Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2401778

mardi 19 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2401778
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 mars 2024, M. C A, représenté par Me Dieye demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2024 portant assignation à résidence ;

2°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2022 en ce qu'il a prononcé une interdiction de retour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le préfet n'a pas justifié qu'il existait un risque de soustraction et une perspective raisonnable à son éloignement ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- les droits de la défense ont été méconnus.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2024, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B en application des chapitres VI à VII ter du titre VII du livre VII du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme B, qui a soulevé d'office le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 15 mars 2022 pour tardiveté, et avoir constaté l'absence des parties.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, né en 2002, de nationalité guinéenne a fait l'objet d'une décision d'obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire assortie d'une interdiction de retour d'un an en date du 15 décembre 2022. Par un arrêté du 14 mars 2024, dont M. A demande l'annulation, le préfet de l'Isère a assigné M. A à résidence pour une durée maximale de 45 jours renouvelable une fois.

Sur l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 15 décembre 2022 :

2. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 15 décembre 2022 a été notifié à M. A le 12 janvier 2023. Cet arrêté lui mentionnait qu'il pouvait, conformément aux dispositions de l'article R.776-2 du code de justice administrative, faire un recours contre cet arrêté dans un délai de 48 heures selon sa notification. Les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 15 décembre 2022 présentées le 16 mars 2024 sont donc tardives et donc irrecevables pour ce motif.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 14 mars 2024 :

3. En premier lieu, si M. A soutient que le préfet n'a pas justifié qu'il existait un risque de soustraction et une perspective raisonnable à son éloignement, il ressort au contraire de l'arrêté attaqué que le préfet a mentionné dans la décision attaquée que M. A bénéficiait d'un logement, qu'il avait fait l'objet d'une décision d'obligation de quitter le territoire qu'il n'avait pas exécutée et qu'il n'avait pas remis son passeport. M. A n'est donc pas fondé à soutenir que la décision attaquée n'est pas motivée ou entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

4. En second lieu, M. A fait valoir que l'arrêté méconnaît les droits de la défense, dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure de faire valoir ses observations spécifiques sur les impératifs de sa vie privée et familiale préalablement à l'arrêté d'assignation à résidence. Toutefois, contrairement à ce qu'il indique, il a pu faire valoir ses observations lors de son audition du 14 mars 2024. En outre, il n'invoque aucun fait ni aucune circonstance autres que ceux déjà portés à la connaissance de l'administration en ce qui concerne sa situation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense doit être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2024.

La magistrate désignée,

AS. BLa greffière,

L. BOURECHAK

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.