Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2305845
vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2305845 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEGA-CITE |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 septembre 2023, la société Prairies du Breuil, représentée par la SELARL Lega-Cite, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Vif à lui payer la somme de 481 645 euros hors taxe (HT), soit 577 974 euros toutes taxes comprises (TTC), assortie des intérêts de retard capitalisés ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vif une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la commune de Vif reste lui devoir une somme de 481 645 euros HT au titre de la réalisation de travaux de démolition et de désamiantage sur des parcelles cédées ultérieurement par la commune ;
- même dans l'hypothèse d'une annulation de la délibération du 20 juin 2022 ayant approuvé ce paiement et de l'acte de vente des parcelles, cette somme lui est due sur le fondement de la responsabilité délictuelle et de l'enrichissement sans cause.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 novembre 2023, la commune de Vif demande au tribunal de lui permettre d'honorer son engagement financier à l'égard de la société Prairies du Breuil à hauteur de 481 645 euros HT, soit 577 974 euros TTC, mais de l'exonérer du paiement des intérêts de retard.
Elle fait valoir :
- qu'en application du principe de loyauté contractuelle, les contrats publics peuvent être exécutés, même en cas d'annulation pour vice de forme ;
- qu'elle est de bonne foi et a été empêchée dans le paiement, d'abord par les exigences du comptable public, puis par l'intervention d'un déféré préfectoral à l'encontre de la délibération du conseil municipal approuvant le paiement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rogniaux,
- les conclusions de M. Callot, rapporteur public,
- et les observations de Me Mourey, représentant la société Prairies du Breuil.
Considérant ce qui suit :
1. Suivant promesse notariée du 21 février 2019, la commune de Vif s'est engagée à vendre à la société EDIFIM Dauphiné des tènements immobiliers, dont l'un supportait l'ancien monastère de la Visitation, nécessitant des travaux de démolition et de désamiantage à la charge du bénéficiaire de la promesse, dans la limite de 160 000 euros HT, le surplus éventuel étant payé par la commune. Les travaux ont été réalisés par le bénéficiaire en 2019-2020, pour un montant de 641 645 euros HT. Par acte notarié du 2 mai 2022, la vente a été réitérée au profit de la société Prairies du Breuil, venant aux droits de la société EDIFIM Dauphiné. Par une délibération du 20 juin 2022, le conseil municipal de la commune de Vif a approuvé le remboursement à la société Prairies du Breuil des frais de désamiantage et de démolition pour un montant de 481 645 euros HT. Le préfet de l'Isère a contesté devant la présente juridiction la légalité de l'acte de vente du 2 mai 2022 et de la délibération du conseil municipal du 20 juin 2022 autorisant le paiement des travaux. Par un courrier du 11 mai 2023 réceptionné par la commune de Vif le 15 mai 2023, la société Prairies du Breuil a présenté une demande indemnitaire préalable d'un montant de 481 645 euros HT, soit 577 974 euros TTC.
2. Par jugement de ce jour, le déféré préfectoral à l'encontre de l'acte de vente du 2 mai 2022 et de la délibération du 20 juin 2022 approuvant le remboursement des frais de désamiantage et de démolition a été rejeté. Il suit de là qu'il peut désormais être procédé au paiement de la facture émise à ce titre, ce qui a pour effet de priver d'objet les conclusions à fin de paiement de la somme de 481 645 euros HT, soit 577 974 euros TTC sur le fondement de l'enrichissement sans cause. Dès lors que les conclusions principales sont rejetées, il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions accessoires tendant au paiement des intérêts avec capitalisation.
3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune de Vif la somme demandée par la société Prairies du Breuil au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Prairies du Breuil est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Prairies du Breuil et à la commune de Vif.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, présidente,
M. Ban, premier conseiller,
Mme Rogniaux, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
La rapporteure,
A. Rogniaux
La greffière,
J. Bonino
La présidente,
A. Triolet
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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