Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2205368

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2205368
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge unique 8

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de Mme C contestant un indu de prime d'activité de 628,09 euros pour la période de décembre 2021 à avril 2022. La requérante ne contestait pas le bien-fondé de l'indu, mais invoquait une erreur de la caisse d'allocations familiales, ce qui est sans incidence sur la légalité de la dette. Le tribunal a également constaté que l'indu était soldé, rendant sans objet la contestation du montant des retenues mensuelles. La décision est fondée sur le code de la sécurité sociale et le code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 août 2022, Mme B C demande au tribunal d'annuler la décision du 5 juillet 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Drôme a rejeté son recours préalable et a confirmé le bien-fondé de son indu de prime d'activité de 628, 09 euros de décembre 2021 à avril 2022.

Elle soutient que :

- la caisse d'allocations familiales a été prévenue dès le 16 janvier 2022 de la création du compte d'allocations familiales de son fils ;

- la caisse d'allocations familiales ne respecte pas l'échelonnement du remboursement de l'indu on lui retenant 128,10 euros au lieu de 105 euros mensuellement ;

- elle n'a pas la capacité financière de rembourser l'indu.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2024, le département de la Drôme conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

M. A a présenté son rapport au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture d'instruction a été fixée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C bénéficiait de la prime d'activité calculée sur la base d'une personne célibataire avec un enfant à charge. En mai 2022, après vérification du dossier de la requérante, il est apparu que son fils avait eu 20 ans le 2 octobre 2021 et qu'il était allocataire à titre personnel depuis novembre 2021. La régularisation de son dossier a généré un indu de prime d'activité de 628,09 euros de décembre 2021 à avril 2022 notifié le 10 mai 2022. Par une décision du 5 juillet 2022, la caisse d'allocations familiales a rejeté son recours préalable et a confirmé le bien-fondé de l'indu.

2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

3. Mme C ne conteste pas le bien-fondé de l'indu mais indique que le compte de son fils a été créé le 16 janvier 2022 et que la caisse a continué de lui verser par erreur la prime d'activité pendant près de quatre mois, générant ainsi l'indu de 628,09 euros. Toutefois, une telle circonstance, à la supposer avérée, est sans incidence sur la légalité de l'indu lui-même.

4. Il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté que l'indu de prime d'activité est également soldé. Par suite, sa contestation de la décision du 14 août 2022 portant de 105 euros à 128,10 euros est en tout état de cause sans objet.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Drôme

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2024.

Le président,

J-P. ALa greffière,

L. BOURECHAK

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2205368