Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2207940
mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2207940 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 décembre 2022, M. B C doit être regardé comme formant opposition à la contrainte du 17 novembre 2022 par laquelle Pôle emploi Auvergne Rhône-Alpes lui a notifié un indu de rémunération de fin de formation de 2 258, 82 euros pour la période du 23 mars 2022 au 30 juin 2022 ainsi que des frais annexes de procédure s'élevant à 101,36 euros.
Il soutient que :
- il a réalisé les démarches d'actualisation de son profil ;
- il a été de bonne foi en informant Pôle Emploi de sa formation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2023, Pôle emploi Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
M. A a présenté son rapport au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture d'instruction a été fixée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi depuis le 5 juin 2020. Il a bénéficié d'une ouverture de ses droits à l'allocation d'aide au retour à l'emploi sur la période de juin 2020 à novembre 2021. Il a ensuite bénéficié d'une formation et a bénéficié de " l'ARE formation " du 2 novembre 2021 au 22 mars 2022 puis d'une rémunération de fin de formation du 23 mars au 30 juin 2022. Il n'a pas déclaré d'évènements pendant sa période d'indemnisation de rémunération de fin de formation. Toutefois, Pôle emploi a été informé par un flux informatique émanant de l'ASP-CNASEA de la prise en charge par leur service de la rémunération pendant toute la durée de la formation soit du 2 novembre 2021 au 1er juillet 2022. Cette information est à l'origine de deux trop-perçus dont un relatif à la rémunération de fin de formation versée par Pôle emploi au titre de la période du 23 mars 2022 au 30 juin 2022 d'un montant de 2 253,80 euros. Ce trop-perçu a fait l'objet d'une notification le 5 août 2022 et d'une relance le 6 septembre 2022. Une mise en demeure a été adressée le 11 octobre 2022 à M. C mais le pli est revenu à l'administration avec la mention " pli avisé et non réclamé ". A défaut de paiement, Pôle Emploi lui a notifié une contrainte par exploit d'huissier le 22 novembre 2022.
2. Aux termes de l'article L. 5312-1 du code du travail : " Pôle emploi est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière () ". Aux termes de l'article L. 6121-4 du même code, dans sa rédaction alors en vigueur : " L'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 attribue des aides individuelles à la formation. () ". Aux termes de l'article II de la délibération n° 2011/11 de Pôle emploi du 11 avril 2011 : " La rémunération de fin de formation est accordée par Pôle emploi aux demandeurs d'emploi inscrits auxquels, durant la période au cours de laquelle ils perçoivent l'allocation d'assurance chômage, l'allocation spécifique de reclassement ou l'allocation de transition professionnelle, Pôle emploi prescrit, à compter du 1er janvier 2011, une action de formation. / Les actions de formation susceptibles de donner lieu au versement de la rémunération de fin de formation doivent permettre à la fois d'acquérir une qualification reconnue au sens de l'article L. 6314-1 du code du travail et d'accéder à un emploi pour lequel sont identifiées des difficultés de recrutement, dans la région du lieu de la formation et/ou dans la région du lieu de prescription de la formation. () ". Enfin, l'article III de cette même délibération prévoit que : " La rémunération de fin de formation est versée mensuellement, à l'expiration des droits du demandeur d'emploi à l'allocation d'assurance chômage, à l'allocation spécifique de reclassement ou à l'allocation de transition professionnelle et pendant la durée de la formation. / () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 5426-8-2 du code du travail : " Pour le remboursement des allocations, aides, ainsi que de toute autre prestation indûment versées par Pôle emploi pour son propre compte, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage mentionné à l'article L. 5427-1, pour le compte de l'Etat ou des employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1, le directeur général de Pôle emploi ou la personne qu'il désigne en son sein peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, et après mise en demeure, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère le bénéfice de l'hypothèque judiciaire. ". Aux termes de l'article R. 5426-19 du code du travail : " Le débiteur qui conteste le caractère indu des prestations qui lui sont réclamées forme un recours gracieux préalable devant le directeur général de Pôle emploi dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de l'indu par Pôle emploi. ".
4. Il résulte des dispositions citées qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision de Pôle emploi ordonnant le reversement d'un indu de rémunération de fin de formation n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de Pôle emploi dans les conditions qu'elles prévoient. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision citées ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions citées au point 3.
5. Pour mettre à la charge de M. C l'indu litigieux, Pôle emploi expose que le requérant n'a pas procédé à l'actualisation de sa situation auprès de ses services et qu'il ne l'a notamment pas informé de la circonstance tirée de laquelle il suivait une formation auprès de l'organisme " ORT " et qu'il percevait une rémunération liée à la reconnaissance de sa qualité de travailleur handicapé. L'administration avance, sans être contredite que cette situation fait obstacle au versement de l'allocation de fin de formation et qu'il appartenait alors à M. C de faire connaître cette évolution dans le cadre de ses actualisations mensuelles. Il résulte des différentes pièces versées par Pôle emploi que M. C n'a transmis aucun document à l'administration sur l'évolution de sa situation entre le 23 mars et 30 juin 2022, date sur laquelle s'établit l'indu litigieux. Si l'intéressé expose que cette dette est due à une information erronée de son conseiller Cap Formation ainsi qu'à une erreur de l'administration, ces circonstances, à les supposer établies, ne sont pas de nature à remettre en cause le bien-fondé de la dette. Par conséquent, M. C, dont la bonne foi n'est au demeurant pas remise en cause, n'est pas fondé à contester le bien-fondé de l'indu de rémunération de fin de formation.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à France travail Auvergne-Rhône-Alpes
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
Le président,
J-P. ALa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2207940
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2618520
01/09/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2502745
01/09/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2604577
01/09/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2620197
01/09/2026