Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2308066
mercredi 18 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2308066 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés le 11 décembre 2023, le 14 décembre 2023 et le 24 avril 2024, M. Imam B doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision " 48SI " du 1er octobre 2009 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a notifié un retrait de points suite à une infraction commise le 19 février 2009 entraînant l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) d'annuler les décisions de retraits de points lors des infractions commises le 22 novembre 2004, le 4 novembre 2004, le 3 février 2005 et le 3 mai 2005.
3°) d'enjoindre au ministre de lui restituer son permis de conduire.
Il soutient que :
- les décisions de retrait de points ne lui ont pas été notifiées ;
- le calcul des points est erroné dès lors qu'il possédait la totalité de ses douze points le 5 février 2005, par conséquent l'administration ne pouvait lui notifier l'invalidité de son permis de conduire sur des infractions commises préalablement à cette date ;
- l'administration a fait de fausses déclarations.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est tardive,
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La clôture de l'affaire a été fixée au 16 mai 2024 par ordonnance du 2 mai 2024.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience ont été entendus :
- le rapport de M. A ;
- les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'article R. 421-5 du même code dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
2. Il résulte des pièces du dossier que, par une décision " 48SI " du 1er octobre 2009, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a invalidé le permis de conduire de l'intéressé pour solde de points nul. Il ressort également des pièces du dossier que cette décision lui a été notifiée par un courrier recommandé avec demande d'avis de réception qui a été présenté le 5 octobre 2009 à l'adresse Chemin de Thabor et a été retourné à l'administration avec la mention " Non réclamé - retour à l'envoyeur " et non " N'habite pas à l'adresse indiqué " ou " Inconnu à l'adresse ". M. B a confirmé à l'audience l'exactitude de cette adresse. Le délai de recours a donc commencé à courir le 5 octobre 2009 pour se terminer le 6 décembre 2009. Le requérant a formé un recours pour excès de pouvoir le 22 décembre 2009 contre cette décision. Ce recours a été rejeté par jugement n° 0905707 du 21 mars 2011. Son appel a été rejeté par la Cour le 8 juin 2011. Un deuxième recours a été rejeté par ordonnance n° 1904496 du 23 décembre 2020, devenue définitive. Un troisième recours enregistré sous le n° 2107624 a été rejeté par ordonnance du 30 novembre 2021. Enfin, le ministre indique sans être contredit que le requérant a refusé de restituer son permis de conduire à l'administration le 11 janvier 2011.
3. Par suite et en l'absence de tout élément nouveau de nature à rouvrir le délai de recours, la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision " 48SI " régulièrement notifiée le 5 octobre 2009, enregistrée le 11 décembre 2023, est tardive et ne saurait être régularisée.
4. M. B ne peut par suite utilement faire valoir qu'il n'est redevable d'aucune amende entre 2005 et 2009 ou que les retraits de points successifs ne lui auraient pas été régulièrement notifiés.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. Imam B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.
Le président,
J. P. ALa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.