Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2305608
mercredi 20 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2305608 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 août 2023, M. Imam A doit être regardé comme demandant au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 5 octobre 2009 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire faute de points , jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Il soutient qu'il n'a eu aucune amende entre 2005 et 2010.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, l'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. il résulte des pièces du dossier que, par une décision " 48SI " que M. A ne produit au demeurant pas, le ministre de l'intérieur a invalidé le permis de conduire de M. A pour solde de points nul. Il ressort également des pièces du dossier que cette décision lui a été notifiée par un courrier recommandé avec demande d'avis de réception qui a été présenté le 5 octobre 2009 et a été retourné à l'administration avec la mention " Non réclamé - retour à l'envoyeur ". M. A a formé un recours pour excès de pouvoir le 22 décembre 2009 contre cette décision dont il a eu connaissance au plus tard à cette date. Ce recours a été rejeté par jugement n° 0905707 du 21 mars 2011. Un deuxième recours a été rejeté par ordonnance du 23 décembre 2020, n° 1904496, citée par le requérant et devenue définitive. Un troisième recours enregistré sous le n° 2107624 a été rejeté par ordonnance du 30 novembre 2021.
3. En l'absence de tout élément nouveau et compte tenu de l'autorité de chose jugée qui s'attache à ces décisions, la requête de M. A tendant à la suspension de la décision " 48SI ", régulièrement notifiée le 5 octobre 2009, enregistrée le 31 août 2023 est manifestement tardive et doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
4. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ". M. A saisit à intervalles réguliers le tribunal administratif de Grenoble de requêtes manifestement irrecevables. Un tel comportement expose l'intéressé au risque qu'une amende pour recours abusif soit mise à sa charge. S'il ne sera pas fait application de ces dispositions dans la présente instance, il y a tout de même lieu d'en rappeler l'existence à M. A.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. Imam A.
Fait à Grenoble, le 20 septembre 2023.
Le juge des référés,
J. P. WYSS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.