Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2403199
lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2403199 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mai 2024, M. C B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer, à titre principal, un titre de séjour portant la mention " étudiant ", à titre subsidiaire, une attestation de prolongation d'instruction et de statuer sur sa demande dans les plus brefs délais.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. M. B a déposé le 10 novembre 2023 une demande de renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant qui expirait le 26 novembre. Il expose que malgré plusieurs relances sur le site de l'ANEF, aucune attestation de prolongation d'instruction ne lui a été délivrée et le 8 avril 2024, un complément d'information lui a été demandé. Il faut valoir qu'ainsi, depuis le 26 novembre 2023, il n'est plus en mesure de justifier de son droit au séjour et d'exercer sa liberté d'aller et venir et son droit de travailler. Toutefois, le requérant ne fait état d'aucune circonstance de nature à justifier d'une urgence telle qu'il soit nécessaire pour le juge des référés d'intervenir dans un délai de quarante-huit heures, alors que, comme il l'indique lui-même, la situation dont il se prévaut perdure depuis le 26 novembre 2023. En particulier, le requérant n'indique pas être sous le coup d'une décision d'éloignement susceptible d'être mise à exécution à brève échéance. S'il indique que son contrat d'apprentissage a été rompu et que sa scolarité a été interrompue, les courriels qu'il produit lui notifiant ces décisions datent de janvier 2024. Par suite, à défaut d'établir l'existence d'une situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés à très bref délai, sa requête doit être rejetée, sans que ce rejet ne fasse obstacle, si l'intéressé s'y croit fondé, à une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
3. Compte tenu de l'absence manifeste d'urgence, il n'y a pas lieu d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.
Fait à Grenoble, le 13 mai 2024.
Le juge des référés,
V. A
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.