mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2207254 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | MATHIEU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 2 novembre 2022 et le 1er mars 2023, M. G F, Mme D F, Mme K J, M. E B, Mme L H, M. I A, Mme O C et M. M C demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Valence a accordé à la société Valence Victor Hugo un permis de construire un ensemble collectif de 70 logements, ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux.
Les requérants soutiennent que :
- l'implantation de la construction par rapport à la limite séparative sud méconnaît l'article 7.1 du plan local d'urbanisme et le règlement national d'urbanisme ;
- la construction projetée ne respecte pas le caractère des constructions existantes et est surdimensionné ; elle créera des vis-à-vis et des nuisances visuelles et sonores ;
- les travaux de constructions font peser un risque d'affaissement de leurs biens;
- la destruction de trois arbres est contraire aux engagements de la commune dans son nouveau plan local d'urbanisme ;
- le projet comporte des risques au regard de l'insuffisance des voies publiques de desserte.
Par un mémoire enregistré le 23 décembre 2022, la société Valence Victor Hugo, représentée par Me Mathieu, conclut au rejet de la requête ou à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de l'urbanisme.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- les requérants ne justifient pas de leur intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés le 25 janvier 2023 et le 5 avril 2023, la commune de Valence conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 326,70 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de l'urbanisme.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- les requérants ne justifient pas de leur intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Holzem,
- les conclusions de Mme N,
- et les observations de M. F et de Me Mathieu, représentant la société Valence Victor Hugo.
Considérant ce qui suit :
1. Par l'arrêté attaqué le maire de la commune de Valence a accordé à la société Valence Victor Hugo un permis de construire pour la démolition d'un bâtiment existant et la construction d'un ensemble collectif de 70 logements. Les requérants en demandent l'annulation.
Sur les conclusions d'annulation :
2. En premier lieu, le point 1. de l'article UB 7 du plan local d'urbanisme prévoit, qu'au-delà d'une bande de huit mètres par rapport à l'alignement, les constructions peuvent être édifiées soit en limite soit en respectant une règle d'implantation hauteur divisée par deux avec un retrait minimum de 3 mètres. Le lexique annexé au plan local d'urbanisme définit l'alignement comme la limite existante ou projetée entre le domaine public et le domaine privé. Il apparaît que la construction projetée est située à plus de 8 mètres des emprises publiques constituées par les voies de circulation et leurs trottoirs. Or, en façade sud le point le plus haut de la construction présente une hauteur de 15,03 mètres nécessitant un retrait de 7,50 mètres par rapport à la limite séparative sud, qui est en l'espèce respecté. Le point le plus haut du faitage auquel font référence les requérants n'est pas situé à 7,71 mètres de la limite séparative sud. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB 7 doit être écarté ainsi que celui tiré de la méconnaissance des règles d'implantation édictées par le règlement national d'urbanisme (R. 111-17 du code de l'urbanisme) qui ne sont pas applicables aux communes dotées d'un plan local d'urbanisme en vertu de l'article R. 111-1 de ce code.
3. En deuxième lieu, si les requérants peuvent être regardées comme invoquant les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, il apparaît que la construction projetée est visuellement divisée en plusieurs volumes comportant des niveaux maximum R+5 conformes aux différents immeubles collectifs de cette zone urbanisée de Valence qui n'est pas concernée que par de petites maisons d'habitations contrairement à ce qui est allégué. La construction est par ailleurs entourée d'espaces verts et d'arbres et présente une teinte claire conforme aux teintes des constructions existantes. Dans ces conditions, la construction projetée s'insère dans son environnement.
4. En troisième lieu, en vertu de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme, les autorisations d'utilisation du sol, qui sont accordées sous réserve des droits des tiers, ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la réglementation d'urbanisme. Dans ces conditions, les requérants ne sauraient utilement faire valoir que les travaux projetés vont provoquer des nuisances visuelles et une perte de vue et d'ensoleillement sur leurs propriétés. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
5. En quatrième lieu, si les requérants évoquent des risques d'affaissement de leur terrain et de fissures de leurs biens au cours des travaux, la réalité de ces risques n'est nullement établie. Au demeurant, ces allégations relèvent de l'exécution du permis de construire et non de sa légalité.
6. En cinquième lieu, la voie publique permettant l'accès au terrain d'assiette de la construction, dénommée chemin de Saint-Joseph permet le croisement des véhicules en sa partie nord et est à sens unique en sa partie sud. Rectiligne jusqu'aux grandes voies de circulation de l'agglomération cette voie ne présente aucun danger pour la circulation publique. Il en est de même de la rue Molière qui, certes, est à double sens mais présente une largeur suffisante et est strictement rectiligne. L'existence de ces deux voies publiques permet d'assurer la circulation du flux supplémentaire de véhicules engendré par le projet sans risque pour la sécurité publique, au sens de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Le moyen doit par suite être écarté.
7. En dernier lieu, les moyens tirés de ce que ce projet va à l'encontre des engagements pris par la commune dans le cadre de la révision de son nouveau plan local d'urbanisme pour la préservation des arbres ou encore le fait que leurs observations dans le cadre de l'adoption de ce nouveau plan local d'urbanisme n'aient pas été prises en compte sont sans influence sur la légalité du permis de construire attaqué.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée.
Sur les frais de procès :
9. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge des requérants une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à la société Valence Victor Hugo. En revanche, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants la somme réclamée par la commune de Valence.
D E C I D E :
Article 1er :La requête est rejetée.
Article 2 :Les requérants verseront à la société Valence Victor Hugo une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Les conclusions de la commune de Valence tendant à la condamnation des requérants au paiement des frais exposés et non compris dans les dépens sont rejetées.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. et Mme G et D F, à la société Valence Victor Hugo et à la commune de Valence.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Holzem, première conseillère,
Mme Naillon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.
La rapporteure,
J. Holzem
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2207254
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026