jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2201952 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 7 |
| Avocat requérant | LE GULLUDEC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 mars 2022, 19 avril 2024 et 20 mai 2024, M. A B, représenté par la SARL Py conseil, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle le maire de Brion a refusé de lui communiquer les documents administratifs qu'il a sollicités par un courrier reçu le 27 septembre 2021 ;
2°) d'enjoindre au maire de Brion de lui communiquer les documents sollicités dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, concernant :
- l'installation des collecteurs d'eau, situés en amont de son domicile, sur la Montée du Plâtre ;
- l'installation en 2008 de canalisations, buses de diamètre important, sur une centaine de mètres, à partir de l'enrochement, devant son domicile jusqu'au terrain du voisin, en aval ;
- la remise en état, en 2013, de l'enrochement, suite à l'éboulement des rochers et de la départementale envahie par une coulée de boue de galets ;
- la délibération ou le procès-verbal du conseil municipal actant les futurs travaux qui s'élèvent à 106 620 euros ;
- l'étude du bureau spécialisé qui a permis de chiffrer le montant de ces futurs travaux ;
- le schéma ou plan détaillant le lieu de l'éventuel chantier ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Brion la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les documents demandés existent nécessairement ;
- le refus de communication des documents sollicités est illégal en vertu des articles L. 300-2 et L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- les documents qui lui ont été communiqués concernant des travaux réalisés en 1988 ne satisfont pas sa demande ;
- la demande portant sur la date des travaux, leur montant, leur nature et leurs caractéristiques techniques ne constitue pas une demande de renseignements mais une demande de communication de documents ;
- dans le cas où les travaux envisagés seraient réalisables, la commune doit lui communiquer la délibération ou le procès-verbal du conseil municipal actant ces travaux qui s'élèvent à 106 620 euros, l'étude du bureau spécialisé qui a permis de chiffrer le montant de ces travaux et le schéma ou le plan détaillant le lieu de l'éventuel chantier.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 février 2024 et 24 juin 2024, la commune de Brion, représentée par Me Le Gulludec, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la demande de communication porte sur des documents inexistants dès lors que les travaux ont été réalisés en urgence ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle tend à la communication de documents non visés dans la demande initiale et dans la saisine de la Commission d'accès aux documents administratifs ;
- la requête est également irrecevable en ce que la demande de communication du requérant n'est pas suffisamment claire quant aux documents concernés ;
- les documents concernant les travaux réalisés en 1988 ne peuvent être communiqués dès lors que la commune n'était pas tenue de les conserver eu égard à leur ancienneté ;
- il n'est pas établi que l'entreprise Mandier, qui a établi un devis, ait effectué une étude ni que cette étude lui ait été remise.
La commune de Brion a présenté un dernier mémoire enregistré le 4 juillet 2024, soit après la clôture automatique de l'instruction, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'Hôte, vice-président,
- les conclusions de M. Heintz, rapporteur public,
- et les observations de Me Duca, représentant M. B, et de Me Le Gulludec, représentant la commune de Brion.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, estimant que sa propriété subissait lors des épisodes pluvieux des ruissellements en provenance des collecteurs d'eau situés en amont de sa propriété, a demandé au maire de Brion, par un courrier de son conseil en date du 2 août 2021, de lui communiquer les études préalables ayant justifié l'option technique de l'installation des collecteurs sis Montée du Plâtre, le contrat lié à l'installation de ces collecteurs, la date des travaux, leur montant, leur nature et leurs caractéristiques techniques. Il a saisi, le 2 novembre 2021, la Commission d'accès aux documents administratifs qui a rendu le 27 janvier 2022 un avis aux termes duquel elle a déclaré la demande de communication sans objet en ce qu'elle porte sur des documents inexistants et la demande relative à la date, au montant, à la nature et aux caractéristiques techniques des travaux comme constitutive d'une demande de renseignements ne relevant pas de sa compétence. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision du maire de Brion ayant implicitement confirmé son refus de lui communiquer les documents sollicités.
2. Aux termes de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions. ". Aux termes de l'article L. 311-1 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. ".
3. D'une part, comme l'a indiqué la Commission d'accès aux documents administratifs dans son avis du 27 janvier 2022, la demande de M. B concernant l'indication de la date, du montant, de la nature et des caractéristiques des travaux effectués par la commune, tend à l'obtention d'informations et non à la communication de documents administratifs au sens des dispositions précitées de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en s'abstenant de lui fournir ces renseignements, le maire de Brion aurait méconnu l'article L. 311-1 du même code.
4. D'autre part, l'administration n'est tenue de communiquer que les documents qui existent. S'il n'est pas contesté par la commune de Brion qu'elle a fait procédé en 2008 et en 2013 à des travaux portant sur l'enrochement et les canalisations en litige, elle indique qu'il s'agissait d'une simple opération de remise en état en 2008 et d'entretien en 2013 et que la pose des ouvrages a été faite antérieurement sans qu'aucun document n'ait pu être retrouvé. M. B n'apporte aucun élément de nature à démontrer que les documents dont il demande la communication, qui portent sur des travaux réalisés depuis plus de trente ans, ont été conservés par la commune et qu'ils existent. Il n'établit pas davantage que les travaux effectués en 2008 auraient comporté la pose de buses de diamètre important sur une centaine de mètres, ainsi qu'il l'allègue. S'il fait valoir que la commune a nécessairement des factures et des bons de commandes concernant les travaux effectués en 2008 et 2013, ces documents ne sont pas au nombre de ceux qui étaient visés par son courrier du 2 août 2021 qui désignait uniquement les travaux initiaux de pose des collecteurs et non les travaux ultérieurs de remise en état ou d'entretien, pas plus d'ailleurs qu'il ne mentionnait des travaux à venir. Au surplus, le requérant n'a demandé dans ce courrier la communication que des études préalables et du contrat d'installation des collecteurs, il n'a pas demandé la communication des factures et bons de commandes. Ainsi, dès lors que l'existence des documents en cause ne peut être regardée comme établie, M. B n'est pas fondé à soutenir que le refus du maire de Brion de les lui communiquer a méconnu l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration.
5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense, que la requête de M. B doit être rejetée.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Brion, qui n'est pas la partie perdante, une somme au titre des frais d'instance exposés. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. B, au même titre, la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Brion la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Brion.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
V. L'HÔTELa greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026