Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2403581

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2403581
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a été saisi par M. A d’un recours en excès de pouvoir contre le rejet implicite de son recours préalable obligatoire, contestant le refus de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) de lui verser une subvention de 9 000 euros au titre de la prime de transition énergétique. En cours d’instance, l’Anah a agréé le recours de M. A et retiré la décision implicite attaquée, ce qui a conduit le tribunal à constater un non-lieu à statuer sur les conclusions principales. Le tribunal a toutefois condamné l’Anah, partie perdante, à verser 1 500 euros à M. A au titre des frais de justice, sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 mai 2024 et un mémoire du 12 novembre 2024, M. C A, représenté par Me Enard-Bazire, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 6 février 2024 par laquelle la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a rejeté son recours préalable obligatoire à l'encontre de la décision lui ayant refusé l'attribution d'une subvention au titre de la prime de transition énergétique ;

2°) d'enjoindre à l'Agence nationale de l'habitat de lui verser la somme de 9 000 euros ;

3°) de condamner l'Agence nationale de l'habitat à verser la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 novembre 2024, l'Agence nationale de l'habitat conclut au non-lieu à statuer.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Sauveplane,

- et les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a demandé à bénéficier de la prime de transition énergétique pour des travaux à réaliser sur le logement situé à Roussillon et dont il est propriétaire. Par une décision du 8 aout 2022, l'Agence nationale de l'habitat lui a attribué, sous condition, une subvention de 9 000 euros pour les travaux déclarés. L'Agence nationale de l'habitat a diligenté un contrôle des travaux par le Bureau Veritas. M. A a déposé le 23 janvier 2023 une demande de paiement de la prime après achèvement des travaux le 29 septembre 2022. Par une lettre du 8 juin 2023, la directrice générale de l'agence nationale de l'habitat a informé M. A de son intention de retirer la prime. Par une décision du 6 février 2024, le directeur général de l'Agence a retiré cette décision et refusé de lui attribuer la subvention initialement accordée. Le 8 février 2024, M. A a déposé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision, dont l'agence a accusé réception le 13 février 2024. Une décision implicite de rejet est née le 13 avril 2024 du silence gardé par l'agence sur ce recours, et dont il demande l'annulation.

Sur le non-lieu à statuer :

2. M. A a produit en cours d'instance la décision du 25 octobre 2024 par laquelle la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a agréé le recours administratif préalable obligatoire et indiqué qu'un dossier de régularisation allait être créé. Cette décision a eu pour effet de retirer la décision implicite attaquée. Par suite, il n'y a plus de statuer sur les conclusions d'annulation et d'injonction de la requête.

3. Si M. A soutient que le dossier de régularisation ne fait apparaitre qu'une subvention de 5000 euros et non de 9000 euros comme espéré, il s'agit toutefois d'un litige distinct pour lequel il lui appartient au préalable de former un recours administratif préalable obligatoire auprès de l'Agence nationale de l'habitat.

Sur les frais de justice :

4. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Agence nationale de l'habitat, partie perdante, la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de M. A.

Article 2 :L'Agence nationale de l'habitat versera à M. A la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à l'Agence nationale de l'habitat.

Délibéré après l'audience du 26 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Sauveplane, président,

- Mme D, première-conseillère,

- Mme B, première-conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.

Le président-rapporteur,

M. Sauveplane

L'assesseure la plus ancienne,

C. D

La greffière,

C. Jasserand

La République mande et ordonne au ministre du logement et de la rénovation urbaine et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie ce qui les concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.