Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2306216

lundi 28 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2306216
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSELARL STRAT AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble (5ème Chambre) a examiné les recours des consorts A contre deux arrêtés du maire de Chabeuil : le premier retirant un permis d'aménager tacite (28 juillet 2023) et le second refusant ce permis (6 septembre 2023). Le tribunal a rejeté les moyens d'incompétence du signataire, de tardiveté du retrait, de méconnaissance du contradictoire et d'insuffisance de motivation. Il a jugé que le projet méconnaissait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en raison d'un risque pour la sécurité publique lié à l'insertion du chemin d'accès sur une route départementale, et a rejeté les demandes de substitution de motifs de la commune. En conséquence, le tribunal a annulé l'arrêté de retrait du 28 juillet 2023 pour illégalité, mais a rejeté la demande d'annulation de l'arrêté de refus du 6 septembre 2023, ce dernier étant fondé sur un motif légal.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête enregistrée sous le n° 2306216 le 28 septembre 2023, Mme E A, Mme D A, Mme G A et M. H A, représentés par Me Matras, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 juillet 2023 par lequel le maire de la commune de Chabeuil a retiré le permis d'aménager tacite obtenu pour la création de deux lots à bâtir sur la parcelle cadastrée ZP n°126 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Chabeuil de leur délivrer le certificat de permis d'aménager tacite prévu par l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Chabeuil une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le signataire de l'acte est incompétent ;

- le retrait du permis d'aménager est tardif ;

- l'arrêté attaqué méconnaît le principe du contradictoire ;

- il est insuffisamment motivé ;

- le projet ne méconnaît pas les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- il ne méconnaît pas les dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;

- il ne méconnaît pas les dispositions de l'article UB 13 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 décembre 2023, la commune de Chabeuil, représentée par Me Gaël, conclut au rejet de la requête, et à la condamnation des requérants à lui verser une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les moyens ne sont pas fondés ;

- à titre subsidiaire, il doit être procédé à une " substitution de base légale et de motifs " pour incomplétude du dossier de demande de permis d'aménager, pour méconnaissance de l'article UB2 du règlement écrit du PLU et en raison d'une fraude.

II - Par une requête enregistrée sous le n° 2306217 le 28 septembre 2023, Mme E A, Mme D A, Mme G A et M. H A, représentés par Me Matras, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 septembre 2023 par lequel la commune de Chabeuil a refusé de leur délivrer un permis d'aménager pour la création de deux lots à bâtir sur la parcelle cadastrée ZP n°126 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Chabeuil de leur délivrer le certificat de permis d'aménager tacite prévu par l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir, à titre subsidiaire de leur délivrer le permis d'aménager sollicité dans un délai d'un mois à compter de ce jugement, et d'assortir ces injonctions d'une astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Chabeuil une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté du 28 juillet 2023 retirant le permis d'aménager tacite étant illégal pour les mêmes motifs que ceux développés dans la requête n°2306216, l'arrêté du 6 septembre 2023, qui doit être regardé comme une décision de retrait de ce permis d'aménager, est tardif ;

- le signataire de l'arrêté est incompétent ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- le projet ne méconnaît pas les dispositions de l'article UB 11 du règlement du PLU et de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;

- il ne méconnaît pas les dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;

- il ne méconnaît pas les dispositions de l'article UB 13 du règlement du PLU.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 décembre 2023, la commune de Chabeuil, représentée par Me Gaël, conclut au rejet de la requête, et à la condamnation des requérants à lui verser une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les moyens ne sont pas fondés ;

- à titre subsidiaire, il doit être procédé à une " substitution de base légale et de motifs " pour incomplétude du dossier de demande de permis d'aménager, pour méconnaissance de l'article UB2 du règlement écrit du PLU et en raison d'une fraude.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Naillon,

- les conclusions de Mme F,

- et les observations de Me Marthelet, représentant les consorts A, et de Me Gaël, représentant la commune de Chabeuil.

Considérant ce qui suit :

1. Le 28 décembre 2022, les consorts A ont déposé une demande de permis d'aménager sur la parcelle cadastrée ZP n°126 pour la création de deux lots de terrain à bâtir avec chemin d'accès commun à vocation d'habitation. Après avoir considéré que les consorts A étaient titulaires d'un permis d'aménager tacite né du silence gardé par l'administration jusqu'à l'expiration du délai d'instruction, le maire de la commune de Chabeuil a retiré ce permis d'aménager tacite par un arrêté du 28 juillet 2023. Par un arrêté du 6 septembre 2023, le maire de la commune a refusé de délivrer le permis d'aménager sollicité le 28 décembre 2022. Les requérants sollicitent l'annulation des arrêtés du 28 juillet 2023 et du 6 septembre 2023.

2. Les requêtes nos 2306216 et 2306217 concernant un même permis d'aménager et ayant fait l'objet d'une instruction commune, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs :

3. En premier lieu, les arrêtés en litige ont été signés par M. C B, 7ième adjoint au maire de la commune de Chabeuil, qui avait reçu, à cette fin, une délégation consentie par arrêté du maire du 16 mai 2023, régulièrement publiée. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence du signataire des actes doivent être écartés.

4. En second lieu, les arrêtés attaqués visent les textes dont ils font application et énoncent les éléments de fait essentiels sur lesquels ils se fondent. Ils sont suffisamment motivés quand bien même les requérants auraient souhaité qu'y figurent d'autres éléments. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation doivent être écartés.

En ce qui concerne l'arrêté du 28 juillet 2023 :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire () ".

6. Aux termes de l'article R. 423-23 du même code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : () c) Trois mois pour les () demandes de permis d'aménager ". Aux termes de l'article R. 423-38 de ce code : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes ". Aux termes de l'article R. 423-39 du même code : " L'envoi prévu à l'article R. 423-38 précise : a) Que les pièces manquantes doivent être adressées à la mairie dans le délai de trois mois à compter de sa réception ; b) Qu'à défaut de production de l'ensemble des pièces manquantes dans ce délai, la demande fera l'objet d'une décision tacite de rejet en cas de demande de permis ou d'une décision tacite d'opposition en cas de déclaration ; c) Que le délai d'instruction commencera à courir à compter de la réception des pièces manquantes par la mairie ". Aux termes de l'article R. 424-1 de ce code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : () b) () permis d'aménager () tacite () ".

7. La notice descriptive du dossier de permis d'aménager déposé le 28 décembre 2022 se borne à mentionner l'existence de feuillus et de ce que " l'aménagement de la voirie d'accès et des futures villas a entrainé l'abattage d'arbres ". Cependant, le dossier de permis d'aménager ne permet pas de déterminer le nombre et la localisation exacte des arbres existants, ceux qui seront conservés et ceux qui seront éventuellement plantés. De plus, si le plan topographique délimite une " zone boisée ", il ne distingue pas les plantations créées et conservées. Dès lors, la demande de pièces complémentaires émise par le service instructeur le 10 janvier 2023 était légale et de nature à proroger le délai d'instruction.

8. Il ressort de l'arrêté attaqué que suite à la réception de pièces complémentaires le 10 février 2023 et en l'absence de réponse du service instructeur dans le délai de trois mois fixé par l'article R. 424-1 du code de l'urbanisme précité, le maire de la commune de Chabeuil a considéré qu'un permis d'aménager tacite était né le 10 mai 2023. L'arrêté du 28 juillet 2023 procédant au retrait de ce permis d'aménager tacite est ainsi intervenu dans le délai légal de trois mois prévu par l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme et n'est donc pas tardif.

9. En deuxième lieu, l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles ; / 2° Lorsque leur mise en œuvre serait de nature à compromettre l'ordre public ou la conduite des relations internationales. / 3° Aux décisions pour lesquelles des dispositions législatives ont instauré une procédure contradictoire particulière () ". Aux termes de l'article L. 122-1 de ce code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix () ". La décision portant retrait d'un permis d'aménager est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire, permettant au titulaire du permis de construire d'être informé de la mesure qu'il est envisagé de prendre, ainsi que des motifs sur lesquels elle se fonde, et de bénéficier d'un délai suffisant pour présenter ses observations.

10. Par courrier du 22 mai 2023, la commune a informé les requérants qu'" une procédure de retrait administratif est engagée " à l'encontre du permis d'aménager tacite. Y sont mentionnés les motifs pour lesquels le retrait est envisagé et une invitation expresse des requérants à présenter leurs observations dans un délai de quinze jours à compter de la réception du courrier. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la procédure de retrait du permis d'aménager en litige n'a pas respecté le principe du contradictoire.

11. En troisième lieu, pour retirer le permis d'aménager tacite en litige, le maire de la commune de Chabeuil s'est fondé sur le fait que celui-ci méconnaissait les articles R. 111-2 et R. 431-8 du code de l'urbanisme et l'article UB13 du règlement du règlement du PLU, relatif aux espaces libres et plantations, aux termes duquel : " () Les plantations existantes doivent être maintenues ou remplacées () ".

12. D'une part, l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme relatif à la composition du dossier de permis de construire n'est pas applicable au permis d'aménager. Par suite, la décision en litige ne pouvait être prise sur le fondement de ces dispositions.

13. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée.

14. Aux termes de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords et indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé () ". Aux termes de l'article R. 441-4 du même code : " Le projet d'aménagement comprend également : () 2° Un plan coté dans les trois dimensions faisant apparaître la composition d'ensemble du projet et les plantations à conserver ou à créer ".

15. En l'espèce, dans son mémoire en défense, la commune de Chabeuil demande à ce qu'une substitution de base légale soit opérée. La décision attaquée trouve effectivement son fondement légal dans les dispositions des articles R. 441-3 et R. 441-4 du code de l'urbanisme, qui peuvent être substituées à celles de l'article R. 431-8 du même code dès lors que cette substitution de base légale n'a pas pour effet de priver les requérants d'une garantie et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation.

16. D'autre part, il ressort du procès-verbal de constat du commissaire de justice que le 14 octobre 2022, la parcelle, qui était boisée, était en cours de déboisement partiel, déboisement révélé par la présence d'arbres fraîchement coupés et la présence d'une grande benne remplie de troncs coupés. Il mentionne également la présence de marques rouges sur plusieurs arbres. De plus, il ressort du procès-verbal de constat du commissaire de justice que le 8 décembre 2022, une trentaine d'arbres était coupée, la partie centrale de la parcelle était totalement déboisée et les arbres marqués en rouge lors du précédent constat avaient disparu. Ainsi, le dossier de demande de permis d'aménager enregistrée le 28 décembre 2022, après l'abattage des arbres, fait apparaitre un terrain moins arboré. Toutefois, les abattages d'arbres ayant été effectués en vue de la réalisation du projet en litige, la demande devait décrire la végétation située sur le terrain dans son état initial, antérieurement aux abattages.

17. Suite à la demande de pièces complémentaires formulée par le service instructeur, les pétitionnaires ont fourni, le 10 février 2023, une notice descriptive complétée, mentionnant l'existence de 181 chênes sur le terrain, reportés sur les plans topographiques et de composition de voirie. Toutefois, si cette notice mentionne l'abattage réalisé, elle ne permet pas d'apprécier quelles sont les plantations maintenues ou supprimées.

18. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le motif de retrait du permis en litige tiré de l'insuffisance de la notice descriptive était illégal.

19. Enfin, dès lors que le projet ne prévoit pas de conserver ou de remplacer les arbres existants sur la parcelle, c'est à bon droit que la commune a estimé que le permis d'aménager en litige méconnaissait les dispositions de l'article UB13 du règlement du PLU.

20. Les motifs tirés de la méconnaissance des articles R. 441-3 et R. 441-4 du code de l'urbanisme et de l'article UB13 du règlement du PLU sont propres à eux seuls à fonder légalement l'arrêté attaqué et le maire de la commune aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que ces deux seuls motifs. Par suite, l'éventuelle erreur dont serait entaché l'autre motif de l'arrêté en litige fondé sur l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est sans incidence sur le sens de celui-ci.

21. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les substitutions de motifs demandées par la commune de Chabeuil, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 28 juillet 2023 doivent être rejetées.

En ce qui concerne l'arrêté du 6 septembre 2023 :

22. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté du 28 juillet 2023 est illégal et que, par suite, l'arrêté en litige du 6 septembre 2023, qui devrait être regardé comme une décision de retrait, est tardif.

23. En second lieu, pour refuser le permis d'aménager sollicité par les consorts A, le maire de Chabeuil s'est fondé sur le fait que celui-ci méconnaît les articles R. 111-27 et R. 431-8 du code de l'urbanisme ainsi que les articles UB11 et UB13 du règlement du PLU.

24. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 12 à 15, les dispositions des articles R. 441-3 et R. 441-4 du code de l'urbanisme doivent être substituées aux dispositions de l'article R. 431-8 du même code dès lors que cette substitution de base légale n'a pas pour effet de priver les requérants d'une garantie et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation. Par ailleurs, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 16 et 17, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les motifs de refus fondés sur les articles R. 441-3, R. 441-4 du code de l'urbanisme et UB13 du règlement du PLU étaient illégaux.

25. Les motifs tirés de la méconnaissance des articles R. 441-3 et R. 441-4 du code de l'urbanisme et de l'article UB13 du règlement du PLU sont propres à eux seuls à fonder légalement l'arrêté attaqué et le maire de la commune de Chabeuil aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que ces deux seuls motifs. Par suite, les éventuelles erreurs dont seraient entachés les autres motifs de l'arrêté en litige sont sans incidence sur le sens de celui-ci.

26. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les substitutions de motifs demandées par la commune de Chabeuil, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 6 septembre 2023 doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

27. D'une part, les conclusions à fin d'annulation étant rejetées, les conclusions à fin d'injonction doivent, par voie de conséquence, être rejetées.

28. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Chabeuil, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme demandée par la commune de Chabeuil au même titre.

D E C I D E :

Article 1er :Les requêtes nos 2306216 et 2306217 sont rejetées.

Article 2 :Les conclusions présentées par la commune de Chabeuil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme E A et à la commune de Chabeuil.

Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bedelet, présidente,

M. Argentin, premier conseiller,

Mme Naillon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2024.

La rapporteure,

L. Naillon

La présidente,

A. Bedelet

Le greffier,

P. Muller

La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2306216 ; 2306217