Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2308130

mardi 9 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2308130
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 décembre 2023 et des mémoires, enregistrés les 27 décembre 2023 et 4 janvier 2024, M. B demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un nouveau récépissé de demande de titre de séjour.

Il soutient que :

- il a respecté les délais et procédures de demande renouvellement de son récépissé ;

- il est dans une situation d'urgence.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 décembre 2023 et le 3 janvier 2024, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'il a délivré à M. B un rendez-vous pour lui remettre son récépissé le 15 janvier 2024

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant tchadien, entré sur le territoire français le 26 décembre 2019, y séjourne depuis lors, notamment au bénéfice de cartes de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dont la dernière expirait le 29 juillet 2023. Il expose qu'ayant perdu son titre le 4 mai 2023 il en a demandé le renouvellement. Un récépissé de demande de titre de séjour lui a été délivré, valable jusqu'au 29 décembre 2023. Il demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'enjoindre au préfet de lui délivrer un nouveau récépissé.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

4. Il résulte de l'instruction que postérieurement à l'introduction de sa requête, le préfet de l'Isère a convoqué M. B afin de lui remettre son nouveau récépissé, à un rendez-vous, fixé le 15 janvier 2024, que ce dernier a confirmé. En dépit du fait regrettable que ce rendez-vous lui a été fixé plus de deux semaines après l'expiration de son récépissé, l'intervention d'une mesure d'injonction en application des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne présente plus, dans ces conditions, un caractère d'urgence et d'utilité.

5. Il y a lieu dans ces conditions de rejeter la requête de M. B.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera délivrée au préfet de l'Isère

Fait à Grenoble, le 9 janvier 2024.

Le juge des référés,

P. Thierry

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 23081302