Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2208455
mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2208455 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 22 décembre 2022 et le 19 janvier 2023, M. B C doit être regardé comme formant opposition à la contrainte du 12 décembre 2022 émise par Pôle emploi Auvergne Rhône-Alpes pour le recouvrement d'un indu d'allocation de solidarité spécifique de 1 025,37 euros.
Il soutient que :
- il est dans l'impossibilité de payer sa dette ;
- il pouvait cumuler son allocation de solidarité spécifique avec son salaire pendant les trois premiers mois.
La requête a été régulièrement communiquée à Pôle emploi Auvergne Rhône-Alpes qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
M. A a présenté son rapport au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture d'instruction a été fixée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est allocataire de l'allocation de solidarité spécifique. Par une décision du 9 mars 2022, Pôle emploi Auvergne Rhône-Alpes lui a notifié un indu de 2 029,20 euros au titre de la période de septembre à décembre 2021. M. C a demandé une remise gracieuse de sa dette. Par une décision du 18 août 2022, Pôle emploi a fait partiellement droit à cette demande en ramenant l'indu d'allocation de solidarité spécifique à 1 014, 60 euros. A défaut de paiement de ce reste à charge, Pôle emploi a émis une contrainte le 12 décembre 2022, notifiée par exploit d'huissier le 14 décembre 2022.
Sur le bien-fondé de l'indu :
2. Aux termes de l'article R. 5426-19 du code du travail, dans sa rédaction applicable au litige : " Le débiteur qui conteste le caractère indu des prestations qui lui sont réclamées forme un recours gracieux préalable devant le directeur général de Pôle emploi dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de l'indu par Pôle emploi. / () ".
3. Un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision émise par France Travail ordonnant le reversement d'un indu d'allocation de solidarité spécifique n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours préalable auprès de France Travail dans les conditions prévues. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision citées ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours préalable obligatoire dans les conditions prévues par les dispositions citées.
4. Si M. C avance qu'il était dans la possibilité de cumuler son salaire avec l'allocation de solidarité spécifique au cours des mois de septembre à décembre 2022, son recours préalable se limitait à solliciter la remise gracieuse de sa dette sans en contester le bien-fondé. Par conséquent, l'ensemble des moyens relatifs au bien-fondé de la dette sont irrecevables et doivent être écartés.
Sur la demande de remise de dette :
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'allocation de solidarité spécifique, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
6. Si M. C soutient qu'il est dans l'impossibilité de payer sa dette, d'une part, Pôle emploi lui a déjà accordé une remise de 50 % de sa dette initiale en la ramenant à 1 025,37 euros. D'autre part, il ne produit ni n'invoque aucun élément suffisant permettant d'établir la précarité de sa situation et justifiant que lui soit accordée une remise supplémentaire de sa dette. Par conséquent, les conclusions à fin de remise gracieuse doivent également être écartées.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à France travail Auvergne-Rhône-Alpes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
Le président,
J-P. ALa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2208455
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