Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2207101
mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2207101 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 octobre 2022, Mme C B demande au tribunal d'annuler la décision du 16 juin 2022 par laquelle Pôle emploi Auvergne Rhône-Alpes a refusé de lui accorder une aide à la mobilité.
Elle soutient qu'elle peut bénéficier des conditions particulières d'octroi de l'aide à la mobilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2023, Pôle emploi Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative ;
- la délibération n° 2013-45 de Pôle emploi du 18 décembre 2013 portant création d'une aide à la mobilité ;
- l'instruction Pôle emploi n° 2019-17 du 6 mai 2019.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
M. A a présenté son rapport au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture d'instruction a été fixée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi depuis le 2 août 2019. Le 16 juin 2022, Pôle emploi a refusé de lui accorder le bénéfice de l'aide à la mobilité dans le cadre d'une reprise d'emploi. Mme B a contesté cette décision par un recours hiérarchique rejeté par une décision du directeur de Pôle emploi Auvergne Rhône-Alpes du 29 août 2022.
2. Il résulte de l'article L. 5312-1 du code du travail que Pôle emploi a pour mission de faciliter la mobilité géographique des personnes à la recherche d'un emploi. L'article R. 5312-6 du même code prévoit à ce titre que le conseil d'administration de Pôle emploi délibère sur les mesures destinées à faciliter cette mobilité géographique. Aux termes de l'article I de la délibération n° 2013-45 du 18 décembre 2013 de Pôle emploi portant création d'une aide à la mobilité : " Pôle emploi crée et met en œuvre une aide à la mobilité. ". Aux termes de l'article II de cette délibération : " Quelle que soit sa situation (recherche d'emploi, reprise d'emploi ou entrée en formation financée par Pôle emploi), l'aide à la mobilité est accessible au demandeur inscrit en catégorie 1, 2, 3, 4 " stagiaire de la formation professionnelle " ou 5 " contrats aidés " qui est : / - soit non indemnisé au titre d'une allocation chômage, / - soit indemnisé au titre d'une allocation chômage dont le montant est inférieur ou égal à l'allocation d'aide au retour à l'emploi minimale (ARE minimale). ". L'article V de cette délibération prévoit que : " Un accès dérogatoire, dans la limite de 30 % des attributions, est possible pour répondre à des situations particulières de demandeurs d'emploi qui ne satisfont pas à une ou plusieurs des conditions suivantes : / - la catégorie d'inscription comme demandeur d'emploi ; / - la condition de ressources du bénéficiaire ; / - la nature et la durée du contrat de travail ; / - la distance entre le lieu de résidence et le lieu de l'entretien, du concours public, de l'emploi, de la formation ou de la prestation intensive ; / - le lieu de la recherche d'emploi, de la reprise d'emploi ou de la formation lorsque celle-ci se situe dans un Etat membre de l'Espace économique européen, en Suisse, en Andorre et à Monaco ; / - la durée de prise en charge des frais ; / - la nature des frais engagés au titre de la recherche d'emploi, de la reprise d'emploi ou de l'entrée en formation. La dérogation sur la nature des frais engagés devra nécessairement être liée directement à la recherche d'emploi, à la reprise d'emploi ou à l'entrée en formation du demandeur d'emploi, et conforme à son projet personnalisé d'accès à l'emploi. Cette dérogation est limitée à un sous plafond annuel de 1 500 euros. () ". Enfin, aux termes de l'instruction Pôle emploi n°2019-17 du 6 mai 2019 relative à l'aide à la mobilité : " Les attributions dérogatoires relèvent du seul pouvoir d'appréciation du délégataire habilité à statuer. Pour l'accorder, ce dernier tient compte de la situation personnelle du demandeur d'emploi () ".
3. Aux termes de l'article R. 5411-6 du code du travail : " Les changements affectant la situation au regard de l'inscription ou du classement du demandeur d'emploi et devant être portés à la connaissance de l'opérateur France Travail, en application du second alinéa de l'article L. 5411-2, sont les suivants : 1° L'exercice de toute activité professionnelle, même occasionnelle ou réduite et quelle que soit sa durée ; () ; " Aux termes de l'article R. 5411-7 du code du travail : " Le demandeur d'emploi porte à la connaissance de l'opérateur France Travail les changements de situation le concernant dans un délai de soixante-douze heures. "
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur une demande d'aide destinée à prendre en charge tout ou partie d'une dépense spécifique, soit le requérant a effectivement exposé cette dépense et le juge doit rechercher s'il satisfaisait alors aux conditions pour obtenir l'aide sollicitée, soit il n'a pas été en mesure de le faire et le juge doit rechercher si la demande d'aide conserve un objet et si le requérant remplit les conditions pour l'obtenir, au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant à la date à laquelle il statue. Dans les deux cas il doit, le cas échéant, prendre en considération la marge d'appréciation dont l'administration dispose pour accorder l'aide en litige.
5. Mme B soutient qu'elle peut bénéficier de l'aide à la mobilité. Si elle ne conteste pas ne pas remplir les conditions légales nécessaires à l'octroi de cette aide, elle soutient qu'elle peut en bénéficier au titre de l'attribution dérogatoire. Toutefois, d'une part, il résulte de l'instruction que la requérante était bénéficiaire d'une allocation chômage à hauteur de 39,31 euros par jour. Or, il résulte de l'ensemble des dispositions précitées que pour bénéficier de l'aide, elle devait percevoir l'allocation d'aide au retour à l'emploi pour un montant inférieur à 29,56 euros. Par conséquent, elle ne pouvait bénéficier de l'aide à mobilité.
6. D'autre part, comme le précise Pôle emploi en défense, elle n'a pas dès le début de sa prise de poste, en tant qu'employée saisonnière sur la période de du 16 décembre 2021 au 31 mars 2022, informé l'administration de sa prise de poste conformément aux dispositions précitées. En effet, il ressort de sa déclaration mensuelle de décembre 2021, validée le 31 décembre 2021, qu'elle déclarait ne pas avoir exercé une activité salariée ou non salariée.
7. Par ailleurs, les circonstances qu'elle ait débuté son contrat en milieu de mois entraînant une absence d'indemnisation les quinze premiers jours et qu'elle ait accepté un emploi impliquant un éloignement de plusieurs mois de son domicile ne suffisant pas à établir qu'elle avait droit à une aide à la mobilité à titre dérogatoire.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à France Travail Auvergne- Rhône-Alpes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
Le président,
J-P. ALa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2207101
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2618520
01/09/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2502745
01/09/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2604577
01/09/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2620197
01/09/2026