Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2400195

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2400195
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. E, qui contestait la réduction de sa prime de transition énergétique de 5 000 à 2 800 euros pour l’installation d’un chauffe-eau solaire. La juridiction a jugé que l’équipement installé était en réalité un chauffe-eau thermodynamique, ouvrant droit à un forfait de 800 euros pour un ménage modeste, conformément à l’arrêté du 14 janvier 2020. La décision de l’Agence nationale de l’habitat, qui avait réduit la subvention en conséquence, a donc été validée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 janvier 2024, M. E demande au tribunal d'annuler la décision du 1er février 2023 par laquelle la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a rejeté son recours préalable obligatoire à l'encontre de la décision lui ayant refusé l'attribution d'une subvention au titre de la prime de transition énergétique.

Il soutient qu'il a procédé à l'installation d'un chauffe-eau solaire individuel conformément à sa demande de prime ; l'Agence nationale de l'habitat lui a attribué initialement une prime de 5000 euros et il n'est pas normal de diminuer à 2 800 euros la prime alors que les matériaux sont identiques.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 septembre 2024, l'Agence nationale de l'habitat conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que la requête est tardive et non-fondée.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu

- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique

- l'arrêté du 29 décembre 2022 modifiant l'arrêté du 14 janvier 2020 modifié et l'arrêté du 7 avril 2022 relatifs à la prime de transition énergétique, et l'arrêté du 17 novembre 2020 relatif aux caractéristiques techniques et modalités de réalisation des travaux et prestations dont les dépenses sont éligibles à la prime de transition énergétique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Sauveplane,

- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. E a demandé à bénéficier de la prime de transition énergétique pour des travaux à réaliser sur le logement situé à Marnaz et dont il est propriétaire. Par une décision du 12 septembre 2022, l'Agence nationale de l'habitat lui a attribué, sous condition, une subvention de 5000 euros pour les travaux déclarés. Par une décision du 11 octobre 2022, la directrice générale de l'agence nationale de l'habitat a retiré cette décision et a réduit le montant de la subvention initialement accordée de 5 000 euros à 2 800 euros. M. E a déposé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision, dont l'agence a accusé réception le 1er décembre 2022. Une décision implicite de rejet est née le 1er février 2023 du silence gardé par l'agence sur ce recours, et dont elle demande l'annulation. Ultérieurement, l'Agence nationale de l'habitat a explicitement retiré cette décision implicite par une décision explicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire du 16 mai 2023, notifié le 13 novembre 2023.

2. Il ressort des pièces du dossier que M. E a installé un chauffe-eau solaire individuel de la marque Alliantz modèle VT3131 SILVER 270 litres. L'Agence nationale de l'habitat fait valoir, sans être contredite, que ce modèle correspond à un chauffe-eau thermodynamique. Or, en application de l'annexe 2 de l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, ce type d'équipement dans le cas d'un ménage relevant de la catégorie " modeste " est éligible à un forfait de 800 euros. Par suite c'est à bon droit que l'Agence nationale de l'habitat a réduit de 3000 à 800 euros le montant de la subvention accordée au titre de la prime de transition énergétique pour cet équipement.

3. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de la directrice de l'Agence nationale de l'habitat du 16 mai 2023, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de M. E est rejetée.

Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. A E et à l'Agence nationale de l'habitat.

Délibéré après l'audience du 30 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Mathieu Sauveplane, président,

- Mme C F, première-conseillère,

- Mme D B, première-conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

Le président-rapporteur,

M. Sauveplane

L'assesseure la plus ancienne,

C. F

La greffière,

C. Jasserand

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui les concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.