Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2206564

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2206564
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge unique 8

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble rejette l'opposition formée par M. B contre une contrainte émise par la caisse d'allocations familiales de la Savoie pour le recouvrement d'un indu de prime d'activité de 327,27 euros. M. B contestait le bien-fondé de l'indu, l'attribuant à une erreur des services de la caisse. Le tribunal juge que ce moyen est irrecevable, faute pour le requérant d'avoir exercé un recours administratif préalable obligatoire auprès de la caisse avant de saisir le juge. La décision est fondée sur l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2022, M. C B doit être regardé comme formant opposition à la contrainte du 27 septembre 2022 émise par la caisse d'allocations familiales de la Savoie en vue du recouvrement uniquement de l'indu de prime d'activité de 327,27 euros.

Il soutient que l'origine de l'indu vient d'une erreur des services de la caisse d'allocations familiales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2023, la caisse d'allocations familiales de la Savoie conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que le moyen soulevé par M. B n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

M. A a présenté son rapport au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture d'instruction a été fixée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'un contrôle réalisé par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales de la Savoie, les ressources mensuelles de M. B ont été rectifiées. Un indu de 327,27 euros de prime d'activité du 1er juin 2021 au 31 août 2021 lui a été notifié par une décision du 13 novembre 2021. M. B a été mis en demeure de payer son indu par un courrier recommandé du 21 avril 2022. La caisse d'allocations familiales a émis une contrainte à l'encontre de M. B le 27 septembre 2022 en vue du recouvrement notamment d'un indu de prime d'activité d'un montant de 327,27 euros du 1er juin 2021 au 31 août 2021. M. B fait opposition à la contrainte à hauteur de cette somme.

2. Aux termes de l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 133-8-7, L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la notification mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. ".

3. Si la recevabilité d'un recours contentieux dirigé contre la contrainte émise pour recouvrer un indu de revenu de prime d'activité n'est pas subordonnée à l'exercice d'un recours administratif préalable, le débiteur ne peut toutefois, à l'occasion d'un tel recours, contester devant le juge administratif le bien-fondé de ces indus en l'absence de tout recours préalable saisissant de cette contestation le président du conseil départemental.

4. M. B ne conteste pas la régularité formelle de la contrainte mais uniquement le bien-fondé en estimant que l'origine de l'indu de 327,27 euros de prime d'activité provient d'une erreur de la caisse d'allocations familiales de la Savoie. Or il ne résulte pas de l'instruction que M. B aurait, préalablement à sa requête, saisi la caisse d'allocations familiales d'un recours administratif préalable de sa contestation relative au bien-fondé de ces créances. Par suite, en l'absence de toute preuve de présentation de la réclamation préalable, le moyen tiré du mal-fondé des créances pour le recouvrement duquel l'avis de sommes à payer en litige a été émis est irrecevable et doit par suite être écarté. En tout état de cause, la circonstance, à la supposer établie, que l'indu de 327,27 euros proviendrait d'une erreur de la caisse d'allocations familiales est sans incidence sur le bien-fondé de l'indu. Par suite, la requête de M. B ne peut qu'être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Savoie.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2024.

Le président,

J-P. ALa greffière,

L. BOURECHAK

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2206564