mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2403547 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique 5 |
| Avocat requérant | ALBERTIN |
Vu les procédures suivantes :
I°) Par une requête enregistrée le 24 mai 2024 sous le n° 2403547, Mme D F, représentée par Me Albertin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2024 par lequel le préfet de la Drôme lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de quatre mois en fixant le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Drôme de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ou à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1.500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme F soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un vice de procédure si le préfet ne justifie pas avoir recueilli l'avis de la commission du titre de séjour prévu à l'article L. 432-13 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'un vice de procédure si le préfet ne justifie pas avoir recueilli l'avis de l'Office Française de l'Immigration et de l'Intégration prévu à l'article R. 425-11 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'un vice de procédure si le préfet ne permet un contrôle effectif de l'identification et de la régularité de la composition du collège de médecins prévu aux articles R. 425-11, R.425-13 et R. 4127-76, du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entaché d'un vice de procédure si le préfet n'établit pas un rapport médical par le médecin de l'Office Française de l'Immigration et de l'Intégration effectué conformément aux exigences de l'article 3 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, comme le prévoit les articles R.425-11 et R.425-12 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense enregistré le 13 juin 2024, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de Mme F ne sont pas fondés.
II°) Par une requête enregistrée le 24 mai 2024 sous le 2403548, M. A E, représenté par Me Albertin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2024 par lequel le préfet de la Drôme lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de quatre mois en fixant le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Drôme de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ou à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1.500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. E soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense enregistré le 13 juin 2024, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de M. E ne sont pas fondés.
III°) Par une requête enregistrée le 24 mai 2024 sous le 2403549, M. C E, représenté par Me Albertin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2024 par lequel le préfet de la Drôme lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de quatre mois en fixant le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Drôme de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ou à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1.500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. E soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense enregistré le 13 juin 2024, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. WYSS,
- et les observations de Me Albertin, représentant les requérants.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. La famille E, de nationalité arménienne, est entrée en France le 10 mai 2019 pour y demander l'asile. Leurs demandes ont été rejetées par des décisions de l'Office française de protection des réfugiés et apatrides du 11 mai 2020, décisions confirmées par la Cour nationale du droit d'asile le 4 novembre 2020. Parallèlement, Mme E née F a sollicité le 6 janvier 2020 la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade. Par arrêté du 24 novembre 2020, le préfet de la Drôme a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Toujours présente en France, Mme E a à nouveau sollicité la délivrance d'un titre de séjour " étranger malade " et a été admise au séjour pour une durée totale de quinze mois. Le 12 octobre 2023, elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour et son époux et son fils, devenus majeurs, ont formé des demandes d'admission exceptionnelle au séjour. Par des arrêtés du 12 avril 2024 par lequel le préfet de la Drôme leur a refusé la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de quatre mois et a fixé le pays de destination
2. Les requêtes susvisées sont relatives à la situation d'une famille d'étrangers et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, les requérants au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux arrêtés attaqués :
4. En premier lieu, par un arrêté du 14 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet de la Drôme a donné délégation à M. Moreau, secrétaire général de la préfecture, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions contestées doit être écarté.
5. En second lieu, les arrêtés attaqués comprennent les considérations de droit et les éléments de fait qui les fondent, en particulier les éléments constitutifs de la situation personnelle des intéressés. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les arrêtés contestés seraient insuffisamment motivés ou que le préfet de la Drôme n'aurait pas procédé à un examen sérieux de leur situation personnelle.
En ce qui concerne les refus de titre de séjour :
S'agissant de la demande de titre " étranger malade " :
6. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu () d'un rapport médical établi par un médecin de l'office () ". Aux termes de l'article R. 425-13 de ce code : " Le collège à compétence nationale () est composé de trois médecins (). Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège ". L'arrêté du 27 décembre 2016 précise les conditions de déroulement de la procédure à l'issue de laquelle est émis l'avis du collège de médecins de l'OFII.
7. D'une part, il ressort des pièces produites en défense par le préfet de la Drôme qu'un avis du collège de médecins de l'OFII a été émis le 20 février 2024 concernant l'état de santé de Mme E. Le collège était composé de trois médecins de l'OFII dûment désignés par le directeur général de l'Office. L'avis a été rendu au vu d'un rapport établi le 25 janvier 2024 par un médecin non membre de ce collège. Mme E n'apporte aucun début de justification de nature à remettre en cause les mentions portées sur l'avis. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
8. D'autre part, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dont il peut effectivement bénéficier dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires et des éventuelles mesures d'instruction qu'il peut toujours ordonner.
9. Pour refuser le renouvellement du titre de séjour de Mme E, le préfet de la Drôme a fait sien l'avis du collège de médecins émis le 20 février 2024 indiquant que l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'elle pourra bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.
10. Mme E indique qu'elle souffre de plusieurs pathologies graves rendant nécessaire un suivi régulier par un psychiatre, un médecin généraliste et un endocrinologue et qu'elle est fréquemment hospitalisée. Toutefois, les éléments qu'elle verse au dossier ne suffisent pas pour infirmer l'avis du collège des médecins de l'OFII Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
11. En outre, il ne ressort ni de la motivation des arrêtés attaqués ni d'aucune autre pièce du dossier que l'auteur de la décision se serait cru en situation de compétence liée, suite à l'avis de l'OFII, pour refuser à Mme E un droit au séjour.
12. Par ailleurs, Mme E ne remplissant pas les conditions pour bénéficier de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Drôme était tenu de saisir la commission du titre de séjour avant de prendre la décision de refus de séjour en litige.
S'agissant de la situation de la famille :
13. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger () qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an (). / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale " () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
14. Pour soutenir que les dispositions législatives et les stipulations citées au point précédent ont été méconnues, les requérants font valoir l'ancienneté de leur présence et leur bonne intégration en France, où ils sont entrés en 2017, que M. A E dispose d'une promesse d'embauche et que C est en seconde année de CAP " employé polyvalent du commerce ". Toutefois, ils ne justifient pas d'une intégration particulière, ils n'ont aucune famille en France alors qu'ils ne sont pas dépourvus d'attaches en Arménie où ils ont passé l'essentiel de leur vie. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier que les refus de titre de séjour en litige, eu égard à leur objet et à leurs effets, porterait une atteinte excessive au droit des requérants au respect de leur vie privée et familiale en méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons, les circonstances dont font état les requérants ne suffisent pas davantage pour considérer que les décisions du préfet de la Drôme résulteraient d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou, plus généralement, dans l'exercice du pouvoir dont dispose l'autorité préfectorale de régulariser la situation d'un étranger au regard notamment des conséquence d'un refus de titre de séjour sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
15. En premier lieu, l'exception d'illégalité des refus de titre de séjour directement invoquée contre les obligations de quitter le territoire français doit être écartée par les motifs exposés aux points précédents.
16. Ainsi qu'il a été dit au point 10, les pièces produites par les requérants ne remettent pas en cause l'avis médical du collège des médecins de l'OFII et notamment la disponibilité des soins en Arménie.
17. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 14, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les arrêtés attaqués méconnaîtraient les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou seraient entachés d'une erreur manifeste d'appréciation.
18. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de MM. E et Mme E doivent être rejetées dans toutes leurs conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requérants sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les requêtes susvisées sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E née F, à M. A E, à M. C G,à Me Albertin et au préfet de la Drôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juin 2024.
Le président,
JP WYSSLe greffier,
Ph MULLER
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 - 2403548 - 2403549
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026