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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2203482

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2203482

jeudi 27 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2203482
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 mai 2022, Mme C A, représentée par la SELARL Arbor, Tournoud et associés, demande au tribunal :

1°) de la décharger ou, subsidiairement, de réduire les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, prélèvements sociaux et pénalités mis à sa charge au titre de l'année 2019 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la plus-value qu'elle a réalisée à l'occasion de la cession des parts du capital de la SCI L'Androsace qu'elle détenait relève du régime institué par l'article 150 UB du code général des impôts et non de celui prévu par l'article 150-0 A du même code ;

- elle peut ainsi prétendre aux abattements fixés par l'article 150 VC du même code.

Par un mémoire enregistré le 2 décembre 2022, le directeur de la direction de contrôle fiscal centre-est conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés ;

- subsidiairement, en cas d'application de l'article 150 UB du code général des impôts, la requérante demeure redevable de la somme de 10 504 euros d'impôt sur le revenu et 45 701 euros de droits sociaux.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Permingeat, premier conseiller ;

- et les conclusions de M. Journé, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a cédé, en 2019, la totalité des parts qu'elle détenait dans le capital d'une société civile immobilière, la SCI L'Androsace, sans déclarer la plus-value de 345 522 euros qu'elle a alors réalisée. Après imposition de cette plus-value selon le régime fixé par l'article 150-0 A du code général des impôts, l'administration fiscale l'a assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, prélèvements sociaux et pénalités. Dans la présente instance, Mme A en demande la décharge.

2. D'une part, aux termes de l'article 150-0 A du code général des impôts : " I. - 1. Sous réserve () des articles 150 UB (), les gains nets retirés des cessions à titre onéreux () de valeurs mobilières, de droits sociaux, de titres mentionnés au 1° de l'article 118 et aux 6° et 7° de l'article 120, de droits portant sur ces valeurs, droits ou titres ou de titres représentatifs des mêmes valeurs, droits ou titres, sont soumis à l'impôt sur le revenu () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 150 UB du même code : " I. - Les gains nets retirés de cessions à titre onéreux de droits sociaux de sociétés ou groupements qui relèvent des articles 8 à 8 ter dont l'actif est principalement constitué d'immeubles ou de droits portant sur ces biens, sont soumis exclusivement au régime d'imposition prévu au I et au 1° du II de l'article 150 U. ().".

4. Enfin, aux termes de l'article 8 du même code : " () les associés des sociétés en nom collectif et les commandités des sociétés en commandite simple sont, lorsque ces sociétés n'ont pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux, personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour la part de bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société. / Il en est de même, sous les mêmes conditions : 1° Des membres des sociétés civiles qui ne revêtent pas, en droit ou en fait, l'une des formes de sociétés visées au 1 de l'article 206 et qui () ne se livrent pas à une exploitation ou à des opérations visées aux articles 34 et 35 () ".

5. Pour l'application de ces dispositions, une société civile donnant habituellement en location des locaux garnis de meubles doit être regardée comme exerçant une activité commerciale au sens de l'article 34 du code général des impôts. Le caractère habituel d'une telle activité est établi dès lors que les locaux meublés ont été loués à plusieurs reprises au cours des années vérifiées.

6. En l'espèce, dès sa création en avril 1999, la SCI L'Androsace avait pour objet non seulement " la construction d'un ou plusieurs immeubles en vue de leur vente en totalité ou par fraction ", mais également " l'administration et l'exploitation par bail, location ou autrement de tous biens immobiliers et notamment toutes opérations immobilières ". A compter du 1er janvier 2000, lui a été adjointe l'activité de " location en meublé en para-hôtellerie ". Par ailleurs, selon les indications non contestées de l'administration fiscale, interrogée en juin 1999, la gérante de cette société avait indiqué au service que la SCI était alors propriétaire d'une résidence de tourisme située dans la commune de La Rosière Montvalezan (Savoie) qui, en cas de location, serait louée meublée. Cette société a, en janvier 2000, déposé une déclaration de livraison à soi-même d'une construction meublée para-hôtelière et, en juin 2000, d'un immeuble mixte. Depuis sa création, cette société dépose des déclarations de résultat mentionnant qu'elle exerce une activité de location meublée, indication qu'elle a également fait figurer dans la demande de dégrèvement de la contribution foncière des entreprises qu'elle a présentée en janvier 2022 relative à d'autres locaux qu'elle possède à Montvalezan. Dans ces conditions, la SCI L'Androsace doit être regardée comme exerçant non pas seulement une activité de construction-vente, mais également une activité commerciale au sens de 34 du code général des impôts, circonstance qui exclut l'application de l'article 150 UB cité au point 3. Par suite, l'administration fiscale a pu, à bon droit, imposer la plus-value réalisée par Mme A à l'occasion de la cession des parts qu'elle détenait dans le capital de cette société sur le fondement de l'article 150-0 A du même code. Il en résulte que l'intéressée ne saurait prétendre au bénéfice de l'abattement institué par l'article 150 VC du même code.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par Mme A doivent être rejetées.

8. Eu égard à sa qualité de partie perdante dans l'instance, les conclusions présentées par Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au directeur de la direction de contrôle fiscal centre-est.

Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Pfauwadel, président,

Mme Bailleul, premier conseiller,

Mme Permingeat, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.

Le rapporteur,

F. Permingeat

Le président,

T. Pfauwadel

Le greffier,

M. B

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2203482

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