking situé en sous-sol. Cet escalier est enterré, ne dessert pas les étages supérieurs du bâtiment et ne crée donc aucune emprise au sol. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 5.II.1.3. doit être écarté.
En ce qui concerne le nombre de niveaux et la hauteur des constructions :
25. D'une part, aux termes de l'article 5. II. 1. 4. Hauteurs des constructions de la zone UB du plan local d'urbanisme de la commune : " 1. Définitions / • La hauteur des constructions est mesurée en tout point du bâtiment à partir du sol naturel avant travaux Jusqu'au sommet du bâtiment, ouvrages techniques, cheminées et autres superstructures exclus, à l'exception du remblai exigé en cas de risques naturels. Dans ce dernier cas, la hauteur est calculée à partir de la hauteur du remblai exigé. / • Au-dessus des limites fixées, seuls peuvent être réalisés des ouvrages indispensables à la construction et de faible emprise, tels que les souches de cheminées et de ventilation, les locaux techniques d'ascenseurs, les garde-corps ou acrotères transparents ou à claire-voie. / • Le terrain naturel est celui qui existe dans son état antérieur aux travaux entrepris pour la réalisation du projet de construction objet du permis. / 2. Hauteurs maximales () Dans la zone UB, le nombre maximum de niveaux est de R+2+Comble ou attique et la hauteur maximale des constructions est fixée à 13 mètres ". D'autre part, aux termes de l'article 5.II. 2. 3 architecture/volume : " () Pour les constructions nouvelles, lorsque un étage supplémentaire en attique est autorisé il sera en recul minimum de 1,50 m par rapport au nu de chaque façade (sauf ponctuellement pour la réalisation d'éléments techniques tels que les cages d'escaliers ou d'ascenseur par exemple) () ".
26. Il ressort de la notice du dossier de permis de construire modificatif que celui-ci a eu notamment pour objet de modifier les étages d'attiques en réduisant leur surface afin qu'elle soit inférieure à deux tiers de la surface des planchers de l'étage inférieur et, d'autre part, qu'ils respectent le recul de 1,50 m par rapport au nu de chaque façade. Les requérants concèdent eux-mêmes dans leurs écritures que le vice tiré de la méconnaissance de l'article 5. II. 1. 4. du règlement est régularisé par le permis de construire modificatif. Dès lors, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l'aspect extérieur :
27. En premier lieu, aux termes de l'article 5. II. 2. Qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère de la zone UB du plan local d'urbanisme de la commune : " 1. Généralités () / Il est rappelé que l'article R 111-27 du Code de l'Urbanisme est d'ordre public et reste applicable en présence d'un PLU : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. " / Pour tout projet de construction, il est fortement recommandé de prendre contact avec l'architecte conseil de la commune en amont de l'élaboration du projet pour une meilleure prise en compte de l'environnement naturel, physique et urbain et une intégration harmonieuse de la construction dans le paysage. / Le permis de construire peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les dispositions ci-après ne sont pas respectées. / Pour toute construction neuve, il est demandé : / • de composer des volumes, des façades et des toitures qui ne soient pas en rupture avec celles des constructions existantes, notamment dans les proportions des ouvertures et les matériaux employés en façades. / • de préserver l'intérêt paysager des lieux : vues dominantes sur le patrimoine bâti existant, caractère de lieux et des abords des constructions existantes (petits jardins, petits parcs, vergers) ".
S'agissant de l'insertion du projet dans son environnement :
28. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain au sens de cet article, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site
29. En l'espèce, le projet s'insère à l'angle de l'avenue du Lycée et de la rue de la Scie, à proximité immédiate de la cité ouvrière de la Viscamine. Cette cité datant de la fin du XIXème siècle est composée d'un phalanstère reconverti en lycée au milieu du XXème siècle et d'un ensemble très homogène de maisons ouvrières à deux pans. L'avenue du Lycée offre une belle perspective sur le lycée qui se situe à son extrémité et elle est elle-même bordée de maisons ouvrières recouvertes de toiture à pans et entourées de jardins. Le seul immeuble collectif dans le quartier se trouve à l'autre extrémité de l'avenue du Lycée. Le projet, qui comporte, selon le permis de construire modificatif quarante-neuf logements, jouxte immédiatement le quartier de la Viscamine et se trouve à une centaine de mètres du lycée. Il présente des dimensions importantes, tant par sa hauteur de plus de 12 mètres que par sa longueur de façade donnant sur l'avenue du Lycée par rapport aux maisons ouvrières environnantes. Cette façade urbaine " dite d'extérieur d'îlot " ne s'insère pas dans " l'ordonnancement de l'avenue " et ne contribue pas à la mise en perspective du lycée contrairement à ce qu'indique la notice. L'architecture volontairement retenue du projet est " en rupture avec les constructions plus anciennes munies de toitures deux pans, de petites baies vitrées et aux balcons mesurés " comme l'indique la notice. Ses toitures terrasses, ses nombreuses et larges ouvertures dotées d'embrassures dorées, et l'utilisation de parement en Alucobond doré confèrent une facture très contemporaine en rupture avec l'environnement architectural et urbain environnant. Par suite, et alors même que la couleur de l'enduit de façade au droit de l'avenue du Lycée a été modifiée au profit d'un gris clair ocré, les requérants sont fondés à soutenir que le projet porte atteinte au paysage urbain avoisinant.
S'agissant des toitures :
30. En deuxième lieu, aux termes de l'article 5. II. 2. Qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère de la zone UB du plan local d'urbanisme de la commune : " 5. Toitures / les toitures des constructions devront s'intégrer harmonieusement dans l'environnement bâti et naturel ()/ Les toitures plates ou à faible pente devront avoir un aspect compatible avec l'environnement bâti ou être végétalisées et si elles destinées à la rétention des eaux pluviales ".
31. D'une part, comme indiqué précédemment, le projet s'insère dans un quartier composé exclusivement de maisons individuelles avec des toitures à pans, à l'exception d'un immeuble collectif situé au début de l'avenue du Lycée. Le projet de trois bâtiments qui présentent chacun un dernier niveau en attique et une toiture terrasse, ne s'intègre pas harmonieusement dans l'environnement bâti. Les requérants sont fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions précitées.
32. D'autre part, il ressort du plan de toiture PC5.3 que les trois bâtiments ont des toitures terrasses " toundra " et sont donc végétalisées ce qui permettra la rétention des eaux pluviales. En outre, la notice " VRD " du dossier de permis de construire indique que l'étude du bureau Kaena du 26 août 2020 a confirmé que la gestion des eaux pluviales par infiltration était envisageable, que la totalité des eaux pluviales collectées seraient gérées par infiltration sur le site et qu'il n'est pas prévu de raccordement au réseau d'eaux pluviales public existant. Le dimensionnement de l'ouvrage/infiltration a été estimé par cette étude à 32 m2 pour un projet initial avec une emprise au sol de 3 470 m2. Si le plan de principe des réseaux du dossier de permis de construire initial mentionnait un volume de 32 m2, cet ouvrage a été réduit à 28 m2 compte tenu de la diminution de la surface de plancher du projet de 3 470 m2 à 3 378 m2. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que ce dimensionnement est sous-évalué et présente un quelconque risque pour la sécurité publique.
S'agissant des clôtures :
33. Aux termes de l'article 5. II. 2. Qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère de la zone UB du plan local d'urbanisme de la commune : " 8. Clôtures / () Toutefois, pour les pétitionnaires qui souhaitent clore leur propriété, les clôtures doivent être d'aspect sobre, en concordance avec le paysage environnant et les usages locaux quant à leurs hauteurs, leurs couleurs et leurs matériaux. L'implantation des clôtures ne doit pas créer une gêne pour la circulation publique notamment en diminuant la visibilité de la circulation sur les voies. / Il conviendra d'aborder la clôture en fonction de sa localisation et sa situation dans le quartier. Elle ne sera pas traitée de la même manière en bordure du domaine public (rue, espace public, circulation), sur les limites de propriétés, ou en bordure d'espaces naturels ou agricoles. / Dans les espaces construits en continu, ou en bordure d'espaces de circulation ou des espaces publics (rue, place, parking,), les clôtures devront contribuer à assurer la continuité du bâti ou des espaces équipés. / Les clôtures en bordure des voies ou sur limites séparatives doivent être constituées soit par des haies vives, soit par des grillages ou tous autres dispositifs à claire voie, comportant ou non un mur bahut, soit par un mur plein maçonné en pierre apparente ou enduit. La hauteur totale des clôtures ne doit pas dépasser 1.80 mètres (). Dans les secteurs affectés par des risques d'inondations, de crues torrentielles, de ruissellement sur versant, les clôtures devront permettre la libre circulation des eaux de débordement ou de ruissellement, on évitera les clôtures pleines. Aucun mur plein ne sera toléré. / Les portails seront les plus simples possibles et devront s'intégrer à la construction (matériaux, couleurs, traitement des piliers). ".
34. En premier lieu, il ressort du volet paysager du dossier de demande de permis de construire que pour la clôture donnant sur l'avenue du Lycée est envisagée " une clôture en serrurerie à barreaudage en lames verticales. Ce type de modèle masque d'avantage la vue et permettra de préserver l'intimité des logements RDC le long de l'avenue du Lycée ". Il ressort tant de la notice architecturale qui comporte un exemple de barreaudage que des plans de façades ainsi que du document graphique d'insertion qu'il s'agit bien d'une clôture à claire voie comme exigé par les dispositions précitées en bordure de voies. Les requérants ne sont ainsi pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions précitées sur ce point.
35. En deuxième lieu, le terrain d'assiette du projet se situe en zone de risques de crues rapides des rivières d'aléa faible (zone Bc1) au plan de prévention des risques naturels (PPRN). Or, le règlement du plan local d'urbanisme prévoit que dans les secteurs affectés par des risques notamment d'inondations, les clôtures devront permettre la libre circulation des eaux de débordement ou de ruissellement et aucun mur plein ne sera toléré. Dès lors, le permis de construire modificatif ne pouvait autoriser la réalisation d'un muret pour la clôture au droit de l'avenue du Lycée. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5. II. 2. du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme doit être accueilli dans cette mesure.
36. En troisième lieu, il ressort de la notice architecturale que le portail et les portillons seront traités de manière similaire aux clôtures barreaudées. Dans ces conditions, le portail et les portillons s'intègrent à la construction et le moyen doit être écarté.
S'agissant des façades :
37. Aux termes de l'article 5. II. 2. Qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère de la zone UB du plan local d'urbanisme de la commune : " 4. Aspect des façades () Le noir, le blanc pur et les couleurs vives sont interdites. Ces couleurs ne pourront être utilisées que ponctuellement (par exemple pour les menuiseries). Les couleurs aux tons naturels seront privilégiées (brun, marron, gris, beige,). Un nuancier est disponible en mairie () ".
38. Il ressort du dossier de demande de permis de construire modificatif qui a eu notamment pour objet de modifier la couleur de l'enduit des façades que ce dernier est dorénavant en gris ocré clair. La notice précise que la façade urbaine, dite d'extérieur d'îlot qui court notamment sur l'avenue du Lycée est traitée de façon sobre en gris clair ocré s'insérant ainsi dans l'ordonnancement du lycée. Toutefois, l'ensemble des embrassures des fenêtres sont demeurées de la couleur dorée et l'intégralité du bâtiment B comporte un attique en Alubucond doré, ce qui ne permet pas de considérer que cette couleur dorée, qui est une couleur vive, n'est utilisée que ponctuellement comme l'autorise le règlement précité. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5. II. 2. du règlement du plan local d'urbanisme doit être accueilli dans cette mesure.
S'agissant du local à ordures ménagères :
39. La notice architecturale du projet mentionne que le local à ordures ménagères est totalement habillé de lames de bois naturel. Le plan PC5-4 " Ordures ménagères " précise qu'il s'agit d'une structure béton habillée de bois avec un toit toundra. Il ne ressort pas des pièces du dossier que ce local de taille modeste ne s'intégrerait pas harmonieusement à l'environnement bâti et naturel.
En ce qui concerne la préservation du patrimoine végétal :
40. Aux termes de l'article 5. II. 3. du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme : " 4. Patrimoine végétal : L'ensemble des éléments du patrimoine végétal ou naturel de la commune à préserver est repéré au règlement graphique. / Lorsque ce sont des espaces paysagers à conserver et / ou à mettre en valeur, le projet devra tenir compte de leur rôle dans la structuration paysagère à l'échelle de la commune. / Sur ces espaces, les travaux ayant pour effet de détruire ou de porter atteinte à un bosquet, une haie ou la ripisylve d'un cours d'eau repérés au plan de zonage au titre de l'article L.151-23 doivent faire l'objet d'une autorisation d'urbanisme. / Cette dernière pourra être refusée ou soumise à des conditions particulières si les travaux sont de nature à leur porter atteinte de manière irrémédiable, les principaux critères de décision étant l'état sanitaire des arbres, la fonction précise de la haie, la sécurité, la fonctionnalité agricole et la fonctionnalité des accès. / En cas d'arrachage, en tant que mesure compensatoire, un bosquet, une haie ou une ripisylve devra être conservé à au moins 80% de la surface impactée (linéaire/surface supérieur ou équivalent). Une dérogation à l'obligation de replantation pourra être obtenue lorsque le projet est nécessaire à la création d'un accès. / Dans le cas où un terrain est concerné par un bosquet, une haie ou de la ripisylve, figurant au plan de zonage, les constructions, ouvrages et travaux situés à proximité sont autorisés à condition qu'ils ne soient pas de nature à porter atteinte à l'intégrité écologique, agronomique et hydraulique de ce bosquet, de cette haie ou de la ripisylve ".
41. Le terrain d'assiette du projet est bordé en limite nord par une haie repérée au plan local d'urbanisme comme un élément du patrimoine végétal à conserver en application de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme. Il ressort du volet paysager du dossier de demande de permis de construire modificatif et notamment du plan du cœur d'îlot que ce cordon boisé en limite Nord de la propriété n'est qu'en partie préservé puisque deux arbres seront supprimés. En outre, l'implantation des bâtiments A et C issue du permis de construire modificatif rapprochent les sous-sols de ces deux bâtiments du champ racinaire des arbres situés de part et d'autre de la haie alors que la création de ces sous-sols nécessitera l'utilisation de parois berlinoises. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5.II.3. du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme doit être accueilli.
En ce qui concerne le stationnement des deux roues :
42. Aux termes de l'article 5. II. 4. 2. Stationnement des cycles et deux roues du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme : " Des stationnements pour les deux roues (vélos, motos) devront être prévus pour les constructions destinées à l'habitat dans les opérations de logements collectifs, aux bureaux ou aux commerces de plus de 300 m2 de surface de plancher et pour les projets d'équipements collectifs et publics. / Un espace de stationnement d'une surface minimum de 5 m2 devra être aménagé. Cette disposition ne s'applique ni aux constructions existantes, ni aux extensions de constructions existantes. () / Pour les constructions à usage d'habitation, les locaux seront couverts et clos et seront soit intégrés aux constructions soit facilement accessibles depuis l'espace public par un cheminement praticable sans discontinuité. / Surfaces requises/ Habitations : 1,5 m2 minimum par tranche de 70 m2 de surface de plancher, sans être inférieur, dans la mesure du possible à 1,5 m2 / logement ".
43. Le projet modifié nécessite une surface de 72 m2 dédiée aux deux roues. Or, il ressort du plan de sous-sol du dossier de permis de construire modificatif que deux locaux couverts et clos dédiés sont réservés exclusivement au stationnement des deux roues pour une surface d'environ 65 m2. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5. II. 4. 2 du règlement doit être accueilli.
En ce qui concerne les affouillements et le risque d'inondation :
44. D'une part, aux termes de l'article 5. I. 1. du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme relatif aux constructions, usages des sols et activités interdites : " () / § Les affouillements ou exhaussements du sol s'ils ne sont pas indispensables aux constructions et installations autorisées (application du PPRN et du PPRI) ainsi que les exploitations de carrière ". Et aux termes de l'article 5.I.2. du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme relatif aux constructions, usages des sols et activités soumises à conditions particulières : " Outre les constructions qui ne sont pas interdites, sont autorisés sous conditions : () / § Les affouillements et exhaussements de sol sont autorisés à condition qu'ils soient indispensables aux constructions et installations autorisées dans la zone ou à leur desserte ". Enfin, l'article 5.II.2.2 du règlement de la zone UB dispose que : " La construction s'adaptera au terrain naturel et non l'inverse. Son implantation tiendra compte de la topographie et du niveau de la voie de desserte afin de ne pas nécessiter d'importants terrassements (affouillements et exhaussements et la réalisation d'importantes plateformes artificielles tant pour la construction que pour les accès. Les affouillements et les exhaussements sont limités à 1 mètres. Les trémies d'accès au garages enterrés ne sont pas soumises à cette limitation (sauf prescription du PPR) ".
45. D'autre part, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations". En vertu du règlement du plan de prévention des risques naturels de la zone Bc1, applicable au projet, correspondant à un risque de crue rapide de rivière, les parties de bâtiment situées sous la cote de référence de + 0,50 ne peuvent être ni aménagées, sauf protection par cuvelage étanche jusqu'à cette cote, ni habitées.
46. En l'espèce, les affouillements prévus par le projet sont indispensables à la construction autorisée dès lors qu'ils correspondent uniquement au niveau de stationnement souterrain. En outre, la règle interdisant les affouillements de plus d'un mètre n'a pas vocation à interdire la réalisation de stationnement en souterrain. Enfin, l'arrêté autorisant le projet comporte une prescription sur le risque de crue qui subordonne la réalisation du projet au respect des règles énoncées par le règlement de la zone Bc1. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées doivent être écartés.
En ce qui concerne les risques en matière de circulation :
47. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". L'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) n° 8 a pour objectif de sécuriser des modes de déplacement doux et identifie plusieurs pistes cyclables dont une le long de l'avenue du Lycée.
48. Le projet, dont l'accès est prévu rue de la Scie, se situe dans une zone déjà urbanisée. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il engendrera un trafic supplémentaire tel qu'il sera de nature à créer un risque particulier au croisement de la rue de la Scie et de l'avenue du Lycée alors que le croisement entre ces deux rues s'opère à angle droit avec une excellente visibilité sur la piste cyclable et les cars empruntant l'avenue du Lycée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et de l'incompatibilité du projet avec l'OAP n° 8 Entrée de ville et Liaison douces doit être écarté.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
49. L'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dispose que : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
50. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
51. Les vices dont le présent jugement reconnaît, aux points 29, 31, 35, 38, 41 et 43 qu'ils entachent d'illégalité les permis de construire en litige, apparaissent susceptibles de faire l'objet d'un permis de construire de régularisation. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et de fixer à la société le Triptik et à la commune de Pontcharra un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement aux fins de produire la mesure de régularisation nécessaire.
D E C I D E :
Article 1er: Il est donné acte du désistement de M. et Mme AI et de M. AH AO.
Article 2 : Il est sursis à statuer sur la requête, jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, imparti à la SCCV le Triptik et à la commune de Pontcharra pour notifier au tribunal une mesure de nature à régulariser les vices tirés de la méconnaissance des articles 5.II.2, 5.II.3 et 5.II.4.2 du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme.
Article 3 : Tous droits sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme AZ et AP AK en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la commune de Pontcharra et à la SCCV Le Triptik.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
Mme Barriol, première conseillère,
Mme Galtier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.
La rapporteure,
E. Barriol
Le président,
P. ThierryLa greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2201916