LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2207901

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2207901

vendredi 20 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2207901
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation8ème Chambre
Avocat requérantBENDJOUYA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a annulé l'arrêté préfectoral ordonnant le dessaisissement des armes et l'interdiction d'en acquérir ou d'en détenir, pris à l'encontre du requérant. La juridiction a estimé que le préfet de la Drôme avait commis une erreur d'appréciation en fondant sa décision sur des faits anciens et non circonstanciés, sans établir l'existence de raisons actuelles d'ordre public ou de sécurité des personnes. La décision s'appuie sur l'article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure, dont les conditions d'application n'étaient pas remplies en l'espèce.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 2 décembre 2022, 29 décembre 2022 et 12 avril 2024, M. A... B..., représenté par Me Bendjouya, demande au tribunal :

1°) d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 7 octobre 2022 par lequel la préfète de la Drôme a ordonné le dessaisissement de ses armes de toute catégorie, des munitions et de leurs éléments et a prononcé une interdiction d’acquisition et de détention d’armes de toute catégorie ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat les dépens et la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :
la préfète a commis une erreur de droit en lui interdisant d’acquérir ou de détenir des armes de toute catégorie ;
sa réhabilitation de plein droit s’oppose à l’application de l’article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure ;
l’exclusion de la mention de sa condamnation de l’extrait B2 de son casier judiciaire fait obstacle à l’application de l’article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure ;
l’arrêté est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation dans l’application de l’article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 septembre 2023 et 22 mai 2024, le préfet de la Drôme, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.



Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code pénal ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Argentin,
- les conclusions de Mme Bourion, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bendjouya, représentant M. B....

La préfète de la Drôme n’était ni présente, ni représentée.


Considérant ce qui suit :

Par un arrêté du 7 octobre 2022, la préfète de la Drôme a ordonné à M. B..., sur le fondement de l’article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure, de se dessaisir de toutes les armes de toute catégorie en sa possession, lui a interdit d’acquérir ou de détenir des armes de toute catégorie, a inscrit cette interdiction dans le fichier national des interdits d’acquisition et de détention d’armes et a retiré la validation de son permis de chasser. M. B... demande au tribunal d’annuler cet arrêté.

Aux termes de l’article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure : « Sans préjudice des dispositions de la sous-section 1, le représentant de l’Etat dans le département peut, pour des raisons d’ordre public ou de sécurité des personnes, ordonner à tout détenteur d’une arme, de munitions et de leurs éléments de toute catégorie de s’en dessaisir (…) ».

Pour justifier la mesure de dessaisissement litigieuse, laquelle concerne les armes de toute catégorie, la préfète de la Drôme s’est fondée sur la circonstance qu’une enquête administrative a fait apparaître que le comportement de M. B... est incompatible avec la détention d’armes. Il a ainsi indiqué que ce dernier avait été signalé pour des faits de recel de biens provenant de cambriolages de locaux d’habitation principale, cambriolages de locaux industriels, commerciaux ou financiers, port ou détention d’armes prohibées, vol d’automobiles, recel en bande organisée, faux documents d’identité, trafic de véhicules.

Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, par un jugement correctionnel du 30 mars 2010, M. B... a été condamné par le tribunal de grande instance de Valence à une peine de trois ans d’emprisonnement dont dix-mois avec sursis assorti d’une mise à l’épreuve pendant deux ans pour des faits de recel de bien provenant d’un vol commis à l’aide d’une effraction, de dénonciation mensongère, de faux et usage de faux. Cette condamnation, qui a donné lieu à une réhabilitation de plein droit avant l’intervention de l’arrêté attaqué, se rapporte à des faits de vols commis entre 2004 et 2006. En outre, si le rapport de gendarmerie du 16 août 2022 fait état de ce que M. B... a été mis en cause, sans autre précision, notamment de date, par une personne pour avoir fait opposition à un chèque dans le cadre d’une vente d’un véhicule, il n’est fait mention d’aucune suite donnée à ces faits. Ce rapport fait également mention d’une plainte déposée le 16 octobre 2021 par M. B..., laquelle a été classée sans suite concernant un différend d’ordre financier dont la teneur n’est pas détaillée. Dans ses écritures, le préfet de la Drôme n’a pas exposé plus de précision sur ces deux derniers faits retenus dans l’arrêté contesté. Ainsi, compte tenu, d’une part, de l’ancienneté des faits pour lesquels M. B... a été condamné, lesquels sont au demeurant sans rapport direct avec l’usage des armes, et, d’autre part, de l’absence d’élément actuels et circonstanciés sur le comportement du requérant, le préfet de la Drôme n’établit pas l’existence de raisons d’ordre public ou de sécurité des personnes justifiant la mesure de dessaisissement contestée. Dans ces circonstances, M. B... est fondé à soutenir que la préfète de la Drôme a commis une erreur d’appréciation.

Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l’arrêté du 7 octobre 2022 ordonnant le dessaisissement des armes, des munitions et leurs éléments au titre de l’article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure doit être annulé.

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés en cours d’instance et non compris dans les dépens.



D E C I D E :

Article 1er : L’arrêté du 7 octobre 2022 de la préfète de la Drôme est annulé.

Article 2 : L’Etat versera à M. B... une somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et à la préfète de la Drôme.


Délibéré après l’audience du 11 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Le Frapper, présidente,
M. Villard, premier conseiller,
M. Argentin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2026.


Le rapporteur,

S. Argentin

La présidente,

M. Le Frapper

La greffière,






L. Bourechak


La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions