Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2208616

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2208616
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge unique 8

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de Mme B, qui contestait le refus de Pôle emploi de l'inscrire rétroactivement sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 1er août 2022. Statuant en plein contentieux, le juge a rappelé que l'obtention du statut de demandeur d'emploi est conditionnée à une inscription volontaire et préalable, et que les dispositions du code du travail font obstacle à toute inscription rétroactive. Mme B ne s'étant inscrite qu'en septembre 2022, sa demande a été jugée infondée, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée par France Travail. La décision s'appuie notamment sur les articles L. 5411-1, L. 5411-2 et R. 5411-2 du code du travail.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 décembre 2022, Mme C B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 13 décembre 2022 par laquelle Pôle emploi Auvergne-Rhône-Alpes a rejeté sa demande d'inscription rétroactive sur la liste des demandeurs d'emploi.

Elle soutient qu'elle est de bonne foi et impliquée dans sa recherche d'emploi et sa formation professionnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2023, France Travail Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que la requête est insuffisamment motivée ;

- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions au cours de l'audience publique.

M. A a présenté son rapport au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le 12 septembre 2022, Mme B a demandé son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi. Par une décision du même jour, Pôle emploi a confirmé cette inscription. Par un courrier du 29 novembre 2022, la requérante a demandé son inscription rétroactive sur cette liste à compter 1er août 2022. Par une décision du 13 décembre 2022, le directeur de l'agence Pôle emploi Auvergne-Rhône-Alpes a rejeté cette demande.

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur le droit à l'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi, qui relève des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant au cours de la période en litige que le juge doit statuer.

3. Aux termes de l'article L. 5411-1 du code du travail applicable au litige : " A la qualité de demandeur d'emploi toute personne qui recherche un emploi et demande son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi auprès de Pôle emploi. ". Aux termes de l'article L. 5411-2 du même code : " Les demandeurs d'emploi renouvellent périodiquement leur inscription selon des modalités fixées par arrêté du ministre chargé de l'emploi et la catégorie dans laquelle ils ont été inscrits () ". Aux termes de l'article R. 5411-2 du même code : " L'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi est faite par voie électronique auprès de Pôle emploi. Le travailleur recherchant un emploi qui demande son inscription déclare sa domiciliation et transmet les informations permettant de procéder à son identification. A défaut de parvenir à s'inscrire lui-même par voie électronique, le travailleur recherchant un emploi peut procéder à cette inscription dans les services de Pôle emploi, également par voie électronique, et bénéficier le cas échéant de l'assistance du personnel de Pôle emploi. ". Il résulte des dispositions précitées que le travailleur en recherche d'emploi est tenu de s'inscrire, de sa propre initiative, sur la liste des demandeurs d'emploi en adressant une demande à Pôle emploi qui est chargé de tenir cette liste. Les dispositions du code du travail qui soumettent le travailleur sans emploi à des obligations telles que la demande d'inscription, font obstacle à ce que cette inscription présente un caractère rétroactif.

4. Il résulte de ce qui précède que l'obtention du statut de demandeur d'emploi est conditionnée à la circonstance que la personne privée d'emploi s'inscrive auprès du service public de l'emploi. Il résulte de l'instruction que Mme B ne s'est inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi qu'à compter de septembre 2022. Par conséquent, elle ne pouvait bénéficier du statut de demandeur d'emploi avant cette date. La circonstance qu'elle ait entrepris des démarches préalables de sa propre initiative et antérieurement à cette date n'est pas de nature à lui permettre de bénéficier rétroactivement d'un tel statut. Ainsi, les conclusions de Mme B dirigées contre la décision du 13 décembre 2022 doivent être rejetées.

5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de Mme B doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à France Travail Auvergne-Rhône-Alpes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.

Le président,

J-P. ALa greffière,

L. BOURECHAK

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.