Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2402381

vendredi 22 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2402381
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. A, qui contestait le refus implicite de l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) de lui verser une subvention au titre de la prime de transition énergétique. La juridiction a constaté que la décision implicite attaquée était inexistante, l’ANAH ayant déjà agréé le recours préalable de M. A par une décision expresse du 9 janvier 2024, antérieure à la décision contestée. Les conclusions d’annulation ont donc été jugées irrecevables, de même que celles relevant du plein contentieux, faute de demande préalable de paiement liant le contentieux. L’ordonnance se fonde sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative pour rejeter la requête comme manifestement irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 avril 2024 et un mémoire du 7 novembre 2024, M. A, représenté par Me Ivanovitch, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite du 6 février 2024 par laquelle la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a rejeté son recours préalable obligatoire à l'encontre de la décision implicite née le 6 avril 2023 lui ayant refusé le paiement d'une subvention au titre de la prime de transition énergétique ;

2°) d'enjoindre à l'Agence nationale de l'habitat de lui verser la somme de 6 960 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Agence nationale de l'habitat la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 novembre 2024, l'Agence nationale de l'habitat conclut au non-lieu à statuer.

Les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de se fonder sur un moyen relevé d'office en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative.

Vu les observations en réponse de M. A enregistrées le 18 novembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ; ".

2. M. A demande l'annulation d'une implicite de rejet du 6 février 2024. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a agréé le recours administratif préalable obligatoire de M. A par une décision du 9 janvier 2024, antérieure à la décision implicite dont se prévaut M. A. Par suite, les conclusions d'annulation de M. A sont dirigées contre une décision inexistante. La circonstance que M. A a été tenu dans l'ignorance de cette décision du 9 janvier 2024 jusqu'à la communication par l'Agence nationale de l'habitat en cours d'instance de cette décision, reste sans incidence sur l'irrecevabilité de ses conclusions dirigées contre une décision sans existence juridique. Dès lors, ces conclusions ne peuvent qu'être rejetées.

3. A supposer que la requête de M. A puisse être regardée comme un litige de plein-contentieux portant sur le refus de l'Agence nationale de l'habitat de lui payer la prime de 8 000 euros qu'elle lui a accordée par décision du 28 octobre 2024, il ne ressort pas des pièces du dossier ni que l'Agence nationale de l'habitat aurait refusé de payer à M. A cette somme ni que ce dernier aurait saisi l'Agence d'une demande de paiement de nature à lier le contentieux. Par suite, ces conclusions sont également irrecevables.

4. L'Agence nationale de l'habitat n'étant pas partie perdante à l'instance, les conclusions de M. A tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de M. A est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A et à l'Agence nationale de l'habitat.

Fait à Grenoble, le 22 novembre 2024.

Le président,

M. B

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui les concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.