jeudi 28 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2308371 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BOUCHAIR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 décembre 2023, M. B C, représenté par Me Bouchair, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 novembre 2023 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- les décisions lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français méconnaissent le 1° de l'article 6 et l'article 7 de l'accord franco- algérien ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2024, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pfauwadel, président ;
- les observations de Me Bouchair avocate de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant algérien né en 1982, est entré en France le 2 décembre 2012, sous couvert d'un visa de court séjour d'une durée de quinze jours, valable du 1er au 31 décembre 2012. A la suite d'une première demande de titre de séjour présentée le 7 juillet 2021, il a fait l'objet le 12 février 2022 d'une première mesure d'éloignement. Le 10 mai 2023, il a présenté une demande de titre de séjour à titre principal sur le fondement de l'article 6-1° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et subsidiairement à titre exceptionnel ou au regard de considérations humanitaires. Par un arrêté du 29 novembre 2023, le préfet de l'Isère lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : / 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans () ".
3. Le préfet de l'Isère a refusé de délivrer un certificat de résidence à M. C sur le fondement des dispositions précitées au motif qu'il ne justifiait pas d'une résidence habituelle en France depuis plus dix ans et que les éléments transmis n'ont que peu de valeur probante, la majeure partie des documents fournis démontrant uniquement sa prise en charge par le système de santé français.
4. M. C produit à l'instance, pour chaque année de 2013 à 2023, plusieurs pièces de nature à attester de sa présence en France. Si ces pièces sont majoritairement constituées de documents médicaux tels que des ordonnances médicales et des titres de transports, ces pièces n'en justifient pas moins de la résidence en France de M. C depuis au moins avril 2013. Aucune pièce du dossier ne contredit sa présence continue sur le territoire français au cours de ces dix années, alors même qu'il a fait l'objet d'une décision d'éloignement. Ainsi, le requérant, qui justifiait de dix années de résidence en France à la date de l'arrêté contesté, pouvait prétendre à la délivrance de plein droit d'un certificat de résidence en application des stipulations du 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Il suit de là, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation du refus de délivrance d'un certificat de résidence et par voie de conséquence de l'obligation de quitter le territoire français avec interdiction de retour pendant une durée d'un an.
5. L'annulation de l'arrêté attaqué implique nécessairement, eu égard à son motif, qu'il soit délivré à M. C un certificat de résidence d'un an. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Isère d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à M. C au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de l'Isère du 29 novembre 2023 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Isère de délivrer à M. C un certificat de résidence d'un an dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 15 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Bailleul, première conseillère,
Mme Permingeat, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.
Le président rapporteur,
T. Pfauwadel
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
C. Bailleul
Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026