Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2402999

lundi 9 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2402999
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Grenoble rejette la requête de M. et Mme C, qui demandaient au maire de Chanas d'engager une procédure de bien sans maître et d'entretenir des parcelles. Le juge constate que la requête ne contient pas de conclusions principales à fin d'annulation ou d'indemnisation, mais uniquement des conclusions à fin d'injonction. En application des articles R. 222-1, R. 411-1 et R. 421-1 du code de justice administrative, une telle demande est manifestement irrecevable, le juge administratif ne pouvant se substituer à l'administration. La requête est donc rejetée sans invitation à régulariser.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 avril 2024, M. D C et Mme A B épouse C, représentés par Me Bellin, demandent au tribunal :

1°) d'ordonner au maire de la commune de Chanas d'engager une procédure de bien sans maitre des parcelles A 1014 et A 1090, afin d'incorporer lesdites parcelles dans le domaine communal.

2°) d'ordonner au maire de la commune de Chanas de procéder à l'entretien desdites parcelles A 1014 et A 1090.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () " ; qu'aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours " ; qu'enfin, aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ".

2. En dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l'espèce, il n'appartient pas à la juridiction administrative d'accueillir des conclusions tendant à d'autres fins que l'annulation d'une décision administrative en raison de son illégalité ou la condamnation d'une personne publique à verser une somme d'argent. Ainsi, le juge administratif ne peut faire œuvre d'administrateur et se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré, ni adresser des injonctions à une autorité administrative hormis dans le cas où cela est impliqué par l'annulation d'un acte administratif prononcée à titre principal.

3. La requête de M. et Mme C, ne comporte à titre principal l'exposé d'aucune conclusion à fin d'annulation ou d'indemnisation, mais à titre principal, des conclusions à fin d'injonction. La requête de M. et Mme C est ainsi manifestement irrecevable et peut être rejetée par ordonnance en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C et Mme A B épouse C.

Fait à Grenoble, le 9 septembre 2024.

Le président,

P. Thierry

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2402999