Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2402089
mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2402089 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 mars 2024, le préfet de l'Isère demande au tribunal de suspendre l'exécution du contrat à durée déterminée n°2024/P073 du 26 janvier 2024 conclu entre la commune de Beaurepaire et Mme B A, pour une durée de 3 ans, à compter du ler février 2024, en qualité d'attachée principale contractuelle, pour assurer les fonctions de chargée de mission auprès du maire pour l'optimisation des ressources communales.
Le préfet de l'Isère soutient que :
- la procédure de recrutement est viciée en raison d'une nomination sur un emploi non créé par l'organe délibérant ; cette nomination est entachée de nullité ; des mentions obligatoires sont manquantes dans le contrat de travail ;
- le contrat est constitutif d'un détournement de pouvoir ; il est constitutif d'un détournement des règles de recrutement dans l'emploi fonctionnel ; il est constitutif d'une nomination pour ordre.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1.".
2. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 522-1 du code de justice administrative : " () A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. ".
3. Si le préfet de l'Isère a présenté, dans le cadre d'un référé, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, des conclusions à fin de suspension de l'exécution du contrat à durée déterminée n°2024/P073 du 26 janvier 2024 conclu entre la commune de Beaurepaire et Mme B A, pour une durée de 3 ans, à compter du ler février 2024, en qualité d'attachée principale contractuelle, pour assurer les fonctions de chargée de mission auprès du maire pour l'optimisation des ressources communales, il ne produit pas dans le cadre de cette instance en référé de copie de la requête aux fins d'annulation de cette décision en méconnaissance des dispositions de l'article R. 522-1 du code de justice administrative citées au point 2. La seule requête aux fins d'annulation produite est celle enregistrée le 12 août 2022 tendant à l'annulation du contrat d'engagement à durée déterminée conclu entre la commune de Beaurepaire et Mme A le 11 avril 2022 et qui a donné lieu à un jugement du 26 décembre 2023. Il suit de là que la requête est manifestement irrecevable, et doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E
Article 1er : La requête du préfet de l'Isère est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de l'Isère, à la commune de Beaurepaire et à Mme B A.
Fait à Grenoble, le 2 avril 2024.
Le juge des référés,
Claude C
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.