mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2306712 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SAMBA-SAMBELIGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2023 et complétée par un mémoire enregistré le 22 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Samba Sambeligue, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 octobre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Savoie a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que l'arrêté litigieux est insuffisamment motivé, viole le droit d'être entendu, est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme (CESDH), est entaché d'erreur manifestation d'appréciation et viole les articles L. 612-2 et L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2023, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CESDH) ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Journé,
- les observations de Me Samba Sambeligue représentant M. A.
1. Monsieur A B, ressortissant roumain, déclare être entré sur le territoire français en 2010 accompagné de son épouse et ses trois enfants. Le 30 janvier 2023, le tribunal correctionnel d'Annecy l'a condamné à une peine délictuelle de 24 mois d'emprisonnement et retrait total de l'exercice de l'autorité parentale pour des faits de violence aggravée sur tiers outre violence et menace de mort réitérée envers son épouse.
2. En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. A.
3. L'arrêté attaqué mentionne les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement s'agissant aussi bien de l'obligation de quitter le territoire que de l'interdiction de retour. Il est ainsi suffisamment motivé et, il ne résulte pas de ses termes qu'il résulterait d'un défaut d'examen de la situation de l'intéressé.
4. Le requérant ne justifie pas d'éléments qu'il aurait vainement tenté de porter à la connaissance du préfet et qui aurait eu une incidence sur le sens de la décision contestée. En conséquence, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général du contradictoire ne peut qu'être écarté.
5. Si le requérant expose vivre depuis plusieurs années en France avec son épouse et ses enfants où il dispose d'un logement et d'un emploi stable, le préfet pouvait prendre la décision d'éloignement litigieuse sans erreur manifeste d'appréciation et sans violer l'article 8 de la CESDH compte tenu du comportement personnel de l'intéressé, dont notamment la violence qu'il a exercée envers son épouse.
6. Le requérant, qui constitue une menace pour l'ordre public comme le montrent les faits exposés au point 1, pouvait légalement se voir refuser un délai de départ volontaire sans violation de l'article L. 612-2 du CESDA, ainsi que faire l'objet d'une interdiction de retour sans erreur manifeste d'appréciation par application de L. 612-6 du même code.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A ainsi qu'à Me Samba Sambeligue et au préfet de la Haute-Savoie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
P. Journé
La greffière,
J. Bonino
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026