Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2208208
jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2208208 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEGA-CITE |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 13 décembre 2022 et 27 juillet 2023, le syndicat des copropriétaires de la copropriété Les Collines du Boutet, représenté par Me Mouronvalle, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2022 par lequel le maire de la commune de Voreppe a délivré à la société Malossane Promotion un permis de construire deux immeubles comportant dix-huit logements pour une surface de plancher totale de 1 300 mètres carrés sur les parcelles cadastrées section AH n° 530 et 623, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 24 août 2022 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Voreppe une somme de 5 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de l'arrêté n'est pas rapportée ;
- le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas de plan de division, en méconnaissance de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de demande de permis de construire n'indique pas les modalités de raccordement aux réseaux, en méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté, qui comporte de nombreuses prescriptions imprécises et illimitées, méconnaît l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;.
- il méconnaît l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune ;
- il méconnaît l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune ;
- il méconnaît l'article UC 8 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2023, la commune de Voreppe, représentée par la SELARL CDMF-avocats affaires publiques, agissant par Me Poncin, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 600-5-1 ou de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme et demande au tribunal de mettre à la charge du syndicat requérant une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés les 7 mars 2023, 11 janvier 2024 et 15 mars 2024, la société Malossane Promotion, représentée par Me Bornard, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge du syndicat requérant une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un courrier du 26 septembre 2024, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible de surseoir à statuer au titre de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme afin de permettre la régularisation de plusieurs vices affectant la légalité de l'acte attaqué et les a invitées à présenter leurs observations.
Par un mémoire du 30 septembre 2024, la société Malossane Promotion a présenté des observations sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beytout,
- les conclusions de Mme Paillet-Augey, rapporteure publique,
- et les observations de Me Villard, avocate du syndicat de copropriétaires de la copropriété Les Collines du Boutet, de Me Poncin, avocat de la commune de Voreppe et de Me Couderc, avocate de la société Malossane Promotion.
Une note en délibéré a été enregistrée le 8 octobre 2024 pour la commune de Voreppe.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 1er juillet 2022, le maire de la commune de Voreppe a délivré à la société Malossane Promotion un permis de construire deux immeubles comportant au total dix-huit logements pour une surface de plancher totale de 1 300 mètres carrés de surface de plancher sur les parcelles cadastrées section AH n° 530 et 623 situées rue du Boutet. Par courrier du 24 août 2022, reçu le 25 août 2022, le syndicat de copropriétaires de la copropriété Les Collines du Boutet a formé un recours gracieux implicitement rejeté le 25 octobre 2022. Par la présente requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 1er juillet 2022 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la compétence de la signataire de l'arrêté attaqué :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme A B, adjointe en charge de l'urbanisme. Celle-ci dispose d'une délégation de fonction et de signature à effet de délivrer notamment tout document d'urbanisme tel que les autorisations au titre du droit des sols, consentie par un arrêté du 5 avril 2022, régulièrement publié et transmis au contrôle de légalité. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté doit être écarté.
En ce qui concerne la composition du dossier de demande de permis de construire :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division et, lorsque des voies ou espaces communs sont prévus, le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs à laquelle seront dévolus la propriété, la gestion et l'entretien de ces voies et espaces communs à moins que l'ensemble soit soumis au statut de la copropriété ou que le demandeur justifie de la conclusion avec la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent d'une convention prévoyant le transfert dans leur domaine de la totalité des voies et espaces communs une fois les travaux achevés. ".
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'un plan de division a été fourni par le pétitionnaire à l'appui de sa demande de permis de construire. Le moyen tiré du défaut de production de ce plan, qui manque en fait, doit donc être écarté. D'autre part, si le syndicat requérant critique les contours de la division opérée, le moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes pour en apprécier la portée et le bien-fondé.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code l'urbanisme : " " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan ".
6. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits sont insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
7. En l'espèce, si les raccordements aux réseaux ne figurent pas sur le plan de masse, un plan spécifiquement dédié aux réseaux a été fourni par le pétitionnaire à l'appui de sa demande de permis de construire. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme doit dès lors être écarté.
En ce qui concerne les prescriptions contenues dans l'arrêté :
8. Aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique () ".
9. L'administration ne peut assortir une autorisation d'urbanisme de prescriptions qu'à la condition que celles-ci, entraînant des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet, aient pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
10. Si le syndicat requérant soutient que l'arrêté contient des prescriptions imprécises et illimitées, il ne précise pas lesquelles. La seule circonstance que l'arrêté comporte de nombreuses prescriptions n'est pas à elle seule de nature à entacher celui-ci d'illégalité. Le moyen, qui n'est pas assorti de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé, doit être écarté.
En ce qui concerne l'accès et la voirie :
11. D'une part, aux termes de l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Voreppe relatif aux conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et d'accès aux voies ouvertes au public : " I. Accès : / Tout terrain enclavé demeure inconstructible, sauf s'il bénéficie d'une servitude de passage conclue entre propriétaires, conformément à l'article 682 du code civil. / Les accès doivent présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie, du brancardage et de la protection civile. Ils doivent également être adaptés à l'opération future et aménagés de façon à apporter la moindre gêne possible à la circulation publique et à garantir un bon état de viabilité. / Sur les voies principales, l'accès peut être interdit si la parcelle dispose d'un débouché sur une autre voie publique, dans des conditions suffisantes de sécurité. / Aucune opération ne peut prendre accès sur les chemins de halage, les servitudes de marchepied, les pistes cyclables, voies vertes, les pistes de défense de la forêt contre l'incendie, les sentiers touristiques, les espaces publics végétalisés/ Les accès doivent respecter les écoulements des eaux des voies publiques et des voies privées existantes. / II. Voirie / Les voiries et passages publics et privés doivent avoir des caractéristiques adaptées : / A l'approche des matériels de lutte contre l'incendie, de protection civile, de brancardage, d'enlèvement des ordures ménagères, etc/ Aux opérations à desservir conformément à la règlementation en vigueur, notamment celles liées à l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite. / La sécurité des piétons et des cycles doit être assurée par des aménagements adéquats. / Les dimensions, formes et caractéristiques techniques des emprises des voies privées doivent être adaptées : / * aux usages qu'elles supportent ; / * aux opérations qu'elles doivent desservir ; / * au contexte urbain dans lequel elles se trouvent. / Les voies en impasse doivent être aménagées dans leur partie terminale afin de permettre aux véhicules de faire demi-tour aisément. / Dans les opérations de plus de 5 logements : / * les voies en impasse seront évitées, dans la mesure du possible. / * des liaisons piétonnes et cyclables doivent être prévues ".
12. D'autre part, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
Quant à l'accès :
13. Il ressort des pièces du dossier que l'accès au terrain d'assiette du projet s'effectue via une servitude de passage sur le terrain de la copropriété Les Collines du Boutet d'une longueur de quarante mètres environ. Cette servitude, qui doit être élargie, présentera une largeur en tout point supérieure à cinq mètres, de nature à permettre le croisement des véhicules et le passage des piétons et des cycles en toute sécurité. La circonstance que cette servitude présente par endroits une pente de 15 % ne caractérise pas à elle seule l'existence d'un risque particulier pour les futurs habitants de l'immeuble, la commune de Voreppe se situant à basse altitude et n'étant pas soumise à des hivers rigoureux. Enfin une large plateforme d'attente offrant une bonne visibilité permet de s'insérer sur la rue du Boutet, où la vitesse est limitée à 20 km/h et où la circulation est réduite en raison du sens unique de sa partie haute. Par suite, le syndicat de copropriétaires n'est pas fondé à soutenir que l'accès au projet méconnaît le paragraphe I de l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme.
Quant à la voirie :
14. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le projet comporte la création d'une voie nouvelle sur le terrain d'assiette du projet, qui part du parking de la copropriété pour rejoindre les derniers stationnements du bâtiment A, en passant d'abord sous le bâtiment B, puis sous le bâtiment A. Contrairement à ce que soutiennent les défendeurs, le paragraphe II de l'article UC 3, qui concerne les voies nouvelles publiques ou privées, s'applique également aux voies internes. En l'espèce, le projet, qui compte plus de cinq logements, comporte une voie en impasse qui ne permet pas de faire aisément demi-tour dans sa partie terminale située sous le bâtiment A et qui ne présente pas une hauteur permettant aux véhicules d'incendie et de secours de l'emprunter dès lors qu'elle est couverte en partie par les bâtiments A et B. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que le projet méconnaît le paragraphe II de l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme.
15. En second lieu, aucune disposition légale ou réglementaire n'imposait de saisir le service départemental d'incendie et de secours pour avis. En outre, les véhicules de lutte contre l'incendie pourront intervenir en stationnant sur le parking de la copropriété requérante situé en contrebas du terrain d'assiette du projet. Dès lors, bien que le projet s'insère sur les contreforts d'un massif boisé et que la borne incendie la plus proche se situe à plus de deux cents mètres du terrain d'assiette du projet, ces circonstances n'étaient pas de nature à justifier à elles seules un refus sur le fondement de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le maire dans l'application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit donc être écarté.
En ce qui concerne la gestion des ordures ménagères :
16. Aux termes de l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Voreppe : " () IV. Gestion des ordures ménagères / Pour la gestion des ordures ménagères, le pétitionnaire se rapprochera, le plus en amont possible, du gestionnaire, afin de s'accorder sur un dispositif approprié à l'opération (locaux de stockage, aire de présentation, containers enterrés). Les aires de présentation doivent être aménagées, le long de la voie publique, sur le terrain d'assiette de l'opération ".
17. Le syndicat requérant critique, d'une part, l'accessibilité de l'aire de présentation des ordures ménagères pour les services de ramassage et, d'autre part, la difficulté d'acheminement des containeurs depuis le local de stockage situé plus haut en raison de la pente de la voie privée desservant le terrain d'assiette du projet, supérieure à 15 %. L'article UC 4 ne comporte toutefois aucune règle précise sur l'aménagement des locaux de stockage et des aires de présentation. Par ailleurs, le service de la communauté d'agglomération du pays voironnais en charge de la gestion des déchets a émis un avis favorable au projet assorti de plusieurs prescriptions reprises par l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, les requérants n'établissent pas que le dispositif prévu n'est pas approprié à l'opération et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne l'implantation des constructions en limite séparative :
18. Aux termes de l'article L. 442-14 : " " Lorsque le lotissement a fait l'objet d'une déclaration préalable, le permis de construire ne peut être refusé ou assorti de prescriptions spéciales sur le fondement de dispositions d'urbanisme nouvelles intervenues depuis la date de non-opposition à déclaration préalable, et ce pendant cinq ans à compter de cette même date ".
19. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est issu d'un lotissement composé de deux lots, l'un au sud, occupé par l'immeuble les Collines du Boutet et l'autre au nord, qui constitue le terrain d'assiette du projet en litige. Ce lotissement a été autorisé par un arrêté du 30 avril 2015, soit plus de cinq ans avant l'arrêté en litige, de sorte que le projet ne peut pas bénéficier de la cristallisation des règles de droit prévues par les dispositions précitées de l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme. Par suite, les règles applicables en matière d'implantation en limites séparatives sont celles en vigueur au 1er juillet 2022, date de délivrance du permis de construire.
20. D'une part, aux termes de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme : " () Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, l'ensemble du projet est apprécié au regard de la totalité des règles édictées par le plan local d'urbanisme, sauf si le règlement de ce plan s'y oppose ".
21. Il résulte de ces dispositions, applicables notamment aux permis de construire, que si les règles d'un plan local d'urbanisme relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives s'appliquent à l'ensemble des constructions d'un lotissement dans leurs relations avec les parcelles situées à l'extérieur du périmètre de ce lotissement, elles ne sont pas, sauf prescription contraire du plan, applicables à l'implantation des constructions à l'intérieur de ce périmètre.
22. D'autre part, aux termes de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : " Implantation en limite ou en recul de x mètres par rapport aux limites séparatives : Il s'agit d'une implantation sur la limite entre 2 parcelles contigües ou à une distance prescrite calculée depuis cette limite. / Les règles d'implantation par rapport aux limites séparatives s'appliquent également aux terrasses significativement surélevées ou comportant des fondations profondes. / Ces règles s'appliquent au corps principal du bâtiment ; les encorbellements, les passées de toiture, les balcons, ne sont pas pris en compte dans la limite de 1 mètre de débordement. / A moins que le bâtiment à construire ne jouxte la limite parcellaire, la distance comptée horizontalement de tout point de ce bâtiment au point de la limite parcellaire qui en est le plus rapproché doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans pouvoir être inférieure à quatre mètres. Les constructions peuvent être autorisées sur limites dans les cas suivants : / * lorsque la hauteur du bâtiment n'excède pas 2,50 mètres à l'égout ou 3,00 mètres à l'acrotère mesurés exclusivement en limite de propriété et que sa longueur d'appui sur limite est inférieure ou égale à 6 mètres, déduction faite de la longueur d'appui des constructions principales en mitoyenneté ; / * lorsque la longueur d'appui sur limite du bâtiment à construire n'excède pas la longueur d'un bâtiment déjà existant en limite sur la parcelle voisine. Si la hauteur du bâtiment existant est supérieure à 2,5 mètres, la hauteur du bâtiment à construire sera alors au plus égale à celle du bâtiment existant sous réserve des dispositions fixées à l'article 10. / Dans le cas de nouveaux lotissements n'apportant pas de précisions quant aux implantations par rapport aux limites de lots, les règles de l'article 7 de la présente zone s'applique aux limites entre les lots. / La construction d'annexes, piscines et pergolas est autorisée dans la bande de retrait à condition de respecter une distance minimum de 2 mètres par rapport aux limites séparatives () ".
23. Ces dispositions de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme, qui ne mentionnent que les " nouveaux lotissements ", doivent être regardées comme ne s'appliquant qu'aux lotissements approuvés après la modification de sa rédaction concernant les lotissements, issue de la délibération du conseil municipal du 18 mai 2017 et opposable à compter du 2 juin 2017. Il s'ensuit que ces dispositions ne s'appliquent en l'espèce pas aux limites internes du lotissement dans lequel s'insère le projet en litige, autorisé comme indiqué précédemment le 30 avril 2015. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC 7 ne peut donc pas être utilement invoqué s'agissant de l'implantation de la construction autorisée par rapport à la limite séparative avec le lot situé au sud et occupé par l'immeuble des Collines du Boutet.
24. S'agissant de l'implantation du bâtiment A en limite séparative sud-ouest, il ressort des pièces du dossier que l'attique du bâtiment A présente une hauteur supérieure à 10,50 mètres. Il se situe à une distance supérieure à la moitié de sa hauteur par rapport à ladite limite séparative et les éléments de la construction les plus proches de la limite séparative, qui présentent une hauteur inférieure à 10,50 mètres, respectent également les règles de prospect énoncées par ces dispositions.
25. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme doit dès lors être écarté.
En ce qui concerne l'implantation des constructions sur une même propriété :
26. Aux termes de l'article UC 8 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Voreppe relatif à l'implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même propriété : " Les constructions non contigües sur une même propriété doivent être implantées à une distance, en tout point des bâtiments, au moins égale à 4 mètres. / Cette distance ne s'applique pas aux piscines non couvertes et aux constructions d'annexes d'une emprise au sol inférieure à 30 m² liées aux constructions existantes. / Les dispositions, ci-avant, ne s'appliquent pas pour la construction d'équipements publics ou à usage d'intérêt général ".
27. Le syndicat requérant soutient que le local de stockage des ordures ménagères et le coffret qui y est adossé ne respectent pas la distance de 4 mètres imposée par les dispositions précitées du plan local d'urbanisme par rapport au garage existant sur la parcelle cadastrée section AH n° 623. Ces dispositions ne sont toutefois applicables ni au local de stockage des ordures ménagères et au garage qui sont des annexes d'une emprise au sol inférieures à 30 mètres carrés, ni au coffret qui ne constitue pas une construction. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC 8 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
28. L'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dispose que : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
29. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
30. Le vice dont le présent jugement reconnaît, au point 14, qu'il entache d'illégalité le permis de construire en litige, apparaît susceptible de faire l'objet d'une mesure de régularisation. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et de fixer un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement aux fins de produire la mesure de régularisation nécessaire.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête, jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, imparti à la société Malossane Promotion et à la commune de Voreppe, pour notifier au tribunal une mesure régularisant le vice tiré de la méconnaissance du paragraphe II de l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme.
Article 2 : Tous droits des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat de copropriétaires de la copropriété Les Collines du Boutet, à la commune de Voreppe et à la société Malossane Promotion.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
Mme Beytout, première conseillère,
Mme Barriol, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
E. BEYTOUT
Le président,
P. THIERRY La greffière,
A. ZANON
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.