Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2403696
lundi 17 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2403696 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 mai 2024, M. B A, représenté par Me Borges de Deus Correia, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution des décisions implicites du préfet de l'Isère refusant, d'une part, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour et, d'autre part, un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, sous astreinte journalière de 50 euros, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour ; d'enjoindre au préfet, sous la même astreinte, de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", et encore à défaut de réexaminer sa situation administrative et de lui notifier une nouvelle décision ;
3°) de condamner le préfet de l'Isère au versement d'une somme de 1 500 euros à son conseil au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Par un mémoire enregistré le 6 juin 2024, le préfet de l'Isère conclut au non-lieu à statuer.
Par un mémoire enregistré le 12 juin 2024, M. A maintient ses conclusions en ce qui concerne le refus implicite de titre de séjour.
Vu :
- la requête en annulation enregistrée sous le n° 2403695 ;
- les autres pièces du dossier ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties, régulièrement convoquées à l'audience publique du 17 juin 2024 à 10 heures, ne s'y sont pas présentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'aide juridictionnelle :
1. En raison de l'urgence liée à la procédure de référé suspension, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les demandes de suspension d'exécution :
2. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
S'agissant du refus implicite de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction :
3. En cours d'instance, le préfet de l'Isère a délivré à M. A une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction liées au refus implicite de délivrance de cette attestation.
S'agissant du refus implicite de délivrance d'un titre de séjour :
4. L'attestation de prolongation d'instruction de la demande de titre de séjour de M. A est valide jusqu'au 4 septembre 2024. Ce document autorise l'exercice d'une activité professionnelle. En conséquence, la demande de suspension d'un refus implicite de titre de séjour doit être rejetée pour défaut d'urgence. Les conclusions à fin d'injonction de délivrance d'un titre de séjour ou de réexamen de la situation administrative de M. A doivent être rejetées par voie de conséquence.
Sur les frais d'instance :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E
Article 1er :M. A est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction relatives au refus implicite de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction de demande de titre de séjour.
Article 3 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 :La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 17 juin 2024.
Le juge des référés,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2403696