Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2300807
vendredi 27 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2300807 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 8 |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 février 2023, M. D demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 décembre 2022 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Isère lui a accordé une remise partielle d'un montant de 5 786,14 euros de sa dette concernant un indu de revenu de solidarité active sur la période du 1er décembre 2020 au 30 juin 2022 d'un montant initial de 7 714,85 euros ;
2)° de lui accorder la remise gracieuse du solde de sa dette.
Il soutient que sa situation d'extrême précarité financière de lui permet pas de rembourser la somme restant due.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2023, le département de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il expose qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Conesa-Terrade pour statuer sur la requête en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu en audience publique :
- le rapport de Mme Conesa-Terrade, première conseillère ;
- et les observations de M. C, représentant le département de l'Isère.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Suite à un contrôle de sa situation effectué le 12 avril 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Isère a constaté que M. B, allocataire du revenu de solidarité active, n'avait pas déclaré la situation professionnelle et les revenus perçus par son épouse résidente en Algérie. En réponse à la demande de l'organisme payeur, M. B a transmis les éléments relatifs aux salaires perçus par son épouse depuis janvier 2020. La prise en compte de l'ensemble des ressources effectives du couple sur la période allant du 1er décembre 2020 au 30 juin 2022 a conduit la caisse d'allocations familiales à mettre à sa charge, par une décision du 8 juillet 2022, une somme de 7 714,85 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active constitué sur cette période. M. B a sollicité le 4 novembre 2022 une remise gracieuse de sa dette. Par décision du 8 décembre 2022, la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Isère lui a accordé la remise partielle de sa dette, d'un montant de 5 786,14 euros. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cette décision en tant qu'elle laisse à sa charge le remboursement d'une somme de 1 928,71 euros et de lui accorder la remise du solde de sa dette.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; () ". Aux termes de l'article R. 262-6 de ce code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, (), l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, () ". Aux termes de l'article L. 262-46 du même code : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
4. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active dont le reversement est réclamé à M. B, résulte de l'absence de déclaration par l'allocataire des revenus perçus par son épouse résidant en Algérie, notamment depuis janvier 2020. En réponse à sa demande, l'administration lui a accordé la remise partielle de sa dette, laissant à sa charge le remboursement d'une somme de 1 928,71 euros, soit 25 % du montant d'indu de revenu de solidarité active initialement réclamé.
5. Au soutien de sa demande de remise totale de sa dette, M. B se prévaut de la précarité de sa situation financière. Il soutient qu'il est sans revenu et est hébergé et entretenu gratuitement par son fils. Il n'apporte, toutefois, aucun élément de nature à corroborer ses allégations. Il résulte de l'instruction qu'en réponse à la demande de l'organisme payeur, M. B a transmis les éléments relatifs aux salaires perçus par son épouse depuis janvier 2020. Il ne soutient, ni même n'allègue que son épouse aurait cessé de percevoir des revenus en Algérie. Par suite, la situation de précarité financière du débiteur n'est pas établie. Il n'y a, dès lors, pas lieu de lui accorder la remise du solde de sa dette.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
7. Ce rejet de la requête ne fait, toutefois, pas obstacle à ce que le requérant, s'il s'y croit fondé, saisisse le département de l'Isère d'une demande d'échelonnement du remboursement du solde de sa dette.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D et au département de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2024.
La magistrate désignée,
E. CONESA-TERRADELa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne à la préfète de l'Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2300807
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