Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2303709

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2303709
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté la requête de Mme C, qui demandait l’étude de son dossier de reconnaissance de maladie professionnelle. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions tendant à l’annulation d’une décision administrative ou à la condamnation d’une personne publique, en méconnaissance des articles R. 421-1 et R. 411-1 du code de justice administrative. À supposer que Mme C ait contesté la décision du 2 mai 2023 refusant l’imputabilité au service, sa requête ne comportait aucun moyen de droit précis et était dépourvue de pièces médicales suffisantes. L’ordonnance a été rendue sur le fondement des 4° et 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 juin 2023, Mme C demande au tribunal d'étudier son dossier de reconnaissance de maladie professionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit.

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ()".

2. Aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ". L'article R. 421-1 du même code dispose que " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ".

3. Le juge administratif ne peut être saisi que de conclusions tendant à l'annulation d'une décision administrative ou de conclusions indemnitaires lorsque la responsabilité de l'administration est engagée.

4. Mme C demande au tribunal d'étudier son dossier de reconnaissance de maladie professionnelle. Toutefois, il n'entre pas dans les attributions des tribunaux administratifs de faire oeuvre d'administrateur ou de prononcer des injonctions à l'égard de l'administration en dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Mme C ne formule pas de conclusions tendant à l'annulation d'une décision administrative, en particulier, ou à la condamnation d'une personne publique, ce en méconnaissance de l'article R. 421-1 du code de justice administrative.

5. Si Mme C indique que le rapport d'expertise du Docteur A en date du 23 février 2023 est totalement injustifié et que cette décision motive sa contestation, l'acte dont Mme C demande l'annulation constitue une simple mesure préparatoire qui n'est pas de nature à être déférée au juge de l'excès de pouvoir.

6. A supposer que Mme C ait entendu contester la décision du 2 mai 2023 par laquelle la présidente du département de la Drôme n'a pas reconnu l'imputabilité au service de la maladie déclarée le 14 octobre 2022, la requête de Mme C ne comporte l'exposé d'aucun moyen de droit et n'a été suivie, dans le délai du recours contentieux, d'aucune production satisfaisant aux exigences de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Au surplus, elle ne contient aucune pièce médicale au soutien de sa critique du rapport d'expertise du Docteur A. Le moyen selon lequel ce rapport et la décision prise sur son fondement sont totalement injustifiés est dépourvu des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées des 4° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C .

Fait à Grenoble le 10 octobre 2024.

Le président de la 6ème Chambre,

C.Vial-Pailler

La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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