lundi 22 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2402742 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 avril 2024, M. B A, représenté par Me Schürmann, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative :
- de suspendre la décision par laquelle la préfecture de l'Isère refuse de lui accorder un rendez-vous et d'enregistrer sa demande de renouvellement de récépissé ;
- de suspendre la décision implicite de refus de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans l'attente d'une décision du préfet sur sa demande de titre de séjour ;
- de renouveler son récépissé dans un délai de 5 jours à compter de la notification de la présente ordonnance sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à compter de la notification de la présente ordonnance ;
- de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
- de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, dont distraction au profit de son conseil, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir
la somme correspondante à la contribution de l'Etat.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ; il se trouve, à cause de l'impossibilité d'obtenir un RDV en préfecture, dépourvu de tout document attestant de la régularité de son séjour alors qu'il justifie avoir entrepris toutes les démarches nécessaires à sa demande de renouvellement de son récépissé ; le refus lui donner un RDV et donc d'enregistrer sa demande de renouvellement de récépissé, a pour conséquence de le maintenir dans une situation administrative et sociale précaire dès lors qu'il demeure en situation irrégulière et peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français à tout moment ; en outre, sa situation administrative fait obstacle à ce qu'il prétende à une aide de la CAF et à l'attribution d'un logement social ;
- il existe un doute sérieux concernant la légalité de la décision : le refus implicite de donner un RDV au requérant et, par conséquent, d'enregistrer la demande de renouvellement de son titre de séjour est pris par une autorité incompétente ; il n'est pas motivé ; il est entaché d'erreur de droit ; il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ; le refus implicite de la préfecture de l'Isère de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour est pris par une autorité incompétente ; il n'est pas motivé ; il est entaché d'erreur de droit ; il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Vu la requête enregistrée sous le n° 2402741, le 19 avril 2024, par laquelle M. B A, représenté par Me Schürmann, demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre M. B A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur le demande de suspension :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique [] ". Enfin aux termes de l'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1.
3. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. Par dérogation au premier alinéa, ce délai est de quatre-vingt-dix jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'un titre de séjour mentionné aux articles R. 421-23, R. 421-43, R. 421-47, R. 421-54, R. 421-54, R. 421-60, R. 422-5, R. 422-12, R. 426-14 et R. 426-17. Par dérogation au premier alinéa ce délai est de soixante jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance du titre de séjour mentionné à l'article R. 421-26 ". Aux termes de l'article R. 422-5 du même code : " La décision du préfet sur la demande de délivrance de la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " prévue aux articles L. 422-1 ou L. 422-2, ou de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant-programme de mobilité " prévue aux articles L. 422-5 ou L. 422-6 est notifiée par écrit à l'étranger dans les meilleurs délais et au plus tard dans les quatre-vingt-dix jours à compter de la date d'introduction de la demande complète. Par dérogation à l'article R. 432-2, le silence gardé par l'autorité administrative sur la demande fait naître une décision implicite de rejet au terme d'un délai de quatre-vingt-dix jours ".
4. M. B A soutient qu'à chaque renouvellement de son récépissé, il a de grandes difficultés à obtenir le renouvellement de ce document, que son dernier récépissé de demande de titre de séjour était valable jusqu'au 25 mars 2024, qu'il a tenté d'obtenir un rendez-vous en préfecture pour renouveler ce récépissé sans succès, que la préfecture de l'Isère se doit donc de prendre en charge sa demande de titre de séjour et, à ce titre, de lui donner un rendez-vous en préfecture et de lui délivrer un nouveau récépissé.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B A a déposé le 12 juillet 2021 auprès des services de la préfecture de l'Isère une demande de titre de séjour au titre de la vie privée et familiale et que son dossier était complet, plusieurs récépissés de sa demande lui ayant été délivrés, dont l'un le 29 juin 2023 valable jusqu'au 28 septembre 2023 et le dernier délivré du 26 décembre 2023 au 25 mars 2024. Sans réponse de la préfecture de l'Isère dans le délai de quatre mois mentionné à l'article R. 422-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. B A doit donc être considéré comme s'étant vu opposer une décision implicite de rejet à sa demande, au plus tard, à la date du 29 octobre 2024. Le défaut de décision expresse à cette dernière date doit donc être considéré comme révélant l'existence d'une décision implicite de rejet opposée à la demande de délivrance d'un titre de séjour présentée par l'intéressé. Dans ces conditions, la requête présentée par M. B A et tendant à la suspension de la décision implicite de refus de la préfecture de l'Isère de lui accorder un rendez-vous et d'enregistrer sa demande de renouvellement de récépissé et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour est dépourvue d'objet, le requérant ayant fait l'objet d'une décision implicite de rejet de sa demande d'admission au séjour. Il s'ensuit que, depuis cette date, M. B A ne bénéficie plus du droit de se voir remettre un nouveau récépissé de la demande en cause.
6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner s'il existe, un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête de M. B A doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : M. B A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera transmise au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 22 avril 2024.
Le juge des référés,
Claude C
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026