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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2303545

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2303545

lundi 15 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2303545
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge unique 8
Avocat requérantHUARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 juin 2023, Mme D B, représentée par Me Huard, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision implicite née le 18 janvier 2023 par laquelle le président du conseil départemental de l'Isère a rejeté son recours préalable et confirmé la décision initiale du 18 octobre 2022 rejetant sa demande d'ouverture de ses droits au revenu de solidarité active ;

3°) d'enjoindre au département de l'Isère de faire droit à sa demande de revenu de solidarité active et de verser rétroactivement les sommes à compter de la date de la demande, et à défaut, de réexaminer sa demande ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administratif et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;

Elle soutient que la décision attaquée :

- est entachée d'un vice de forme en raison de l'absence de signature au regard des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2023, le département de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

M. B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience ont été entendus :

- le rapport de M. A ;

- et les observations de Me Huard, représentant Mme B et de Mme C, représentant le département de l'Isère.

La clôture d'instruction a été fixée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a déposé une demande de revenu de solidarité active. Par une décision du 18 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Isère lui a rejeté sa demande. Mme B a contesté cette décision par un recours préalable rejeté par le président du conseil départemental de l'Isère le 18 janvier 2023. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette prestation d'aide sociale qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Au vu de ces éléments il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.

3. Aux termes de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : ()2° Etre français ou titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour autorisant à travailler. Cette condition n'est pas applicable : () ; b) Aux personnes ayant droit à la majoration prévue à l'article L. 262-9, qui doivent remplir les conditions de régularité du séjour mentionnées à l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale " Aux termes de l'article L. 262-9 du même code : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 est majoré, pendant une période d'une durée déterminée, pour : 1° Une personne isolée assumant la charge d'un ou de plusieurs enfants () / La durée de la période de majoration est prolongée jusqu'à ce que le dernier enfant ait atteint un âge limite. () ". R. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " La durée maximale pendant laquelle la majoration du montant forfaitaire mentionnée à l'article L. 262-9 est perçue est de douze mois. Pour bénéficier de cette durée maximale, la demande doit être présentée dans un délai de six mois soit à compter de la date à laquelle une personne isolée commence à assumer la charge effective et permanente d'un enfant ou, pour les femmes enceintes, à la date de la déclaration de grossesse, soit à compter de la date à laquelle une personne ayant un ou plusieurs enfants doit, du fait qu'elle devient isolée, en assumer désormais la charge effective et permanente. Au-delà de ce délai, la durée de service de l'allocation majorée est réduite à due proportion. Toutefois, cette durée de douze mois est prolongée jusqu'à ce que le plus jeune enfant à charge ait atteint l'âge de trois ans. Cette disposition s'applique même si le parent isolé n'a assumé la charge de l'enfant qu'après la date à laquelle les conditions d'ouverture du droit à l'allocation ont été réunies. ".

4. Il résulte des dispositions précitées qu'une personne étrangère demandant le bénéfice de l'allocation de revenu de solidarité active doit justifier être titulaire depuis au moins cinq ans d'un titre de séjour l'autorisant à travaille. Cette condition n'est toutefois pas applicable aux personnes aux personnes ayant droit à la majoration prévue à l'article L. 262-9 du code de l'action sociale et des familles. Il résulte des dispositions de cet article ainsi que de l'article R. 262-2 du même code que la majoration peut être versée à un parent isolé pendant une durée maximale de douze mois. Cette durée maximale peut toutefois être prolongée jusqu'à ce que le plus jeune enfant du foyer ait atteint l'âge de trois ans. Le code de l'action sociale et des familles a toutefois subordonné l'octroi de cette majoration à la condition qu'elle soit demandée dans les six mois suivant la date à laquelle une personne isolée a commencé à assumer la charge effective et permanente de l'enfant.

5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme B a à sa charge deux enfants nés respectivement en 2015 et 2017 et qu'elle s'est trouvée isolée depuis le 11 mai 2018. A la date de sa demande, en 2022, Mme B n'était plus éligible au revenu de solidarité active majoré, le plus jeune de ses enfants ayant déjà atteint l'âge de trois ans et sa demande était donc tardive. Par ailleurs, il n'est pas contesté qu'elle ne remplissait pas la condition tenant à la détention depuis cinq ans d'un titre de séjour l'autorisant à travailler. Par conséquent, Mme B ne justifie pas remplir les conditions lui permettant de lui ouvrir les droits au bénéfice du revenu de solidarité active.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à Me Huard, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au département de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.

Le président,

J-P. ALa greffière,

L. BOURECHAK

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2303545

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