LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2201918

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2201918

mardi 25 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2201918
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantLANTHEAUME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 mars 2022 et des pièces complémentaires produites le 22 novembre 2024 à la demande du tribunal, Mme C D épouse A, représentée par Me Lantheaume, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer le titre de séjour demandé ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour d'une durée de dix ans, dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai ;

3°) de condamner l'Etat à lui payer la somme de 8 000 euros à titre de dommages et intérêts, outre intérêts à compter de la réception de la demande préalable et capitalisation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour est entachée d'un défaut de motivation, faute de réponse du préfet à sa demande de communication des motifs ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 10 a) et c) de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988, en ce qu'elle est mariée depuis plus d'un an avec un ressortissant français et qu'elle est mère d'un enfant français aux besoins duquel elle subvient ;

- l'illégalité de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour lui a causé un préjudice, en ce qu'elle ne peut plus retourner dans son pays d'origine, occuper un emploi stable ni passer son permis de conduire.

Une mise en demeure a été adressée le 4 juin 2024 au préfet de l'Isère qui en a accusé réception sans produire de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail, publié par le décret n°89-87 du 8 février 1989 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Rogniaux et les conclusions de M. B ont été entendus au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C D épouse A, ressortissante tunisienne née le 5 février 1998, est entrée en France en janvier 2019 munie d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour. Elle demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet de l'Isère sur sa demande de délivrance d'un premier titre de séjour portant la mention vie privée et familiale, ainsi que l'indemnisation du préjudice qu'elle a subi en raison de la précarité de la situation dans laquelle elle a été maintenue à défaut de réponse à sa demande.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

2. Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l'introduction du recours, le préfet de l'Isère a délivré à Mme D une carte de séjour valable jusqu'au 20 avril 2023. Ainsi, les conclusions de la requête aux fins d'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet de l'Isère a rejeté sa demande de titre de séjour et d'injonction sont devenues sans objet.

Sur les conclusions indemnitaires :

3. Mme D, qui a présenté au préfet de l'Isère une demande indemnitaire réceptionnée le 16 février 2022, soutient que l'illégalité du refus implicite de sa demande de titre de séjour et l'absence durable de réponse à sa demande ont engendré pour elle un préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence, l'empêchant notamment de voyager en dehors de la France, d'occuper un emploi stable et de s'inscrire aux épreuves du permis de conduire.

4. Mme D, mariée à un ressortissant français depuis plus d'un an lors du dépôt de sa demande et de surcroît mère d'un enfant français sur lequel elle exerce l'autorité parentale, remplissait les conditions d'octroi du titre de séjour sollicité. Elle est donc fondée à soutenir que l'illégalité du refus et le retard d'instruction de sa demande sont constitutifs d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.

5. Il convient toutefois de tenir compte, d'une part, de la brièveté de la période considérée, entre la décision implicite de rejet le 6 novembre 2021 et l'octroi effectif d'un titre de séjour le 21 avril 2022 ; d'autre part, de ce qu'elle disposait d'un récépissé de dépôt de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler. Il sera ainsi fait une juste appréciation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence résultant de la précarité de la situation administrative dans laquelle Mme D a été maintenue en lui allouant une somme de 500 euros, toutes causes de préjudice confondues, outre intérêts au taux légal à compter du 16 février 2022.

6. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.

7. La capitalisation des intérêts a été demandée le 30 mars 2022. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 16 février 2023, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros à verser à Mme D au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête de Mme D.

Article 2 : L'Etat versera à Mme D la somme de 500 euros en réparation de son préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence, avec intérêts au taux légal à compter du 16 février 2022. Les intérêts échus à la date du 16 février 2023 sur cette somme, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 3 : L'Etat versera à Mme D une somme de 900 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D épouse A et à la préfète de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 9 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Triolet, présidente,

M. Ban, premier conseiller,

Mme Rogniaux, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 février 2025.

La rapporteure,

A. Rogniaux

La greffière,

J. Bonino

La présidente,

A. Triolet

La République mande et ordonne à la préfète de l'Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions