Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2207865

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2207865
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge unique 8

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. A contestant un indu d'allocation de logement familiale de 810,66 euros. Le juge a estimé que la caisse d'allocations familiales de l'Isère avait correctement appliqué les articles L. 823-1 et L. 823-2 du code de la construction et de l'habitation, car M. A n'a pas démontré que sa fille vivait habituellement à son foyer durant la période en litige. Les autres demandes du requérant ont été jugées irrecevables, le tribunal n'étant pas compétent pour statuer sur ces points dans le cadre de ce recours.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 novembre 2022 et 30 novembre 2024, M. B A demande au tribunal de prononcer l'annulation de la décision du 11 octobre 2022 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Isère aurait implicitement rejeté son recours administratif formé contre la décision du 25 août 2022 lui ayant notifié un indu d'allocation de logement familiale de 810,66 euros, la restitution des sommes prélevées à tort, la reconnaissance officielle de sa garde exclusive, la mise en conformité de la caisse d'allocations familiales avec ses obligations légales incluant le respect des décisions judiciaires et l'arrêt des pratiques abusives à son encontre, la régularisation complète de son dossier incluant la prise en compte de sa situation financière et de santé, la clarification définitive de sa situation empêchant toute future suspension injustifiée de ses droits, enfin la reconnaissance de l'illégalité de la charge financière de 2 100 euros imposée sans son consentement et des mesures appropriées pour corriger cet abus.

Il soutient que :

- l'indu n'est pas fondé car il a la garde exclusive de sa fille en vertu d'une décision rendue par le tribunal judiciaire de Grenoble le 9 avril 2019 ;

- la déclaration qu'il a faite selon laquelle sa fille avait quitté son domicile lui a été imposée par des menaces de blocage de ses allocations ;

- l'opération subie par sa fille sans son consentement constitue une violation de ses droits parentaux.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. L'Hôte, vice-président, pour statuer sur la requête en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

M. L'Hôte a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : / () / 2° Les allocations de logement : / a) L'allocation de logement familiale () ". Aux termes de l'article L. 823-1 du même code : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer () ". L'article L. 823-2 de ce code précise que : " Pour effectuer le calcul découlant du 1° de l'article L. 823-1, l'enfant à charge est rattaché à la personne qui en assume la charge effective et permanente. En cas de résidence alternée de l'enfant au domicile de chacun des parents telle que prévue à l'article 373-2-9 du code civil, mise en œuvre de manière effective, les parents désignent le bénéficiaire de l'aide. Cependant, la charge de l'enfant pour le calcul des aides personnelles au logement est partagée entre les deux parents allocataires, soit sur demande conjointe des parents, soit si les parents sont en désaccord sur la désignation du bénéficiaire, selon des modalités définies par voie réglementaire. ". Selon l'article R. 823-4 du code : " Sont considérés comme personnes à charge, sous réserve qu'ils vivent habituellement au foyer : / 1° Les enfants de moins de vingt et un ans et considérés comme à charge au sens des 1° et 2° de l'article L. 512-3 du code de la sécurité sociale et de l'article L. 823-2 du présent code () ".

2. Il résulte de l'instruction que M. A s'est vu notifier un indu d'allocation de logement familiale au titre de la période de mai à juillet 2022 au motif qu'il avait perçu des droits en qualité de personne vivant seule avec un enfant à charge, alors que sa fille ne résidait pas avec lui durant cette période. Si le requérant fait valoir qu'il avait la garde exclusive de sa fille en vertu du jugement de divorce prononcé par le tribunal de grande instance de Grenoble le 9 avril 2019, il ressort des termes de ce jugement que la résidence de l'enfant a été fixée en alternance au domicile de chacun des parents. Le requérant se prévaut également d'un jugement du 15 février 2021 mais n'en verse pas une copie à l'instance, se bornant à produire un jugement rectificatif du 23 juin 2021 qui ne permet pas d'établir l'octroi d'une garde exclusive à son profit. Par ailleurs, dans un courrier du 5 octobre 2023 adressé à la caisse d'allocations familiales, M. A a indiqué que sa fille avait logé chez sa mère et sa sœur du 20 mai 2022 au 30 juillet 2022. Il soutient dans ses écritures que la rédaction de cette déclaration lui aurait été imposée par des menaces de blocage de ses allocations. Toutefois, il n'apporte aucune preuve à l'appui de cette allégation. Par conséquent, c'est à bon droit que la caisse d'allocations familiales de l'Isère a estimé que sa fille n'était pas à sa charge de mai à juillet 2022 et lui a notifié, en conséquence, un indu d'allocation de logement familiale au titre de cette période. Par suite, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision ayant implicitement rejeté son recours administratif.

3. Les autres conclusions présentées par M. A sont irrecevables dès lors qu'il n'appartient pas au tribunal, dans le cadre de la présente instance, d'ordonner la reconnaissance officielle de sa garde exclusive sur sa fille, la mise en conformité de la caisse d'allocations familiales avec ses obligations légales, la régularisation complète de son dossier, la clarification définitive de sa situation et la reconnaissance de l'illégalité de la charge financière qu'il a dû supporter sans son consentement à l'occasion de l'opération chirurgicale subie par sa fille.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la caisse d'allocations familiales de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

Le président,

V. L'HÔTELa greffière,

A. CHEVALIER

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2207865