Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2206565
mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2206565 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
Résumé IA
Texte intégral
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête, enregistrée le 7 octobre 2022 sous le n° 2206565 et un mémoire complémentaire enregistré le 7 novembre 2022, Mme C B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la contrainte du 28 septembre 2022 par laquelle Pôle Emploi Auvergne-Rhône-Alpes lui a notifié un indu d'allocation de solidarité spécifique d'un montant de 12 668,11 euros.
Elle soutient que :
- elle a cherché à prendre rendez-vous auprès de Pôle Emploi ;
- elle est de bonne foi ;
- elle est dans l'impossibilité financière de payer l'indu.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 janvier 2023, Pôle emploi Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. me B ne sont pas fondés.
II - Par une requête, enregistrée le 28 avril 2023 sous le n°2302682, Mme C B doit être regardée comme formant opposition à la contrainte du 12 avril 2023 par laquelle Pôle emploi Auvergne Rhône-Alpes a mis en recouvrement un indu d'allocation de solidarité spécifique de 21 323,82 euros au titre de la période du 31 mai 2015 au 31 janvier 2016 et du 15 août 2013 au 31 octobre 2019.
Elle soutient que :
- elle était de bonne foi ;
- elle n'a pas les moyens financiers de régler sa dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2023, Pôle emploi Auvergne Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code du code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
M. A a présenté son rapport au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture d'instruction a été fixée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été inscrite sur la liste des demandeurs d'emplois d'août 2013 à octobre 2019 et a été admise en tant qu'allocataire de l'allocation de solidarité spécifique à compter du 15 août 2013. Elle a ensuite été indemnisée de janvier 2016 à janvier 2018 au titre de l'allocation d'aide au retour à l'emploi. Enfin, Mme B a de nouveau bénéficié de l'allocation de solidarité spécifique entre le 14 janvier 2018 et le 17 janvier 2022. Suite à la prise en compte de justificatifs de ses activités professionnelle, un indu d'allocation de solidarité spécifique de 12 530,99 euros lui a été notifié le 13 juin 2022 au titre de la période de novembre 2019 à janvier 2022. Mme B a été mise en demeure de payer son indu le 20 août 2022. A défaut de paiement, une contrainte datée du 28 septembre 2022 lui a été notifiée par exploit d'huissier.
2. Suite à une enquête du service anti-fraude de Pôle emploi, l'administration a retenu que la requérante n'avait pas déclaré des périodes de travail effectuées en Suisse de février 2011 à décembre 2019. Mme B s'est ainsi vue notifier deux indus d'allocation de solidarité spécifique de 19 800,63 euros au titre de la période d'août 2013 à octobre 2019 et de 1 350 euros pour la période de mai 2015 à janvier 2016 par deux décisions du 21 décembre 2022. Suite à la relance amiable, deux mises en demeure lui ont été adressées en vue du remboursement des deux indus le 27 février 2023 notifiées le 3 mars 2023. Une contrainte a été émise à son égard en vue du recouvrement des indus du 11 avril 2023, notifiée le 12 avril 2023.
3. Les deux requêtes rendent à traiter de la situation d'une même allocataire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la contrainte du 28 septembre 2022 :
4. En vertu de l'article L. 5425-1 du code du travail, les allocations de solidarité peuvent se cumuler avec les revenus tirés d'une activité occasionnelle ou réduite dans les conditions et limites fixées par décret en Conseil d'Etat. Aux termes de l'article R. 5425-1 du code du travail : " L'exercice d'une activité professionnelle ou le fait de suivre une formation rémunérée ne fait pas obstacle à la reprise du versement de l'allocation de solidarité spécifique ou de l'allocation des travailleurs indépendants. () ". Aux termes de l'article R. 5425-2 du même code : " Lorsque le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique reprend une activité professionnelle salariée ou non salariée, la rémunération tirée de l'exercice de cette activité est intégralement cumulée avec le versement de l'allocation de solidarité spécifique pendant une période de trois mois, consécutifs ou non, dans la limite des droits aux allocations restants./ Tout mois civil au cours duquel une activité même occasionnelle ou réduite a été exercée est pris en compte pour le calcul de cette période. ". Il résulte de ces dispositions que le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique reprenant une activité professionnelle peut bénéficier du cumul intégral de l'allocation avec ses revenus d'activité durant les trois premiers mois.
5. Pour contester les indus litigieux, Mme B soutient qu'elle a informé l'administration de ses activité professionnelle. Toutefois, elle ne conteste pas sérieusement qu'elle n'a pas déclaré la totalité des périodes travaillées, invoquant seulement sa situation familiale. Dès lors, Mme B n'est pas fondée à contester l'indu d'allocation de solidarité spécifique litigieux.
Sur la contrainte du 12 avril 2023 :
6. Mme B reconnaît qu'elle a été laxiste dans ses déclarations et invoque sa situation familiale et sa bonne foi. Toutefois, un tel moyen est inopérant à l'encontre de la contrainte litigieuse.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposée en défense, que les requêtes de Mme B doivent être rejetées dans toutes leurs conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes susvisées de Mme B sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à France Travail Auvergne-Rhône-Alpes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
Le président,
J-P. ALa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2206565 et 230268
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