Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2402618

lundi 9 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2402618
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de l'association syndicale des propriétaires du lotissement les Jonquilles, qui demandait au juge d'enjoindre à la société Free Mobile de déplacer son projet d'antenne relais. Le juge a rappelé qu'il ne peut se substituer à l'administration ou adresser des injonctions en dehors des cas prévus par la loi, et que les conclusions ne tendaient ni à l'annulation d'un acte administratif ni à la condamnation d'une personne publique. Cette décision est fondée sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 avril 2024, l'association syndicale des propriétaires du lotissement les Jonquilles, demande au tribunal de " faire le nécessaire " et demander à la société Free mobile qu'elle trouve un terrain loin des habitations des sociétaires de l'association pour son projet d'implantation d'antenne relai téléphonique.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ; ".

2. En dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l'espèce, il n'appartient pas à la juridiction administrative d'accueillir des conclusions tendant à d'autres fins que l'annulation d'une décision administrative en raison de son illégalité ou la condamnation d'une personne publique à verser une somme d'argent. Ainsi, le juge administratif ne peut faire œuvre d'administrateur et se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré, ni adresser des injonctions à une autorité administrative hormis dans le cas où cela est impliqué par l'annulation d'un acte administratif prononcée à titre principal.

3. L'association syndicale des propriétaires du lotissement les Jonquilles doit être regardée comme demandant au tribunal d'enjoindre à titre principal à la société Free Mobile de trouver un autre terrain pour réaliser son projet d'implantation d'une antenne relais de téléphonie mobile. Elle ne demande ni l'annulation d'un acte administratif, ni la condamnation d'une personne publique en raison de son action ou de sa carence fautive. Les conclusions ne relèvent d'aucune des mesures ou pouvoirs qui peuvent être mises en œuvre par le juge de l'excès de pouvoir ou du plein contentieux. Ses conclusions sont dès lors manifestement irrecevables et doivent dès lors, être rejetée en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de l'association syndicale des propriétaires du lotissement les Jonquilles est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association syndicale des propriétaires du lotissement les Jonquilles.

Fait à Grenoble, le 9 septembre 2024.

Le président,

P. Thierry

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.