Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2207419

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2207419
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge unique 8

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté l'opposition formée par Mme C contre une contrainte de Pôle emploi lui réclamant un indu de 909,87 euros au titre d'une prime exceptionnelle pour travailleurs alternant emploi et chômage. La requérante ne remplissait pas les conditions fixées par le décret n° 2020-1785 du 30 décembre 2020, son revenu de remplacement dépassant le plafond de 900 euros et elle ne justifiant pas de 138 jours d'activité en 2019. Le tribunal a jugé que sa situation financière difficile était sans incidence sur le bien-fondé de l'indu. La solution retenue est le rejet de la requête, confirmant la validité de la contrainte.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 novembre 2022, Mme B C forme opposition à la contrainte du 25 octobre 2022 par laquelle Pôle Emploi Auvergne Rhône-Alpes a mis à sa charge un indu d'aide exceptionnelle pour les travailleurs alternant emploi et chômage de 909,87 euros au cours de la période de décembre 2020.

Elle soutient que :

- elle peut bénéficier de l'octroi de cette aide ;

- procéder au remboursement de cette dette représenterait un effort financier considérable au regard de sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2023, Pôle emploi Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le décret n° 2020-1785 du 30 décembre 2020 instituant une prime exceptionnelle à destination de certains demandeurs d'emploi ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

M. A a présenté son rapport au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture d'instruction a été fixée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C a été inscrite en tant que demandeur d'emploi du 17 août 2020 au 24 décembre 2020. Le 8 février 2021, elle a perçu une prime exceptionnelle pour les travailleurs alternant emploi et chômage, soit 900 euros pour décembre 2020. Un indu de cette prime lui a été notifié le 16 mars 2021. En l'absence de paiement, Pôle emploi a émis la contrainte à laquelle Mme C forme opposition.

2. Aux termes de l'article 1er du décret du 30 décembre 2020 instituant une prime exceptionnelle à destination de certains demandeurs d'emploi : " I. - Ont le droit à une prime exceptionnelle de l'Etat, au titre d'un ou de plusieurs mois compris entre novembre 2020 et août 2021 inclus, les personnes qui justifient du respect des conditions prévues au II du présent article, selon les modalités suivantes : 1° La prime exceptionnelle est attribuée aux personnes résidant sur le territoire national et inscrites comme demandeurs d'emploi qui : a) soit bénéficient, au cours du mois considéré, du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles ; b) soit bénéficient, au cours du mois considéré, de l'un des revenus de remplacement mentionnés à l'article L. 5421-2 du code du travail ou versés dans le cadre du contrat de sécurisation professionnelle mentionné à l'article L. 1233-65 du même code, pour lequel le dernier montant journalier connu est inférieur à 33 euros et dont le revenu mensuel pour le mois considéré est inférieur à 900 euros ; c) soit ne bénéficient pas du revenu de solidarité active mentionné au 1° ou des revenus de remplacement mentionnés au 2°, et dont le revenu mensuel pour le mois considéré est inférieur à 900 euros. () II. - La prime exceptionnelle est attribuée, par Pôle emploi pour le compte et au nom de l'Etat, sous réserve que la personne mentionnée au I justifie d'une durée d'activité salariée accomplie entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2019 au moins égale à 138 jours travaillés selon les modalités suivantes () 2° La durée d'activité salarié de l'intéressé prise en compte est composée d'au moins 70 % de périodes couvertes par des contrats de travail à durée déterminée mentionnés à l'article L. 1242-1 du code du travail ou des contrats de mission mentionnés à l'article L. 1251-16 du même code () ".

3. Il résulte de l'instruction et il n'est au demeurant pas contesté que d'une part, le revenu de remplacement de novembre 2020 de Mme C s'élevait à 1 408,50 euros soit 46,95 euros par jour, au-delà du plafond de 900 euros pour le mois considéré et 33 euros par jour et, d'autre part, elle ne justifiait pas de 138 jours d'activité professionnelle entre le 1er janvier et le 31 décembre 2019. Par suite, elle ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la prime litigieuse.

4. Enfin, si Mme C fait valoir que compte tenu de sa situation financière, le remboursement de l'indu représenterait un effort financier considérable, cette considération est sans incidence sur le bien-fondé de l'indu.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à France travail Auvergne-Rhône-Alpes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.

Le président,

J-P. ALa greffière,

L. BOURECHAK

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2207419