mardi 4 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2206970 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET LEGAL PERFORMANCES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 octobre 2022 et le 5 octobre 2023 (ce mémoire n'a pas été communiqué), la SNC Fer à Cheval d'Arbois, représentée par la société d'avocats Altana, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 août 2022 par lequel la maire de Megève a refusé de lui accorder un permis de construire n° PC 017 173 22 00029 valant démolition pour la démolition d'un bâtiment existant et la construction d'un bâtiment à usage d'habitation pour une surface de plancher de 425,36 m², situé 147 chemin du Savoy au lieu-dit " Les lots ", sur le territoire communal ;
2°) d'enjoindre à la maire de Megève de réexaminer sa demande de permis de construire et de lui délivrer le permis de construire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Megève une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SNC Fer à Cheval d'Arbois soutient que :
- le motif tiré de la méconnaissance de l'article 2.5 UH du plan local d'urbanisme par le projet de construction est entaché d'une erreur de droit et d'une inexactitude matérielle des motifs, la construction existante dépourvue de fondations ne pouvait subsister ;
- le motif tiré de la méconnaissance de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme est erroné ; édifiée avant le 15 juin 1943, la construction existante bénéficie d'une existence légale et peut donc être reconstruite ; elle bénéficie du droit à la reconstruction en application de l'article L. 111-15 malgré les évolutions du bâtiment qui se sont révélées nécessaires et qui sont mineures ;
- le bénéfice d'un droit à reconstruction fait obstacle à ce que la commune de Megève oppose d'autres motifs de refus au permis de construire, notamment la circonstance que la construction se situe en partie en zone naturelle ; le terrain d'assiette sur lequel la construction doit être érigée est classé en zone urbaine.
Par un mémoire enregistré le 25 novembre 2022, la commune de Megève, représentée par la société d'avocats Legal Performances, conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Megève fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
Par une ordonnance du 12 septembre 2013, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 octobre 2023 en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 février 2025 :
- le rapport de Mme Letellier,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- les observations de Me Ferouelle, pour la SNC Fer à Cheval d'Arbois et les observations de Me Houssel, pour la commune de Megève.
Postérieurement à l'audience, la requérante et la commune de Megève ont transmis une note en délibéré.
Considérant ce qui suit :
1. Le 10 mai 2022, la SNC Fer à Cheval d'Arbois a déposé une demande de permis de construire pour la construction d'un bâtiment à usage d'habitation collective pour une surface de plancher de 425,36 m² valant démolition d'une construction existante, sur les parcelles cadastrées aux sections AC numéros 208, 209, 210 et 211 et AD n° 315 et n° 316, situées chemin du Savoy au lieudit " Le Crêt " " Les Lots " sur le territoire communal de Megève. Les parcelles sont classées en zone UH2 et N dans le plan local d'urbanisme communal approuvé. Par l'arrêté du 23 août 2022, la maire de Megève a refusé d'accorder le permis de construire valant démolition.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 2.5 UH du plan local d'urbanisme, dans sa version applicable : " () Pour les constructions et ensembles bâtis d'intérêt patrimonial ou architectural : () toute démolition d'une construction existante menaçant de ruine et présentant un danger pour la sécurité publique, est subordonné à la délivrance d'un permis de démolir () ".
3. Ces dispositions s'entendent comme ne permettant pas de démolir une construction existante, qui est protégée et identifiée au règlement graphique comme une construction d'intérêt patrimonial ou architectural, qu'à la double condition que celle-ci menace ruine et qu'elle présente un danger pour la sécurité publique. Ainsi, c'est sans méconnaissance de ces dispositions que la commune de Megève a retenu que la construction existante ne pouvait pas faire l'objet d'une démolition faute pour celle-ci de menacer ruine avant sa démolition et de présenter un danger pour la sécurité publique. La circonstance que cette construction ne comportait pas de fondations, qu'elle était dans un état vétuste et qu'elle se situait en zone de risques naturels n'est pas de nature à en faire un bâtiment menaçant ruine ou à la rendre dangereuse pour la sécurité publique. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'inexactitude matérielle des motifs doivent être écartés.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un bâtiment régulièrement édifié vient à être détruit ou démoli, sa reconstruction à l'identique est autorisée dans un délai de dix ans nonobstant toute disposition d'urbanisme contraire, sauf si la carte communale, le plan local d'urbanisme ou le plan de prévention des risques naturels prévisibles en disposent autrement. ". Une construction n'est regardée comme existante légalement que si elle a été construite avant la loi du 15 juin 1943 instaurant le permis de construire ou conformément à une autorisation délivrée depuis lors. Il appartient à l'auteur de l'autorisation d'urbanisme et au pétitionnaire d'apporter la preuve de la régularité de la construction.
5. Il ressort des pièces du dossier de permis de construire déposé pour une reconstruction à l'identique et notamment du document Cerfa, dans son point 5, que la pétitionnaire a renseigné la date approximative des bâtiments dont elle demande la démolition comme étant de 1950. Toutefois, en cours d'instance, la requérante fait valoir que la construction est antérieure au 15 juin 1943, date à laquelle le permis de construire a été institutionnalisé et produit un extrait du plan cadastral de la commune de Megève datant de 1938, issu du fonds des archives départementales de la Haute-Savoie. Il ressort de ce document que l'ancienne parcelle n° 1438, correspondant à la parcelle actuelle en litige, comportait alors 3 petites constructions distinctes les unes des autres qui attestent de leur existence avant 1943. Dès lors, la construction en litige peut être considérée comme ayant été régulièrement édifiée au sens de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme.
6. Toutefois, et s'agissant du projet de construction en lui-même, il ressort des pièces du dossier que la surface de plancher passe de 177,50 m² à 425,36 m², qu'il procède à la création de nombreuses ouvertures et de balcons, à une toiture terrasse qui n'existait pas dans la construction existante. En outre, le projet de construction comporte une extension en sous-sol de la construction existante pour la construction d'un parking sous-terrain, sans que cette dernière construction ait été présentée comme une demande de construction complémentaire. Ainsi, la volumétrie de la construction et ses caractéristiques sont modifiées de manière substantielle. La circonstance que l'ancienne construction comportait de nombreux stationnements est sans incidence. Dès lors, le projet présenté par la requérante ne peut être considéré comme consistant en une simple reconstruction à l'identique de l'immeuble d'origine. Il en résulte que la SNC Fer à Cheval d'Arbois n'est pas fondée à soutenir que le permis de construire aurait dû lui être accordé au bénéfice des dispositions précitées.
7. En dernier lieu, et alors que la requérante ne peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme, elle conteste uniquement le motif selon lequel la commune de Megève lui a refusé le permis de construire dès lors qu'une partie du projet de construction et plus précisément, le parking enterré, serait situé pour partie en zone N. S'il ressort du plan de masse que cette construction se situe intégralement en zone UH2, la requérante ne conteste pas le bien fondé des autres motifs que la commune de Megève a opposé à son projet de construction tenant à la fois à l'application du règlement écrit du plan local d'urbanisme et au règlement X et J du plan de prévention des risques naturels prévisibles communal. Dans ces conditions, la maire de Megève ne s'est pas méprise en refusant à la SNC Fer à Cheval d'Arbois le permis de construire sollicité.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation doivent être rejetées et, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction ainsi que les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les frais de justice :
9. Il y a lieu de mettre à la charge de la SNC Fer à Cheval d'Arbois, partie perdante, la somme de 2 000 euros à verser à la commune de Megève sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er:La requête de la SNC Fer à Cheval d'Arbois est rejetée.
Article 2 : La SNC Fer à Cheval d'Arbois versera la somme de 2 000 euros à la commune de Megève au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Megève est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SNC Fer à Cheval d'Arbois et à la commune de Megève.
Délibéré après l'audience du 11 février 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme Letellier, première conseillère,
- Mme Aubert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mars 2025.
La rapporteure,
C. Letellier
Le président,
M. Sauveplane
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026