vendredi 24 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2403490 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mai 2024, Mme C, représentée par Me Schürmann, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de renouveler son titre de séjour et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, le tout dans un délai de 5 jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme C soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors qu'elle suit depuis deux ans une formation pour devenir aide-soignante financée par pôle emploi et perçoit pendant ce temps des allocations chômage lui permettant de subvenir aux besoins de ses trois enfants ; que si elle ne peut justifier de sa situation régulière et son droit au travail au plus tard le 31 mai 2024, elle ne pourra achever sa formation et valider son diplôme ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale d'aller et venir et de travailler ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation, d'un défaut d'examen sérieux de sa situation et d'une erreur de droit en ce qu'elle continue à remplir les conditions requises pour se voir renouveler son titre de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2024, le préfet de l'Isère conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que le titre de séjour de Mme C est en cours de fabrication.
Par un mémoire enregistré le 23 mai 2024, Mme C fait valoir qu'elle n'a pas reçu le sms lui permettant de prendre un rendez-vous afin de pouvoir venir en préfecture retirer le titre de séjour et qu'en outre, la consultation de l'application informatique montre qu'aucun créneau n'est disponible avant la mi-juin.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 24 mai 2024 à 10 heures et 10 minutes, tenue en présence de Mme Zanon, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu les observations de Me Schürmann, représentant Mme C, qui demande, en outre, qu'il soit enjoint au préfet de délivrer à sa cliente une attestation de prolongation d'instruction, un récépissé ou tout autre document l'autorisant à séjourner et travailler dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante congolaise née en 1992, est entrée en France le 12 décembre 2011. Le 28 janvier 2016, elle s'est vu délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale ", plusieurs fois renouvelé depuis et qui expirait, pour le dernier le 9 novembre 2023. Elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour et s'est vu délivrer un récépissé valable du 2 novembre 2023 au 9 mai 2024. Par une ordonnance du 23 mai 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à la suspension des décisions du préfet de l'Isère refusant de lui accorder un rendez-vous et de lui renouveler son récépissé. Par la présente requête, Mme C demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite du préfet de l'Isère refusant de lui renouveler son titre de séjour assorti d'une autorisation de travail.
2. L'urgence justifie d'admettre provisoirement Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur l'exception de non-lieu opposée par le préfet de l'Isère :
3. Le préfet de l'Isère fait valoir que le titre de séjour de Mme C est en cours de fabrication et, pour en justifier, il produit une copie d'écran des données relatives à l'intéressée au fichier national des étrangers.
4. Cependant, la requérante soutient, sans être contestée, que la fabrication d'un titre prend deux mois, qu'elle n'a pas reçu le sms l'informant de la disponibilité de son titre en préfecture. Elle ajoute qu'elle a besoin de ce message pour obtenir, par un logiciel, un rendez-vous en préfecture afin de venir retirer ce titre. Enfin, elle indique qu'il est particulièrement difficile d'obtenir un rendez-vous. Faute pour la requérante de disposer ou de pouvoir disposer de ce titre, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative n'ont pas perdu leur objet.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
5. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
6. Il résulte de l'instruction que sans titre de séjour valide au 31 mai 2024, Mme C ne sera pas en mesure de poursuivre sa formation et de se présenter au diplôme d'Etat d'aide-soignante. L'absence de titre de séjour la prive également de toute ressource financière pour subvenir aux besoins de ses trois enfants. Dans ces conditions particulières, la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est remplie.
7. Les dysfonctionnements dans le traitement de la demande de renouvellement du titre, dans l'édition de celui-ci et dans la prise de rendez-vous pour retirer ce document, portent une atteinte grave et manifestement illégale au droit au travail et au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme C. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui remettre, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de la présente ordonnance, soit un arrêté justifiant du renouvellement de son titre de séjour, soit un récépissé de demande de titre de séjour assortie d'une autorisation de travail sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
8. Il y a lieu, sous réserve de l'admission définitive de la requérante à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 600 euros à Me Schürmann, avocate de Mme C, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à la requérante par le bureau d'aide juridictionnelle, la même somme sera directement versée à Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme C est provisoirement admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Isère de remettre à Mme C, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de la présente ordonnance, soit un arrêté justifiant du renouvellement de son titre de séjour, soit un récépissé de demande de titre de séjour assorti d'une autorisation de travail, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 600 euros à Me Schürmann, conseil de Mme C, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C, à Me Schürmann et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera délivrée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 24 mai 2024.
La juge des référés,
A. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026