mercredi 4 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2202876 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MATHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mai 2022, Mme C, représentée par Me Mathis, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 15 septembre 2021 par laquelle le préfet de l'Isère a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui en délivrer récépissé ;
3°) d'enjoindre au préfet d'enregistrer sa demande dans un délai de quarante-huit heures à compter du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans le même délai, un récépissé de demande de titre de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme C soutient que :
La décision refusant l'enregistrement de sa demande de titre de séjour :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- méconnaît les dispositions des articles D. 431-7 et R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
La décision refusant la délivrance d'un récépissé :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- méconnaît les dispositions de l'article R. 311-4 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense et des pièces enregistrés les 20 janvier et 26 juin 2023, le préfet de l'Isère conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire à son rejet.
Il soutient que la requête est tardive et que les moyens de Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Doulat a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante angolaise née le 20 février 1976, est entrée en France le 10 janvier 2020 avec ses quatre enfants, selon ses déclarations. Elle a présenté une demande d'asile et concomitamment a sollicité un rendez-vous afin de déposer une demande de titre de séjour en tant qu'étranger malade. Lors de sa présentation en préfecture le 17 décembre 2020, elle n'a pu faire enregistrer sa demande au motif qu'elle ne produisait pas de document d'état civil. Lors d'un nouveau rendez-vous le 15 septembre 2021, elle s'est heurtée à un nouveau refus d'enregistrement faute de produire une carte d'identité.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme C, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
3. Le préfet soutient que la requérante aurait dû contester la décision du 17 décembre 2020 et non celle du 15 septembre 2021 de sorte que sa requête du 10 mai 2022 excéderait le délai raisonnable pour introduire un recours juridictionnel.
4. Toutefois, d'une part, Mme C conteste le refus du 15 septembre 2021, dans un délai qui n'excède pas un an et ne saurait être tardive. D'autre part et à supposer qu'il aurait entendu s'en prévaloir, le préfet de l'Isère n'établit pas, en l'absence de toute formalisation, que les deux refus opposés, dont il ne conteste pas l'existence, reposaient sur les mêmes circonstances de droit et de fait et que le refus du 15 septembre 2021 aurait un caractère purement confirmatif. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le préfet de l'Isère en défense ne peut être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : 1° Les documents justifiants de son état civil ; 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. Lorsque la demande de titre de séjour est introduite en application de l'article L. 431-2, le demandeur peut être autorisé à déposer son dossier sans présentation de ces documents. ". L'article R431-11 du même code dispose que " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code. " L'arrêté prévu à l'article R.431-11 qui constitue l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile établit une liste de pièces à fournir pour chaque type de demande de titre de séjour.
6. Il découle de ces dispositions que l'autorité compétente peut refuser d'enregistrer une demande de titre de séjour lorsque que le dossier présenté à son appui est incomplet. La décision par laquelle cette autorité compétente refuse l'enregistrement d'un dossier incomplet ne fait pas grief. Toutefois, le caractère complet d'un tel dossier ne saurait être subordonné à la production de l'intégralité des pièces prévues par ces dispositions. Le caractère incomplet du dossier ne peut être opposé que lorsque l'absence de l'une de ces pièces rend impossible l'instruction de la demande.
7. Il n'est pas contesté que la requérante s'est vu opposer un refus d'enregistrement le 15 septembre 2021 au motif qu'elle ne disposait pas de sa carte d'identité, remise à l'office français de protection des réfugiés et des apatrides dans le cadre de sa demande d'asile. Il est également constant qu'elle était néanmoins en possession de son passeport original, d'une attestation de demandeur d'asile et d'une photocopie de sa carte d'identité. Ainsi, même en l'absence de production d'un justificatif d'état civil et d'une carte d'identité originale, l'instruction du dossier de Mme C n'était pas impossible. Par suite, en refusant l'enregistrement de la demande de titre de séjour présentée par la requérante le préfet de l'Isère a méconnu les dispositions précitées.
8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête que la décision du 15 septembre 2021 par laquelle le préfet de l'Isère a refusé d'enregistrer la demande de titre de séjour présentée par Mme C est annulée. Le refus de délivrance de récépissé, qui n'est fondé sur aucun motif propre et découle du refus d'enregistrement doit être annulé par voie de conséquence.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
9. Le présent jugement implique qu'il soit enjoint au préfet de l'Isère de convoquer Mme C dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente décision afin d'enregistrer sa demande de titre de séjour et, en l'espèce, de lui en délivrer récépissé. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
10. Il y a lieu, sous réserve de l'admission définitive de la requérante à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 900 euros à Me Mathis, avocate de Mme C, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à la requérante par le bureau d'aide juridictionnelle, la même somme sera directement versée à Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : A De Melo Araujo Jose est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision du 15 septembre 2021 par laquelle le préfet de l'Isère a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de l'Isère de convoquer Mme C dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente décision afin d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui en délivrer récépissé.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme C à l'aide juridictionnelle, l'Etat versera à la somme de 900 euros à son conseil, Me Mathis, en application des dispositions de l'article de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour cette dernière de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme C, la même somme lui sera versée en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C, à Me Mathis et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, présidente,
M. Ban, premier conseiller,
M. Doulat, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 septembre 2024.
Le rapporteur,
F. Doulat
La présidente,
A. TrioletLa greffière,
J. Bonino
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026